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[EUTHANASIE] « Les Français sont tous pour »

En ce début d’année, le Rouge et le Noir se propose de réfuter un par un chacun des arguments phares des partisans de l’euthanasie.
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« L’euthanasie ? Les Français sont très majoritairement pour » nous répètent inlassablement les partisans de cette idéologie pro-mort.

D’où leur vient cet aplomb statistique ? De sondages réalisés ces dernières années, dont le dernier, publié par par l’IFOP, date de fin octobre 2014.

Dans ce sondage on apprend que « 96% des Français jugent que la loi française devrait autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie des personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandant une euthanasie » dont 54 % répondant « oui, absolument » et 42% « oui, dans certains cas ».

Le choix des mots utilisés dans la question est fondamental. L’insistance est double dans la question, d’un côté sur ces « souffrances insupportables » présentées comme le problème à résoudre, et de l’autre sa solution : une mort « sans souffrance ». La question place d’emblée la personne sondée dans une situation extrême.

Le premier biais employé dans ces sondage est la négation de l’idée de la mort qui s’efface derrière le terme neutre de « mettre fin à la vie », tout comme l’avortement fut renommé lui aussi en “interruption volontaire de grossesse”. La logique y est finalement identique.

L’arrêt brutal de la vie n’est plus présenté comme un suicide, mais le sondage nous parle d’euthanasie, terme moins violent et plus ambigu mais incohérent. Comme si les souffrances physiques justifiaient l’euthanasie tandis que les souffrances psychologiques ne justifiaient pas (pas encore ?) le suicide. On nous explique pourtant à longueur d’année qu’il faut absolument lutter contre le suicide des jeunes et des homosexuels, mais dans le cas de souffrance physique il faudrait au contraire accompagner les personnes vers leur suicide ?

Plusieurs problèmes de fond se pose sur les cas abordés. Qu’entend-on par « maladies insupportables et incurables » ? Un handicap ? Une maladie dégénérative motrice ? Un doigt en moins ? Où placer le curseur ?

La question passe aussi sous silence tout lien affectif. Combien répondraient de même s’il s’agissait d’eux-même ou d’un proche ?

Ce problème de curseur est d’autant plus vicieux que l’ADMD et le reste du lobby pro-mort veulent aller bien plus loin qu’autoriser l’euthanasie uniquement pour des cas extrêmes. Là encore, l’argument de légiférer sur des cas extrêmes cache, comme ce que l’on on observe en Suisse ou en Belgique, la volonté finale d’autoriser l’euthanasie pour n’importe quelle raison. J’en ai marre de la vie ? Je m’euthanasie.

Les exemples mis en avant par le lobby pro-mort, ne remplissent en effet souvent pas ces conditions : si l’incurabilité à long terme est souvent réelle, les personnes atteintes pourraient encore vivre de nombreuses années sans grand désagrément.

« Sans souffrance » : c’est là qu’est le centre du problème et du débat. La souffrance fait peur, et la seule alternative qui lui est présentée dans le sondage est un mort “douce et rapide”. Aucune autre alternative possible n’est évoquée : le sondé n’a que le choix entre d’horribles souffrances et la mort.

Alliance Vita montre pourtant qu’un sondage Opinionway de janvier 2011 est très éclairant sur cet aspect. A la question sur « quelle est la priorité aujourd’hui en France ? », 60% répondent « Voter des crédits pour développer des soins palliatifs de qualité » (et même 73% des 60 ans et plus), contre 38% qui choisissent « Légaliser l’euthanasie »"

Ainsi les sondages qui présentent les français comme massivement favorables à l’euthanasie sont biaisés et dépossèdent les français d’un droit fondamental : l’espoir.

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