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Cécile Edel : « la vie nous est donnée, offerte et ne se marchande pas »

Cécile Edel est présidente de l’association Choisir La Vie et vice-présidente de la Marche pour la Vie qui aura lieu ce dimanche 21 janvier 2018. Elle a bien voulu répondre aux questions du Rouge & le Noir.

R&N : Pourquoi avoir choisi le thème « de l’ombre à la lumière » pour cette Marche Pour La Vie 2018 ?

Cécile Edel : Comme nous l’avons rappelé dans le premier communiqué de la marche pour la Vie, à l’image de la lumière qui brille aux yeux de tous, la vie, nous est donnée, offerte et ne se marchande pas. Et pourtant, un constat reste accablant et alarmant : l’année dernière en France, plus de 220 000 enfants se sont vu refuser le droit d’ouvrir les yeux sur la lumière du jour. Des milliers de vies sont abandonnées par les pouvoirs publics, des milliers de femmes sont laissées seules dans la nuit de leurs doutes et de leur culpabilité.

En tant qu’accompagnante et écoutante au sein de l’antenne d’écoute de Choisir la Vie : Sos femmes enceintes, je peux, par cette expérience de « terrain », témoigner de la douloureuse réalité qui entoure ces questions de début de vie. Trop de grossesses imprévues ne sont pas accompagnées. Trop de mamans sont livrées à l’anxiété, au doute, à la solitude du corps qui accueille, comme malgré lui, une vie nouvelle. Trop de ces mamans sont laissées dans les ténèbres, isolées dans leur choix, sans lumière à l’horizon. Ce choix d’avorter ou non, qui leur a été donné en vue d’une soit disant plus grande liberté, leur font vivre un véritable combat intérieur qui les plonge dans une obscurité sans nom. Seul le vrai choix de la vie, celui de l’accueil de leur enfant, les libère véritablement et les éclaire profondément. Je peux en donner des exemples tous les jours.

Ainsi, en ces jours où le respect de la vie humaine est plus que jamais menacé par les ombres d’un progrès menteur, la Marche Pour la Vie continue, comme elle le fait depuis plus de 13 ans, d’exhorter la société à percer les ténèbres de l’avortement de masse pour entrer dans la lumière de la vie pour tous. On peut dire que la Marche pour la Vie propose en quelque sorte une révolution lumineuse. Chacun, dans l’Espérance et la conviction que la vie a déjà triomphé de la mort, est invité à faire briller sa lumière le dimanche 21 janvier 2018 à Paris, pour montrer que la vie quels que soient son état ou sa fragilité, vaut la peine d’être vécue, que toute vie naissante est une chance pour le monde.

R&N : Lors de ses vœux au corps diplomatique, ce 8 janvier, Le pape François a évoqué le premier droit humain qui est “le droit à la vie“ sous ses différentes formes. Avez-vous reçu cette année le soutien de L’Eglise de France ou de représentants d’autres religions ?

Cécile Edel : J’ignore si on peut parler d’un soutien de l’Eglise de France. Trop d’évêques restent encore silencieux face à ces questions de la Vie. Questions qui devraient pourtant être une priorité lorsqu’on mesure l’ampleur du drame que constitue l’avortement. Il s’agit bel et bien, et il ne faut pas avoir peur des mots, du massacre de millions d’innocents au sein même du ventre de leur mère. Un massacre qui est perpétré depuis plus de 40 ans, remboursé par les pouvoirs publics et encouragé par tous nos gouvernements successifs et la quasi totalité de la classe politique française.

Face à cette guerre sans précédent contre l’enfant à naître, tout silence ne peut qu’être un silence complice.

Malgré tout, nous sommes habités par l’espérance et recevons les divers soutiens comme des signes nous invitant à continuer avec persévérance notre combat pour le respect de la vie. A titre d’exemple, soulignons, le soutien de Monseigneur Barbarin, cardinal-archevêque de Lyon qui n’a pas hésité à réaffirmer le respect que méritait la vie des plus petits, dès le sein maternel. Ce soutien constitue un message fort envoyé aux évêques de France ainsi qu’à tous les catholiques encore hésitants sur l’utilité d’une manifestation qui semble, à vue humaine, défendre une cause perdue. Egalement, Mgr Centène, évêque de Vannes, qui a toujours soutenu la Marche pour la Vie a rappelé cette année, qu’ « En marchant pour défendre la Vie, toute vie de sa conception à sa mort, nous devons être les témoins audacieux et missionnaires de Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie (Jean 14, 6). »

Citons également le tweet de Mgr Malle , évêque de Gap qui nous assure de son soutien en soulignant que Marcher pour la vie était une cause magnifique.

Enfin, divers diocèses comme celui de Nanterre et d’Avignon, par exemple, ont invité les fidèles à participer à cette marche.

Nous attendons dans les jours qui viennent le soutien officiel du Pape François.

R&N : L’adoption l’année dernière de loi sur le délit d’entrave à l’avortement a-t-elle eu des conséquences pour les associations pro-vies ?

Cécile Edel : Concrètement, dans l’exercice de nos actions quotidiennes au service de la vie, non, pas spécialement, excepté pour les antennes d’écoute aux femmes enceintes, dont celle de Choisir la Vie « Sos femmes enceintes » qui, ont depuis l’an dernier subit une baisse significative d’appels en raison de la méfiance qu’a pu engendrer le vote de cette loi. Encore une fois d’ailleurs, ce sont les femmes enceintes en difficulté qui en sont les premières victimes car finalement, si on regarde bien, cette loi n’a apporté aucune solution ni à leur détresse, ni à leur souffrance.

En revanche un constat inquiétant : depuis le vote de cette loi, sur les réseaux sociaux ou dès qu’il y’a débat sur l’avortement, nous assistons de la part de ceux qui sont pour l’IVG, à une agressivité de plus en plus significative. Un climat malsain de délation et de dénonciation s’est instauré avec souvent des menaces de poursuites judicaires juste parce que nous avons osé écrire ou dire que nous étions contre l’avortement ou même tout simplement qu’un embryon n’était pas qu’un amas de cellules ! C’est très grave ! Nombreux sont ceux qui utilisent aujourd’hui cette loi (alors qu’ils n’ont même pas lu les termes de celle-ci) pour faire taire ceux qui défendent la vie et entraver leur liberté d’expression.

La dénonciation s’est en quelque sorte institutionnalisée. En effet, sans qu’elle soit explicitement mentionnée, celle-ci est en fait sous-entendue et même induite par les textes eux-mêmes Un des effets pervers de la loi est ainsi d’inciter finalement des particuliers à opter pour une attitude de dénonciation des associations susceptibles d’apporter un autre discours sur l’avortement que celui autorisé par la pensée unique L’aspect répressif de la loi l’emporte largement sur la reconnaissance de droits, le soupçon de mensonges est omniprésent. Tout discours, vérité, arguments qui, normalement participent à tout débat, sont, venant de nos associations, considérées comme des preuves d’un soit disant « délit d’entrave »

R&N : Au delà de la mobilisation lors de la marche annuelle pour la vie, comment les marcheurs peuvent-ils se former aux enjeux bioéthiques ?

Cécile Edel : La Marche pour la Vie, depuis 2005, est le rendez vous annuel et unique de tous ceux qui défendent la vie mais cet événement, bien que primordial, ne suffit bien évidemment pas.

Il est important que les marcheurs, à l’instar des associations organisatrices de la Marche qui œuvrent toute l’année de diverses manières pour promouvoir le respect de tout être humain de la conception à la mort naturelle, puissent s’engager fidèlement et à long terme dans ce combat si urgent et nécessaire.

Chacun de nous est ainsi appelé à s’engager avec enthousiasme auprès des plus fragiles selon son charisme, sa personnalité, ses compétences. Certains seront appelés à accompagner les femmes enceintes en difficultés, d’autres à participer à des campagnes de sensibilisation, d’autres encore à être de petites mains pour aider nos associations… Il y’a du travail pour tous ! Nous pouvons aussi être créatifs au service de la Vie, prendre des initiatives, devenir force de propositions...toutes les idées sont bonnes.

En revanche, il est aussi nécessaire de former notre intelligence et de se sensibiliser aux enjeux bioéthiques d’aujourd’hui, défis majeurs de notre société, afin de pouvoir apporter nos voix dans le débat et être crédibles.

Plusieurs associations et instituts délivrent toute l’année des formations solides, je pense à l’IPLH (Institut Léon Harmel), Ichtus, la Fondation Jérôme Lejeune, Choisir la Vie…Il est possible aussi de participer à diverses conférences sur ce sujet, conférences qui ne manquent pas !

Le mercredi 17 janvier, se tiendra d’ailleurs la troisième journée parlementaire pour la Vie à l’assemblée nationale sur le thème du transhumanisme.

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