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[VATICAN] Le Pape François, la théorie de l’évolution, le Big Bang et les médias

Les propos tenus par le Pape François à l’Académie pontificale des sciences ce lundi 27 octobre sur l’évolution de la nature, la création et la théorie du Big Bang semblent enflammer la presse française et internationale.

La réinterprétation de la presse

« "Dieu n’est pas un magicien avec une baguette magique" et la foi n’est pas incompatible avec le Big Bang ni la théorie de l’évolution, a affirmé le pape François, mardi. »

Note : non content de désinformer, TF1 va même jusqu’à se tromper sur la date, l’intervention du Pape remontant à lundi et non à mardi...

« Les enseignements de Darwin sur l’origine des espèces et les théories modernes concernant le Big Bang qui a engendré toute forme de vie dans l’univers sont vraies, a déclaré le pape François »

« Le pape François croit au Big Bang et à l’évolution »

« Pope Francis declares evolution and Big Bang theory are real and God isn’t ’a magician with a magic wand’ »

Une fois encore, un certain nombre de journalistes prennent leurs fantasmes pour la réalité. Les propos exacts du Pape rapportés par le Vatican Information Service et par Radio Vatican sont bien différents de l’interprétation qu’en fait actuellement la presse. Le Pape François ne déclare pas reconnaitre comme véridique la théorie darwinienne de l’évolution, mais, et la nuance est importante, déclare que « l’évolution dans la nature ne s’oppose pas avec la notion de Création parce que l’évolution présuppose la création des êtres qui évoluent ». Bien au contraire, il voit dans l’évolution de la nature la « présence constante » de Dieu. De même, sans se prononcer sur la validité de cette théorie scientifique, il déclare que « le Big Bang que l’on met aujourd’hui à l’origine du monde ne contredit pas l’intervention du Créateur divin mais l’exige », remettant Dieu au sein d’une science qui trop souvent cherche à nier son existence.

Les véritables propos du Pape

Les deux traductions, légèrement différentes, du Vatican Information Services et de Radio Vatican démontrent pourtant bien à quel point l’interprétation des médias est abusive, voir même en totale contradiction avec les déclaration du Pape.

« Les membres de l’Académie pontificale des Sciences discutent ces jours-ci au Vatican, de l’évolution du concept de nature. Le Pape François a affirmé ne pas vouloir entrer dans la complexité scientifique de cette question importante et décisive, mais puisque Dieu et Jésus-Christ marchent avec nous, puisqu’ils sont présents dans la nature, l’évêque de Rome a livré son analyse.

Quand nous lisons le récit de la Création dans la Genèse, a-t-il relevé, nous risquons de prendre Dieu pour un magicien, brandissant sa baguette magique. Mais ce n’est pas ainsi. Dieu a créé les êtres et Il les a laissés se développer selon les lois intérieures qu’Il leur avait données, pour qu’ils se développent et atteignent leur plénitude. Il leur a accordé l’autonomie tout en les assurant de sa présence constante. La création s’est ainsi poursuivie pendant des siècles et des millénaires pour devenir telle que nous la connaissons aujourd’hui. Dieu n’est pas un démiurge mais le Créateur qui confère le don de l’être à tous les éléments.

Le Big-Bang, auquel on attribue aujourd’hui l’origine du monde, a poursuivi le Pape François, ne contredit pas l’intervention créatrice de Dieu, mais il l’exige. L’évolution de la nature n’est pas en contradiction avec la notion de Création ; elle suppose la création des êtres qui évoluent en elle. En ce qui concerne l’humanité, il y a un élément nouveau : Dieu lui a donné une autre autonomie, différente de celle de la nature : c’est la liberté. Et il l’a rendue responsable de la Création.

Le Souverain Pontife invite donc les scientifiques et en particulier les scientifiques chrétiens à s’interroger sur l’avenir de l’humanité et de la terre, à protéger l’environnement naturel et humain en faisant confiance à la nature car celle-ci cache dans ses mécanismes évolutifs des potentialités que l’intelligence et la liberté doivent découvrir et réaliser pour arriver au développement qui fait partie du dessein du Créateur. Ainsi, bien que limitée, l’action humaine participe à la puissance de Dieu ; elle est en mesure de construire un monde conforme à sa double vie corporelle et spirituelle, un monde pour tous les êtres humains et pas pour un groupe ou pour une classe de privilégiés. L’espérance et la confiance en Dieu, Auteur de la nature, et dans la capacité de l’esprit humain peuvent donner aux chercheurs une énergie nouvelle et une sérénité profonde. Au contraire, quand sa liberté devient autonomie, l’action de l’homme peut détruire la Création. C’est le péché contre Dieu Créateur. »

« "Quand nous lisons dans la Genèse le récit de la Création, nous risquons d’imaginer Dieu comme un magicien, avec sa baguette magique faisant apparaître toutes les choses. Mais il n’en est pas ainsi. Il a créé les êtres et les a laissés se développer selon les lois internes qu’il a donné à chacun, pour qu’ils se développent, pour qu’ils arrivent à leur plénitude. Il a donné l’autonomie aux êtres de l’univers en même temps qu’il les a assurés de sa présence continue, donnant vie à toute réalité. C’est ainsi que la création s’est poursuivie pendant des siècles et des siècles, des millénaires et des millénaires, jusqu’à ce qu’elle devienne celle que nous connaissons aujourd’hui [...]

Le Big Bang que l’on met aujourd’hui à l’origine du monde ne contredit pas l’intervention du Créateur divin mais l’exige. L’évolution dans la nature ne s’oppose pas avec la notion de Création parce que l’évolution présuppose la création des êtres qui évoluent...

[...] [Dieu] rend [L’homme] responsable de la création, pour qu’il domine aussi la création, pour qu’il la développe et ainsi jusqu’à la fin des temps. C’est pourquoi, le scientifique et surtout le scientifique chrétien doit s’interroger sur l’avenir de l’humanité et de la terre et, comme être libre et responsable, participer à sa préparation, sa préservation, en éliminer les risques de l’environnement naturel et humain. Mais en même temps, le scientifique doit être mû par la confiance que la nature recèle, dans ses mécanismes évolutifs, des potentialités qui touchent à l’intelligence et à la liberté de découvrir et d’agir pour arriver au développement qui est dans le dessein du Créateur. Alors, bien que limitée, l’action de l’homme participe de la puissance de Dieu et est en mesure de construire un monde adapté à sa double vie corporelle et spirituelle, un monde humain pour tous les êtres humains et non pour un groupe ou une classe de privilégiés. Cette espérance et confiance en Dieu, Auteur de la nature et dans la capacité de l’esprit humain, sont en mesure de donner au chercheur une énergie nouvelle et une profonde sérénité. Mais il est aussi vrai que l’action de l’homme, quand sa liberté devient autonomie, qui n’est pas liberté mais autonomie, détruit le créé et l’homme prend la place du Créateur. Cela est un grave péché contre Dieu Créateur". »

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