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Promouvons la désobéissance

9 juillet 2013 Contributeurs extérieurs

Réponse au père Vianney J.

Si le père et moi nous rejoignons sur savoir à qui obéir, il revient d’affirmer avec courage l’appel à la désobéissance sans lequel il ne pourrait y avoir de résistance. Nous ne pouvons être tièdes, et nous devons lutter contre le réflexe naturel d’obéissance...

Bien plus : nous devons promouvoir la désobéissance, courageusement, sans relâche, pour contrer nos habitudes de « résistance de salon ».

« Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux Hommes », répondent les apôtres qui viennent de se rebeller contre l’autorité du pays.

Curieusement, cette lecture correspond à un certain dimanche où 67 campeurs étaient amenés également à être enfermés en raison de leurs idées. Pour avoir obéi à leur conscience plutôt qu’aux sommations.

Ce que je retiendrais de ce passage, c’est que les apôtres ressortent tout joyeux d’avoir souffert pour le Christ (on les a fouetté en leur interdisant de parler de la Résurrection). Et qu’ils recommencent de plus belle... à désobéir !

Parce que c’est de cela dont il s’agit. Quand on choisit « à qui on obéit », « à Dieu plutôt qu’aux hommes » alors, nécessairement, on désobéit !

Et si obéir est devenu naturel, par habitude, par envie de s’intégrer, il faut être vraiment libre pour choisir (à qui on obéit), et pour in fine désobéir (à quelqu’un, à un gouvernement).

OBÉIR C’EST TRAHIR, DÉSOBÉIR C’EST SERVIR

Avec cette formule « choc », que je reprends tout simplement d’un grand résistant, mon intention est naturellement de casser cette habitude d’obéissance.
Au delà des réflexions de salon, il faut agir et désobéir. L’Esprit Saint a poussé les cardinaux à élire un Pape qui nous dit :
« Un chrétien d’aujourd’hui est nécessairement un révolutionnaire ». Alors, c’est qu’il est fini le temps des demi mesures, il s’agit de faire la révolution.

Mais de quelle révolution s’agit-il ?

L’objectif est clair : stopper les atteintes à la famille, le tort fait aux enfants, et mettre un terme à ce que le bienheureux Jean Paul II appelait la culture de mort.

Mais les moyens ?

Nous ne sommes pas des disciples de la pique et de la guillotine. Ni de la ceinture de dynamite et de l’avion kamikaze... Nous sommes les disciples de la croix et du cœur transpercé.

Dès lors, quel pouvoir nous craindra ? Quel gouvernement est renversé par de bonnes paroles ?

Il est une évidence politique qu’un gouvernement ne tient que parce que le peuple obéit. L’obéissance, la passivité, le laisser faire : ce sont les conditions pour qu’un régime demeure, qu’un système politico- mediatique perdure. Contre l’argent des coteries, la désobéissance patiente mais acharnée.

Comme avec Gandhi, les empires s’effondrent sous les coups médiatiques d’une non violence qui va jusqu’au bout ; comme en Argentine, les juntes militaires s’effondrent quand les mères vont dans les rues ; comme en Pologne, les totalitarismes s’effondrent si les syndicats et l’Eglise désobéissent unanimement...
Et comme en France, le cabinet de Valls s’inquiète de la vague de résistance non violente qui persiste...

Alors il faut être courageux. Accepter les sanctions que le pouvoir réserve aux citoyens qui enseignent la désobéissance, comme il s’est acharné sur Nicolas... Accepter avec enthousiasme le mot derrière lequel tout homme libre peut se ranger, tout homme qui accepte de placer sa conscience et ses idéaux au dessus des contingences matérielles et des réflexes de vie en société :

DÉSOBÉIR

Et jusqu’au bout résister
Désobéir pour triompher

(Pelot d’Zonzon, chanson populaire de résistance)

9 juillet 2013 Contributeurs extérieurs

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