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[TÉLÉTHON] Donner pour la vie, mais pas à ceux qui l’enlèvent

« Innover pour guérir »

La Fondation Jérôme Lejeune a publié un document appelant à la vigilance des généreux donateurs désireux de plus de charité entre les hommes, à l’égard des plus faibles, des malades et des plus démunis.
L’AFM-Téléthon est de ces organisations, au même titre que les Restos du Cœur, reconnues œuvres de salut public que personne ne viendrait mettre en doute. Cependant, le Téléthon recouvre des aspects contradictoires.

Sur le terrain de la myopathie par exemple, d’aucuns savent que le Téléthon a soutenu la recherche fondamentale dans ce domaine. Pour autant, cette recherche ne s’articule pas autour de nouveaux moyens à mettre en œuvre pour guérir les individus atteints de cette maladie dégénérative, ce pourquoi les gens donnent en principe. Le Docteur Jean-Yves Nau, médecin et journaliste scientifique, nous apprend que l’argent récolté est en réalité utilisé à des fins bien peu éthiques. Il raconte : « Une question éthique fondamentale apparaît ici au grand jour, celle du décalage croissant entre le champ grandissant des pratiques diagnostiques et celui des actions thérapeutiques. Alors que la thérapie génique peine à concrétiser ses promesses, les techniques du diagnostic prénatal et du DPI ne cessent de se développer, permettant de ne pas faire naître des enfants dont on a la certitude qu’ils seraient victimes d’affections d’une particulière gravité. »

Le Professeur Jacques Testar, pionnier de la fécondation in vitro en France, nous dit encore : « Si l’argent donné est utilisé dans la mise en place de diagnostics prénatals pour dépister et empêcher un enfant malade de naître, les gens ont le droit de savoir. Ils ont amené des « bébéthons » sur le plateau, c’est-à-dire des enfants en excellente santé, nés de parents qui avaient un fort risque de myopathie. Ils ont expliqué aux téléspectateurs que grâce à leurs dons, ils ont obtenu cette victoire sur la maladie. En réalité, si ces enfants sont sains, c’est qu’on a trié les embryons de leurs parents. Ce n’est pas une victoire sur la maladie, c’est une victoire sur la sélection. Leur « traitement » c’est d’annuler la vie. Les bébéthons masquent leur échec sur le plan thérapeutique. »

Pas forcément plus grave, plus largement mais d’égale importance, l’AFM-Téléthon se positionne en faveur de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. On rappellera que prélever des cellules souches sur des embryons entraîne la destruction de cet embryon, et je ne rappelle en revanche à personne qu’un embryon, c’est un organisme qui se développe et qui se mue, qui est par conséquent vivant. En 20 ans, la recherche internationale sur les cellules souches embryonnaires n’a produit aucun résultat à effet thérapeutique.
On peut comprendre les légitimes aspirations de la science à faire acte de progrès, quitte à passer outre certaines pratiques bien peu dignes d’éloges, mais c’est notre conscience d’homme qui est en jeu. Le progrès scientifique se paye-t-il du prix de notre conscience ? C’est peut-être la question centrale.

On s’évertue à dire l’« embryon », tout court. Or ce sont des êtres humains. Mais de quoi s’agit-il ? D’un embryon de veau, de macaque, d’ornithorynque ? Non, il s’agit d’un embryon humain. […] Aucun scientifique ne peut dire le contraire. Or supprimer un être humain, c’est un homicide. Faire de l’être humain un matériau disponible, c’est le comble de l’exploitation.

Fabrice Hadjadj, philosophe

Vous avez dit « droits de l’homme » ?

Sur un plan corrélant celui susvisé, l’AFM-Téléthon soutient la sélection prénatale, qui correspond en réalité à un nouvel eugénisme qu’on n’aurait pas le droit de remettre en question puisque la science peut tout justifier au nom du seul motif de la recherche.
Ce principe de sélection qui résume toute la pratique s’incarne par la création en laboratoires d’embryons en éprouvettes sur demande de familles porteuses de maladies génétiques : c’est le diagnostic préimplantatoire. A la suite de cette création, on sélectionne l’embryon qui sera implanté dans l’utérus de la mère, et on détruit les autres. On peut aussi sélectionner par le diagnostic prénatal : le médecin dépiste une possible anomalie génétique et peut proposer une interruption médicale de grossesse (protéger la mère et l’enfant en l’empêchant de se développer), ou IMG, conduisant la plupart du temps à l’avortement.
S’attacher à un être humain à qui l’on peut parler, que l’on peut voir, toucher, sentir, ce n’est pas comme s’attacher à défendre un embryon, je vous le concède. Pour autant, cela justifie-t-il de nier jusqu’à sa nature profondément identique à la nôtre ? C’est un combat qui parait bien abstrait pour le XXIe siècle, simplement parce que l’homme du matérialisme ne conçoit pas le dématérialisé, ce qui échappe à ses sens physiques mais qui n’existe pourtant pas moins. A quand la fin de la culture de mort.

Je vous livre le document édité par la Fondation Lejeune, à lire pour bien comprendre les enjeux du Téléthon, et se prémunir de tout don inconsidéré.

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