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R&N Breizh - « Leçon n°3 » - « Feindre l’indifférence » : un projet pour Rennes et toute la France le 5 mai

R&N Breizh - « Leçon n°3 » - « Feindre l’indifférence » : un projet pour Rennes et toute la France le 5 mai.

Dessin de Corsaire

Où en est la liberté d’expression ces jours-ci en France ? Nous le savons tous plus ou moins : si elle existe encore quelque part, elle se porte au plus mal. Les exemples se bousculent au portillon de notre mémoire immédiate : Blocage de la place des Invalides pour empêcher les parisiens de rejoindre les Veilleurs, déploiement ubuesque de légions entières de CRS et gendarmes autour de quelques étudiants propres sur eux venus pour un Camping, un Footing, un Apéro ou un pique-nique pour tous (je n’oublie personne ?), violences policières gratuites, gardes-à-vue abusives, peines hallucinantes (prison et amendes) que n’encourent même plus de nos jours les brûleurs de voitures, dealers et autres agresseurs.

La génération 68 au pouvoir incarne ces jours-ci son fantasme du Régime de Vichy. Comme quoi, chez eux, c’était du refoulé. Très mauvais le refoulé…
Donc, pour vous, pour la liberté d’expression, le R&N Breizh a envoyé un de ses émissaires à Paris pour tenter de trouver une parade à ce qu’il faut bien appeler désormais une dictature socialiste.

Aujourd’hui, pas de photo. Vous comprendrez facilement pourquoi…

Cet émissaire arrive donc à Paris le 30 avril au soir. Tard, presque trop tard. Il rejoint la place de l’Opéra vers Minuit. Les Veilleurs, d’abord réunis près du Louvre, se sont levés et ont rejoint en silence cette belle place pour l’occuper en son centre. Ils sont encore 500 personnes. Ce beau monde, assis sur l’asphalte détrempé, est fermement cerné par la gendarmerie. Plus moyen de les rejoindre.

Minuit trente : la foule se lève. Les gendarmes les laissent partir au compte-goutte, par groupe de vingt, les enjoignant de regagner le métro. Notre émissaire breton, comme d’autres, retrouve des amis sur le trottoir et commence à papoter. Peine perdue ! Le papotage sur trottoir est lui aussi désormais interdit, même quand on a fait 400 bornes pour aller soutenir les copains ! Mais nous ne faiblissons pas car, là, c’est grave ! Personne ne bouge.

L’on décide alors d’aller boire une bière quelque part après ces trois heures passées dans le froid et l’humidité. Un groupe de 25 jeunes au milieu duquel se trouve votre serviteur s’engage sur le Boulevard de la Madeleine. L’un d’entre eux lance un slogan, puis deux, puis trois, puis tous : « Hollande, ta loi, on n’en veut pas ! ». La clameur résonne entre les immeubles haussmanniens. La circulation est nulle, seul le slogan détonne. Les gendarmes accourent, nous suivent sur 50 mètres, puis refluent.
C’est qu’ils nous envoient la police. Et pas qu’un peu. Une colonne interminable de 25 camionnettes de la Police Nationale. Ferment le banc un fourgon de transfert de prisonniers et un long bus de mise en garde à vue. Un carrosse par personne : le grand luxe !

Notre meute se divise alors. Certains décident d’allonger le pas ou de se mettre à courir tout en continuant à s’époumoner. D’autres, comme le R&N’B la jouent viril en ralentissant le pas, l’air de rien, patibulaire, mais presque.

Des policiers en civil surgis de nulle part sillonnent les trottoirs, des voitures banalisées sortent toutes sirènes hurlantes. Pour 25 personnes.

Nous voilà divisés en trois groupes. Celui des coureurs, le plus étoffé, oblique dans une petite rue perpendiculaire. Hurlements dans les bagnoles de flics. Demi-tour direct en plein milieu du Boulevard de la Madeleine. Nous ne pouvons étouffer un fou rire lorsque le bus des GAV tente lui aussi son demi-tour afin de retourner en arrière et partir à la poursuite des ligues factieuses dans les petites rues adjacentes du vieux Paris. Il prend toute la largeur de l’avenue et doit s’y reprendre à 10 fois…

Des policiers en civil interrogent le groupe des marcheurs qui feignent la surprise, l’indifférence, et les envoient sur de fausses pistes avec une volonté de collaboration manifeste, pleine et entière. Le R&N’B ne trahit jamais ses frères, contrairement à d’autres…

Les flics sont désemparés. Les ripoux en civil arrachent leur brassard orange, les jettent à terre et jurent avec Cambronne. Ils ont tous filé ! Et de tous les côtés !

La bande de joyeux drilles se retrouve dans le bar le plus improbable, à 20m d’un des plus gros commissariats de Paris : là au moins ils ne penseront pas à venir nous chercher !

C’est là que tout a commencé : d’un mouvement spontané un concept a germé. Où que nous soyons, réunissons quelques dizaines ou centaines d’amis à l’issue des manifestations. Divisons-nous en petits groupes de 10-20 personnes et sillonnons au petit bonheur les rues de nos capitales régionales ou nationales, en criant haut et fort nos slogans. Pas de signe distinctif, dress-code « passe-partout », pas trop attroupés, prêts dans la seconde à courir ou bien à se taire et à redevenir citoyen ordinaire, au pas de chanoine.

Les actions aux Invalides et autres événements « pour tous » ont montré certaines limites : lieux connus d’avance, encerclement rapide par des forces de l’ordre à 10 contre 1, expulsion dans le métro, voire violences et garde à vue. Au total : une baisse objective de la participation numérique aux initiatives « spontanées » contre la Loi Taubira.

Ici, l’idée est de diviser au maximum les moyens d’intervention de la police afin d’éviter gardes à vue et « bévues » policières. De fait, mardi soir, personne ne fut pincé.

En outre, beaucoup de jeunes attendent plus de « sport ». Nous leur proposons de courir, de crier, de jouer à cache-cache, de faire des grands-jeux taille réelle avec de vrai flics cette fois, ce qui les changera des camps scouts de leur adolescence.

Le R&N’B met au défi la France entière. Dimanche soir, après les manifs, à Paris, à Rennes, à Lyon, en Provence et ailleurs, on fait une pause bière et sandwich, on se met en groupes par 10, 15 ou 20 et on se dispatche dans toutes les rues de nos villes. Le but est de tenir le plus longtemps possible dans la soirée et la nuit. Go !

Si ça fonctionne, et ça fonctionnera, le 26, à Paris, c’est NBPT, Nuit Blanche Pour Tous !

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