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Du grand danger de l’uniformité du parlement

Un raz-de-marée ; une vague ; un tsunami… Les journalistes ont feuilleté hâtivement, nez dans le dictionnaire, à la recherche d’un qualificatif suffisamment juste pour expliquer quelle mouche avait piqué les Français à l’issue du premier tour des élections législatives. Absence d’intérêt latent, manifestée par un taux de près de 51% d’abstention ; rejet d’une classe politique qu’ils vomissent, à raison ; choix, assumé de manière plus ou moins éloquente, pour des candidats aux allures de gendre idéal… Les Français ont glissé une enveloppe pour des représentants d’Emmanuel Macron qui, à défaut de penser, sont En Marche ! C’est l’histoire de notre époque. Ne songez plus, ne lisez plus, n’entendez plus le silence ; mais répétez ce qui semble être pensé, gobez les images, abreuvez-vous de bruit.

La mort des partis

Certes, la mort de la droite, qui couronne l’élection d’Emmanuel Macron, n’est pas une mauvaise nouvelle. Combien de temps aura-t-il fallu pour que les renégats retrouvent la place qui est décemment la leur ? Celle des oubliettes, où leurs compromissions perpétuelles seront enfin ignorées à leur juste valeur. Cette droite, qui dans les années 70, écoutait ses enfants lui expliquer comment ils ne pouvaient décemment laisser ce ministre dans l’hémicycle, ironiquement garant de la « santé » publique, contribuer au génocide des enfants dans le ventre de leur mère… Cette droite qui riait, quand ses enfants lui disaient que dans quelques années, le crime serait remboursé par la « sécu ». Ceux-là ont ri. Puis ce fut le temps du PACS, de la destruction des liens précieux d’un mariage sacré, définitivement enterré en 2014. Combien furent-ils ces élus de droite, des « républicains » aux « frontistes », à sauvegarder la famille française de demain ? Une poignée, ridicule.

L’élection du nouveau nain à Rolex, sorte de super PDG en permanente réunion de comm’, c’est aussi la mort de la gauche. Une gauche idéologue, laminée quand elle n’a guère su s’allier assez tôt. Elle se retrouve, çà et là, disséminée dans le nouveau gouvernement, à travers des figures systématiques. À l’image du secrétaire à « l’égalité entre les hommes et les femmes », dont l’existence fortuite semble relever du paradoxe. Laïcarde au discours « libre-penseur » suranné, fervent défenseur d’un féminisme 2.0 grossièrement dissimulé sous la défense de l’équité… : Marlene Schiappa est la caricature facile, sorte d’incarnation de ses prédécesseurs hystériques de l’Assemblée Hollandaise, que la droite adorera détester.

Les nouveaux nihilistes

Du côté des candidats d’En Marche, beaucoup ne semblent même savoir pourquoi ils se retrouvent en lice. Mediapart révélait tantôt que les investis du mouvement du représentant de commerce de l’Élysée avaient pour condition de ratifier toutes les lois établies par le parlement. À dix heures du soir, tout le monde au lit ! Les sessions parlementaires sous Emmanuel Macron relèveront de la farce ; sans opposition, dans une salve d’applaudissements… Le premier qui rompt la cadence a perdu, n’en déplaise à la relève stalinienne… Sortes de nihilistes sans le savoir, les candidats agités n’auront aucun corps politique, ni même une idéologie. Ils appliqueront.
Cette sorte de ferveur pour le rien, qui s’empare de l’électeur français, ne relève même pas de la bêtise, mais de la passivité. On l’a dit : la représentation des marionnettes d’EM à l’assemblée vaut ses quelque 13 %. Et ceux qui votent, sachant à peine pour qui, espèrent que demain sera fait d’une vitrine un peu moins sombre. Quand leurs frères auront été égorgés sous leurs yeux au nom d’Allah, « penser printemps » sera toujours plus novateur que le « pas-d’amalgame ». Leur passivité, c’est l’Occident. Et la peur de ceux-là face à la mort, le sort mérité des nihilistes.

Quelques-uns méritent d’être sauvés !

L’échec des droites n’est due qu’à la querelle des égos et à la fatigue de la répétition des saillies, attendues, remâchées, récitées avec plus ou moins de conviction. C’est l’échec monumental d’un Front National qui a fait de la souveraineté son absolu, le rejet de l’Union Européenne une focale, dans une non moins gigantesque contradiction. La souveraineté est un moyen, non une fin. Rejeter l’Union Européenne, à l’heure où certaines Nations parviennent à y maintenir leurs intérêts particuliers, est un déni même de cette souveraineté et de l’urgence de la primauté nationale. L’échec du Front est mérité, comme la chute de certaines figures de la « droite » traditionnelle, celles de tous ceux qui appelaient, à peine l’affaire Fillon révélée par des journalistes au courant depuis des mois de ces casseroles coutumières des politiques, à contracter une alliance moribonde avec le gérontophile empressé.

Dimanche, les quelques dernières figures qui travaillent pour les différentes droites à l’Assemblée Nationale peuvent encore porter la voix de cette génération, jeune comme moins jeune, révulsée par le changement de civilisation qui leur a été imposé depuis plusieurs quinquennats et auquel il sera porté un coup fatal s’ils restent cois.

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