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Jacques Arnould (Choeur Montjoie Saint-Denis) : « Le patrimoine que nous chantons est vivant »

Le Choeur Montjoie Saint-Denis est une choeur d’hommes chrétiens et français au répertoire varié, puisant ses sources dans la mémoire nationale. Les nombreux disques du Choeur - que vous pouvez vous procurer ici - sont devenus des classiques.
Son président, Jacques Arnould, a bien voulu répondre aux questions du R&N.

R&N : Quelle est l’histoire du Chœur Montjoie Saint-Denis ?

Jacques Arnould : En 1979, Paul Robert, de la SERP, recherchait des volontaires pour faire un disque de chants d’Europe. Ce titre correspondait à un carnet de chants très célèbre à l’époque.
A l’âge de 27 ans, j’ai été ainsi contacté par une connaissance, sachant que j’avais toujours chanté, depuis tout petit, puis au scouts et lorsque j’étais chef de peloton de cavalerie. J’ai donc ramené des scouts. J’avais pris mon départ routier, j’avais fait l’armée, fondé ma famille, je me suis donc demandé comment continuer à militer d’une manière différente.
Avec une vingtaine d’autres, on a fait ce disque et, lorsque s’est posée la question du nom, j’ai alors pensé à « Choeur Montjoie Saint-Denis ». Nous ne sommes pas une chorale mais un chœur, qui interprète ses chants avec ses tripes, sans prétention musicale.
Après ce disque, nous avons continué, tant et si bien qu’en trente-cinq ans, nous avons produit vingt-six disques. Tout cela bénévolement, de A à Z. La cadence était certes plus lente aux débuts, alors qu’ajourd’hui nous avons acquis un certain savoir-faire. Au chant proprement dit, s’ajoute la composition des livrets, la recherche et le choix des chants, des illustrations ainsi que des notices explicatives. Nous composons également des chants nous-mêmes. Ainsi, nous avons créé une société commerciale (dont le Chœur est le seul propriétaire).
L’activité du Chœur se poursuit, tant et si bien qu’en 2015, un nouveau disque sera édité, avec vingt chants inédits. Un autre disque de vieux chants populaires français est prévu pour Noël.

R&N : Quelle est la vocation première du Chœur Montjoie Saint-Denis ?

Jacques Arnould : La vocation première du Chœur réside dans la transmission. C’est ainsi que nous avons constitué un clan d’hommes chrétiens et militants. Ce clan est fondé sur le don et le service, ce service étant de transmettre, par le chant choral, les valeurs qui firent la France et la chrétienté, en allant chanter dans des rassemblements, mais aussi des pèlerinages. Nous étions, il y a peu, aux Lucs-sur-Boulogne, au pèlerinage en hommage aux martyrs vendéens. et pour la cause de béatification des cent-neuf enfants de moins sept ans massacrés aux Lucs. Nous participerons encore, cette année, à la trente-troisième édition du pèlerinage de Chartres, au sein de notre chapitre des Martyrs de Septembre 1792.

R&N : Quelle est cette France qu’évoquent vos chants ?

Jacques Arnould : C’est tout à la fois le patrimoine populaire, matériel, spirituel de la France historique, cette France chrétienne qui n’est pas morte. Toute personne, d’ici comme d’ailleurs, et disant aimer la France, devrait se passionner pour ce patrimoine. Tous nos disques, différents par les thèmes abordés, constituent un ensemble calqué sur la réalité de notre vie nationale. Cela donne tout à la fois des chants de paysans, de marins, de militaires ou encore de voyous…

R&N : Après plus de trente ans d’activité, quel bilan tirez-vous de votre discographie ?

Jacques Arnould : La première chose, c’est que nous sommes les seuls, à avoir exploré une telle variété de répertoire ; hormis Chœur de la Joyeuse Garde, avec lesquels nous avons des liens de fraternité. Nous sommes unis par le même esprit.
Ce répertoire représente environ 700 chants. Si on y ajoute les cantiques, il s’élève à 800 ou 900 chants. Néanmoins, près plus de trente ans après, nous remarquons qu’il existe toujours du travail : le patrimoine est quasiment inépuisable. Parmi les différents thèmes évoqués par nos albums, nous ne faisons que "survoler" ce patrimoine, sauf en matière de chants de Chrétienté.
Ce caractère inépuisable vient du fait qu’avant 14, les Français composaient beaucoup. On composait, on chantait en famille, pour les petites et les grandes occasions.

Nous composons, nous aussi, nos propres chansons. Vous en aurez des exemple dans notre prochain disque, « Chants de France XII » : des chants militants, un autre pour les Chrétiens d’Orient ou encore pour la jeunesse martyre, un appel à la confession ainsi qu’un chant à Ste Geneviève.
Le patrimoine que nous chantons est vivant. Les jeunes qui ont pu écouter le Choeur Montjoie développent une véritable sympathie pour l’âme française. Ils peuvent facilement s’identifier à l’Histoire de notre pays.

R&N : Faut-il voir une démarche politique derrière le Choeur ?

Jacques Arnould : Oui, mais nous sommes indépendants de toute organisation politique.
Aux débuts du Choeur, dans un contexte de guerre froide et de résistance anti-communiste, le combat contre la dictature soviétique nous unissait fortement. Chanter est également un combat identitaire ; cela implique une forte dimension chrétienne, car cette identité, c’est d’abord notre baptême. S’il fallait nous cataloguer, nous serions probablement la « droite catholique et militaire ».
A vrai dire, nous sommes d’abord chrétiens. Le premier éducateur n’est-il pas le Christ ?

R&N : Vous évoquiez tout à l’heure la vigueur passée du chant populaire et de la composition en France. Pourquoi le chant est-il mort ?

Jacques Arnould : C’est l’esprit de consommation qu’il faut mettre en cause Les Français écoutent mais chantent bien mois que jadis ; hormis les scouts, les militaires mais aussi les petits enfants. Les gens n’osent plus chanter. Il existe pourtant encore un grand nombre de chorales : le chant n’est pas mort, loin de là.

R&N : Chanter est-il utile ?

Jacques Arnould : Le chant est un facteur évident d’unité ; mieux : de communion. C’est une école de don, de discipline, d’humilité, de rythme.
Le chant est une excellente chose en matière spirituelle. On peut chanter pour Dieu, pour les hommes. Chanter est une joie, une joie naturelle pour l’homme.

R&N : Depuis 2014, la France commémore la Grande Guerre. "Ceux de 14" ont-ils beaucoup apporté au patrimoine des chants populaires ?

Jacques Arnould : Peu de chants furent écrits durant le conflit à proprement parler. La composition eut lieu avant ou après la Guerre de 14.

Quant aux Poilus, l’engagement du Chœur Montjoie vient de là, en quelque sorte : il s’agit de rappeler les sacrifices des anciens et des humbles. La Grande Guerre m’inspire un respect religieux envers tous les sacrifices consentis pour l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la souveraineté.

R&N : Vous connaissez bien le Liban. Très brièvement, quelle lumière apporte l’expérience libanaise sur l’actualité des Chrétiens d’Orient ?

Jacques Arnould : Aujourd’hui, les Libanais sont parmi les derniers à ne pas vivre comme des dhimmis, parce qu’ils se sont battus. Voilà ce que reflète notre chant « Occident en avant ».
Dans notre prochain disque, Chants de France XII, nous chantons, en hommage aux Chrétiens persécutés : « Que cessent les dhimmitudes, le djihad la chariah », sur l’air du fameux Kyrie des gueux.

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