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Gérard Dezempte (DVD) : « SOS Racisme s’est permis de qualifier les attentats de faits divers »

Gérard Dezempte est le maire (divers droite) de Charvieu-Chavagneux, en Isère. Cette commune d’environ huit mille habitants est située à une quinzaine de kilomètres de Saint Quentin-Fallavier, où un gérant d’entreprise fut assassiné et décapité par un islamiste qui tentait de faire exploser une usine, au mois de juin 2015.
En septembre 2015, le conseil municipal de Charvieu-Chavagneux a adopté à l’unanimité une délibération indiquant que la commune souhaitait n’accueillir que des réfugiés chrétiens. Fin novembre, le maire a demandé la dissolution de l’association SOS Racisme.
Gérard Dezempte a bien voulu répondre aux questions du R&N.

Le Rouge & le Noir : Au mois de septembre, par délibération du Conseil municipal, votre commune déclarait son intention de n’accueillir que des réfugiés chrétiens, alors que l’Europe faisait – et fait toujours – face à une crise migratoire de grande ampleur. Pourquoi avoir pris cette délibération ?

Gérard Dezempte : Deux éléments étaient en cause : en premier lieu l’aspect humanitaire de ceux qui, parmi les migrants, sont des réfugiés. Notre conseil municipal n’y était pas indifférent, et nous avons donc manifesté la volonté humanitaire de participer à l’accueil de gens dont la vie était vraiment menacée.
Le deuxième élément, c’est que le conseil municipal a pensé que, manifestement, il y avait un risque de présence, parmi ces migrants, de djihadistes ayant des intentions bien différentes de la migration économique.
Aujourd’hui j’ai un grand regret : que nous ayons eu raison. Nous avons attiré l’attention des pouvoirs publics avec cette délibération, puisque même après les attentats de Charlie Hebdo, rien n’a été fait. Au contraire, les pouvoirs publics tentent de museler les citoyens qui ne sont pas des bien-pensants. C’est ainsi que l’on se réveille, aujourd’hui, avec des djihadistes infiltrés parmi les migrants, qui sont certainement plus nombreux que les deux terroristes morts lors des attentats du 13 novembre. J’en suis malheureusement persuadé.

Le Rouge & le Noir : Mais cette délibération était-elle sérieuse, ou n’était-ce là qu’un coup de communication ?

Gérard Dezempte : Sur le fond, nous manifestions notre volonté de participer à l’effort humanitaire, car chacun doit apporter sa pierre à l’édifice. Mais, avec le conseil municipal, nous prenions une précaution : faire en sorte qu’aucun djihadiste ne puisse s’immiscer sur le territoire de la commune. Mais les pouvoirs publics en ont tiré de mauvaises conclusions, en choisissant la politique de l’autruche.

Le Rouge & le Noir : Le texte même de la délibération adoptée en conseil municipal utilise une justification historique, notamment le rôle pluriséculaire de la France, protectrice des Chrétiens d’Orient. Un rôle soutenu par le roi Saint Louis, poursuivi par François Ier dans ses « capitulaires », et continué sous Napoléon III notamment. Dans une France laïque et laïque, oublieuse de ses racines, ce genre d’argument est-il vraiment entendable ?

Gérard Dezempte : Ces arguments ne sont pas entendables par les gens qui ne veulent pas entendre. Il s’agit d’abord des socialistes, qui portent des œillères ; Faut-il rappeler que Laurent Fabius déclarait que le Front Al Nosra faisait du bon boulot, alors que ces sens sont des salafistes, prêts à prendre les armes contre notre pays ? Certains hommes politiques sont obtus.
De fait, la France métropolitaine bénéficie de 70 ans de paix. À ce titre, nos hommes politiques sont des enfants de la paix, oubliant que le risque de guerre existe toujours ; J’ai trouvé très surprenant, voire inconvenant, que le lendemain des attentats du 13 novembre, le président et le premier ministre déclarent d’un air étonné : «  la France est en guerre  ». Cela sonnait comme un réveil, mais ne se rappelaient-ils déjà plus des précédents attentats ? Avaient-ils oubliés que la France avait envoyé des avions de guerre contre l’État islamique ? Lorsque l’on a envoyé des bombardiers contre un ennemi, comment s’étonner après que nous soyons bel et bien en guerre ? Ne pas croire que l’on subira des retombées en métropole, constitue un manque incroyable de sens des responsabilités, lorsque l’on est à la tête d’un État comme la France. Tout cela est d’une imprévision extraordinaire.
La réalité, aujourd’hui, est qu’il y a des gens, sur notre territoire, qui ont notre nationalité alors qu’ils n’aiment pas notre pays, et qui sont prêts à prendre les armes contre la France. La question est la suivante : comment les traiter, comment agir pour que cela cesse, pour que la nation puisse vibrer d’une seule et même corde ? J’espère sincèrement que ces Français là sont le moins nombreux possibles, mais je dois constater qu’il y a aussi, en métropole, des citoyens français qui ne désapprouvent pas les actions terroristes dirigées contre la France. Je suis témoin que suite aux attentats de janvier 2015, des comptes-rendus faisaient état de refus d’observer la minute de silence. Cela prouve bien que dans certaines familles de nationalité française, le ressenti n’est pas favorable à la France.

Le Rouge & le Noir : Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de procéder à un amalgame entre musulmans et islamistes ?

Gérard Dezempte : De quoi les islamistes intégristes se réclament-ils ? De l’islam. Il en va de même pour les gens qui, en France, se disent nos amis mais détestent notre pays.
Ils se réclament du Coran et, a priori, il n’existe qu’un seul Coran. Ayant lu le Coran dans son édition établie par Flammarion – version reconnue tant en Orient qu’en Occident -, il y a sans nul doute des phrases très claires. Parmi les gens qui habitent en France et se réclament du Coran, il y a surement des gens qui ne feraient pas de mal à une mouche ; mais il y en a d’autres, se réclamant du même Coran, dont les intentions sont sans doute dangereuses.

Gérard Dezempte accuse SOS Racisme :
" Des islamistes déciment la rédaction d’un journal, et une association subventionnée parle de « fait divers ». C’est absolument inadmissible "

Le Rouge & le Noir : SOS Racisme estime que votre délibération établit une discrimination. Dans le cadre de cette affaire, cette association estime que vous tirez profits de la situation française. SOS Racisme utilise ainsi une expression bien curieuse, pour évoquer les attentats ensanglantant la France depuis plusieurs mois : « fait divers ». En fin de semaine dernière, vous réclamiez donc la dissolution de cette association.

Gérard Dezempte : SOS Racisme, comme d’habitude, fait de l’agitation. D’abord, qu’est-ce que cette association ? SOS racisme est avant tout une machine à absorber des subventions publiques, c’est-à-dire les impôts versés par nos concitoyens. Des centaines de millions d’euros ont été versés par l’État. Sur un mandat, la région Ile de France a versé 400 000 euros à SOS Racisme. En Isère, l’ancien président Vallini, avec sa majorité socialo-écolo-communiste, avait fait verser 16 000 euros à cette même association pour 2015.
SOS Racisme profite de la situation actuelle. S’agissant de la délibération de notre conseil municipal, SOS Racisme a fait un communiqué, que je qualifierai de « bidon », demandant au tribunal administratif l’annulation de la délibération prise. Sur le fond, une telle requête ne me gêne pas, car notre délibération n’était pas décisoire : il fallait, de toutes façons, passer par les services de l’État, lesquels devaient répartir les familles de réfugiés dans les communes françaises. En tant que commune, nous nous étions portés volontaires pour accueillir des réfugiés chrétiens. Peut-être notre tort était-il de dire que c’était une délibération, alors qu’il s’agissait tout simplement d’un vœu ? Mais le conseil municipal, comme tous les citoyens, a le droit de formuler un vœu, et de dire que la politique de Valls et Fabius sous semble fantasque. Après avoir menacé de bombarder Bachar Al Assad, voilà la France qui frappe les ennemis du président syrien, tout en soutenant les rebelles…

Le Rouge & le Noir : Plus précisément, vous reprochez à SOS Racisme d’avoir qualifié avec beaucoup de légèreté les attentats islamistes.

Gérard Dezempte : Dans son recours, SOS Racisme s’est permis, à propos des attentats de janvier et des suivants – notamment la décapitation d’un chef d’entreprise isérois, à une quinzaine de kilomètres de notre commune – de parler de « faits divers ». C’est absolument inadmissible. Je suis très étonné qu’il n’y ait pas davantage de réaction de la part du véritable peuple de France. Des islamistes déciment la rédaction d’un journal, et une association subventionnée parle de « fait divers ». C’est de la même veine, voire pire, que les déclarations de Monsieur Le Pen s’agissant des camps de la mort.
L’objet de notre délibération était pourtant simple : éviter la possibilité de recevoir des islamistes faisant la guerre sur notre territoire. La gauche s’est opposé à nous, le préfet a qualifié notre réaction de « minable ». Je n’ai rien entendu du côté des Républicains ; Quant au Front national, de son côté, il se bornait à refuser tout accueil de réfugiés : voilà une belle manière de contourner le problème…
Pour ma part, je persiste à affirmer que je ne connais pas de chrétiens qui, en se radicalisant, deviennent des terroristes.

Le Rouge & le Noir : Aurez-vous d’autres occasions de monter au front sur des questions de politique nationale ?

Gérard Dezempte : Je ne vois pas pourquoi, en tant que citoyen français, je m’abstiendrais de donner mon avis sur toutes les questions concernant mon pays. Nous sommes dans la situation qu’évoquait Roger-Gérard Schwartzenberg dans son livre : “L’État-spectacle”. Nous assistons à des exploitations de ces malheureux attentats. La propagande règne en maître et, dans nos démocraties, elle est l’équivalent de ce qu’est la violence politique dans les dictatures. Les gouvernants amusent la galerie, le Président fait le tour des responsables internationaux cette semaine, alors qu’il les recevra tous en début de semaine prochaine. Tout cela n’est qu’une vaste manipulation. Pendant ce temps là, la Turquie descend un SU-24 de l’armée russe, menaçant ainsi réellement l’équilibre du monde. Cette même Turquie est soi disant un allié de l’Europe, alors qu’elle soutient l’État islamique et écrase les Kurdes. Ces gens sont méprisables et dangereux. On ne peut vendre son âme au diable, et c’est pourtant ce que nous risquons de faire. Nous sommes une communauté nationale, et tout ce qui va contre la nation doit être combattu. Au lieu de cela, hélas, trop de partis ont privilégié les communautés d’intérêt pour en tirer quelques profits électoraux.

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