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Les libéraux-conservateurs sont-ils de droite ?

21 avril 2012 Ambrogio Riva

Dans les petits milieux catholiques et prétendument réactionnaires, il est de bon ton de décerner des certificats de bonne moralité politique. Les arguments sont d’autorité et ne souffrent aucune contestation. C’est d’une simplicité enfantine. Untel serait de gauche, c’est mal. Untel serait de droite, c’est bien (je concède qu’il est plus difficile de remplir cette dernière catégorie). Il est certains domaines dans lesquels la classification se fait aisément, notamment les mœurs, la politique migratoire ou encore l’intégration européenne. Quant à la politique économique, la classification est toute trouvée, si l’on en croit le petit groupuscule des libéraux-conservateurs brillamment représenté par Nouvelles de France. Quiconque oserait porter la moindre critique contre le système libéral mondialiste serait de gauche, au motif que l’abominable Mélanchon-égorgeur-d’enfants-au-couteau-entre-les-dents le critique également. Quiconque oserait s’élever contre le vol institutionnel organisé par la finance apatride serait de gauche. Quiconque dénoncerait l’accaparement scandaleux des richesses par quelques voyous consanguins serait de gauche. Cela ne souffre aucune contradiction, c’est tellement évident.

Et bien non ! Le regard toujours tourné vers l’ouest, ils ne savent visiblement pas qu’en Pologne et surtout en Hongrie, le libéralisme économique est porté par la gauche post-communiste (avec les brillants résultats constatés aujourd’hui) et combattu par la droite, du Fidesz au Jobbik. Un peu de culture politique ne fait jamais de mal. La droite française, j’entends la droite de conviction, la droite catholique et nationale, n’a jamais été ni mondialiste ni une grande amie de la finance. Elle a toujours frappé avec toute la violence dont étaient capables ses glorieuses plumes, et Dieu sait s’ils y excellaient, contre les banquiers, contre le grand patronat, contre l’accumulation excessive de richesses entre les mains d’une ploutocratie vorace. Alors nos chers amis libéraux-conservateurs, dont les yeux brillent dès qu’ils aperçoivent la bannière étoilée, sans que l’on sache trop de quelle étoile il s’agit, auront beau prétendre l’inverse, ils ne pourront jamais nous faire croire que Drumont et sa France juive, Bloy et son Exégèse des lieux communs, Daudet et Maurras avec l’Action Française, Bernanos et sa Grande peur des biens pensants ou sa France contre les robots, ou encore Coston et son Retour des 200 familles étaient de gauche. Les quatre états confédérés dénoncés par Maurras ne représentent ni plus ni moins que les forces libérales et mondialistes aujourd’hui à l’œuvre. Ces tristes laquais de la Haute-Finance apatride et du grand patronat mondialisé gagneraient à lire les grands anciens de la droite française, plutôt que de mener des opérations sous faux-drapeau qui ne trompent que ceux qui le veulent bien. Ils sauraient alors ce qu’est le solidarisme ou le tercérisme, ils sauraient ce qu’est L’Etat corporatiste, décrit par un Ploncard d’Assac qui s’entretenait quotidiennement avec cet homme d’état catholique que fut le premier ministre Salazar. Non, messieurs les prétendus réactionnaires, votre défense systématique de Ces Financiers qui mènent le monde (Coston) n’est absolument pas de droite ! Puisque vous ne voulez pas de Drumont et de Bloy, retournez à vos Lumières, à vos Locke et Montesquieu, à vos catholiques libéraux qui furent maintes fois condamnés par l’Eglise et cessez enfin de vous prétendre de droite.

21 avril 2012 Ambrogio Riva

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