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ÉVeilleurs d’Espérance : « Notre contre-action culturelle est inséparable d’une contre-action militante et politique »

Benoit Sevillia est le président des Éveilleurs d’Espérance. Il a bien voulu répondre aux questions du Rouge & Le Noir.

R&N : Lancées en octobre 2015 à Versailles, les conférences d’ÉVeilleurs d’Espérance sont un succès. Qu’est-ce qui vous a conduit à créer cette association ?

Benoit Sevillia : Nous avons à l’origine lancé le mouvement des veilleurs à Versailles, que nous avons co-animé avec Pierre Nicolas. Nous avions notre spécificité par rapport au mouvement des veilleurs, qui a clairement participé au succès de nos veillées, l’invitation de grands témoins qui venaient nous entretenir d’un sujet dont ils ont une connaissance particulière. Ainsi de nombreux journalistes, représentants associatifs, hommes politiques sont venus nous apporter leur savoir et témoigner de leur engagement dans la société, de Jean Sévillia à Vincent Trémolet de Villlers, de Ludovine de la Rochère à François Billot de Lochner, ou encore de Jean-Frédéric Poisson à Marion Marechal Le Pen.

Pendant plus de trois ans, nous avons réuni entre 200 et 800 personnes chaque mois sur la place du marché à Versailles, ce qui nous a conduits à souhaiter pérenniser ce grand mouvement de résistance culturel en le transformant en l’association ÉVeilleurs d’espérance dont la vocation est à moyen terme de devenir un acteur incontournable de l’engagement d’une nouvelle génération dans le combat des idées. À Versailles, nous sommes déjà le premier mouvement culturel et nous réunissons des centaines de personnes à chacune de nos soirées.

R&N : Quel en est l’objectif à long terme ?

Benoit Sevillia : L’objectif à long terme est de permettre aux nouvelles générations de comprendre les grands enjeux actuels et ce qui doit les conduire à s’engager tant sur un plan associatif, culturel que politique. Nous avons mis en place des outils afin que le travail que nous réalisons dans nos grandes conférences à Versailles soit porté bien au-delà, par le biais des réseaux sociaux et de notre chaîne Youtube. Nous sommes persuadés que la communication digitale est un moyen nouveau extrêmement puissant pour diffuser nos idées. Notre message est de faire comprendre à tous ceux qui nous écoutent que l’engagement n’est pas nécessairement dans un parti politique ou dans une grande association ayant pignon sur rue. L’engagement peut se faire sous de multiples formes, au sein des familles, des entreprises, dans la cité. Quel meilleur exemple que l’engagement des mères de familles qui se consacrent à l’éducation de leurs enfants, ouvrières invisibles du monde, dont le rôle est tellement essentiel dans nos sociétés perturbées d’aujourd’hui. Ou celui de ceux qui ont sacrifié une partie de leur vie pour monter des écoles hors contrat, qui sont de formidables espaces de protection et de résistance face au délitement de notre système éducatif ? Ou celui de ceux qui s’engagent à vivre dans de grandes cités (je pense à la communauté du Rocher) pour porter haut les valeurs chrétiennes et françaises dans des quartiers abandonnés à la misère et à l’islam salafiste ?

R&N : En dehors des conférences de formation et de débat, quels sont les moyens d’action et d’engagements que vous proposez, particulièrement à la jeune génération qui vient assister à ces conférences ?

Benoit Sevillia : En dehors des conférences, nous invitons en premier lieu toutes les générations, jeunes et moins jeunes, à prendre conscience de la nécessité de clamer haut et fort les convictions qui sont les leurs et d’assumer dans la société le fait de vivre à contre-courant. Si notre société est gravement malade, c’est avant tout parce que nous sommes tous malades. La médiocrité de notre personnel politique (à quelques heureuses et rares exceptions) est à l’image de notre propre médiocrité. Depuis que nous avons rompu avec la tradition du droit romain qui édictait des règles de vie en société inspirées du droit naturel, nos législateurs pensent que c’est le fait qui fait le droit. Nos dernières lois ne sont malheureusement que le reflet de nos transgressions qui sont désormais inscrites dans le code civil. Pour changer nos lois, il faut d’abord faire changer notre société et arrêter de croire qu’une simple élection peut résoudre tous nos maux. En second lieu, nous essayons de faire comprendre à nos sympathisants que notre contre-action culturelle est inséparable d’une contre-action militante et politique. Nous devons absolument occuper le terrain car d’autres le font très bien à notre place. Comment les lobby LGBT, qui ne représentent qu’une minorité, ont-ils pu obtenir jusqu’à leurs dernières revendications de rendre légitime et acceptable la GPA dans nos sociétés ? Comment l’association de la libre pensée, qui doit compter une centaine de membres, a-t-elle pu faire interdire nos crèches dans l’espace public ? Il est temps désormais de nous réveiller !!!

R&N : Vous évoquez un « mouvement de résistance culturelle ». Mais n’est-ce désormais pas plutôt de reconquête ou de reconstruction culturelle qu’il faudrait parler ?

Benoit Sevillia : Vous avez parfaitement raison mais nous pensons que nous sommes entrés dans une phase de résistance qui nous permet d’établir les bases de la reconstruction culturelle. Nous avons la motivation, les troupes pour cela et l’espérance de Charles Péguy !

R&N : Quels seront les prochains événements organisés par EVE ?

Benoit Sevillia : Nos deux prochains événements jusqu’à la fin de l’année 2016 sont tout d’abord l’organisation le 16 novembre prochain, à 20h30, d’un grand débat entre François Xavier Bellamy et Jean Sévillia (au Théatre Montansier, à Versailles) sur la notion d’héritage et de transmission. Nous voulons faire prendre conscience à l’occasion de cette soirée que l’histoire éclaire l’avenir et que l’actualité doit être analysée avec le prisme de ce que la passé nous a enseignés. Par exemple, nous ne pouvons comprendre les grands mouvements de migration actuels et prendre des décisions éclairées si nous ne connaissons pas l’histoire des grandes invasions barbares pacifiques qui avaient mis l’Empire romain à genoux.

Ensuite, nous terminerons l’année en beauté avec la venue le 13 décembre prochain de Philippe de Villiers au Palais des Congrès, qui viendra clore une série de conférences sur l’identité française en nous alertant sur le risque que l’expansion accélérée de l’islam en France modifie définitivement notre art de vivre, notre culture, nos attachements vitaux, et qu’un jour les cloches de nos églises cessent définitivement de sonner.

Vous l’aurez compris, nous avons "le pessimisme de l’intelligence mais l’optimisme de la volonté "afin de réveiller les consciences et que vienne le sursaut populaire qui lui seul pourra nous sortir de l’ornière dans laquelle notre pays s’enferme. Nous invitons tous ceux qui vous lisent à nous retrouver sur eveilleursdesperance.fr.

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