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Monseigneur Centène et la détresse des chrétiens d’Orient

10 novembre 2011 Jean Herbottin

Photographie de la marche silencieuse du 19 février dernier, à Vannes

Extrait

Le Rouge & le Noir vous livre un extrait de l’intervention de Monseigneur Centène, évêque de Vannes, le 15 octobre dernier. « Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance », dit-il. L’escalade de la violence contre nos frères chrétiens d’Orient doit en effet être un sujet de préoccupation pour chaque Chrétien.

« Notre société, jadis chrétienne, tend à devenir païenne. Elle perd la notion du sens de l’existence, du sens des actions pour sombrer dans un nihilisme mortifère et désespérant où chacun est invité à se créer son propre but, sa propre fin et donc son propre chemin pour y parvenir. Elle perd la notion de vérité, en se fourvoyant dans un relativisme où toute pensée ne serait qu’opinion, chacune valant bien l’autre puisque le jugement ultime revient à l’esprit créateur de vérité de chacun. « A chacun sa vérité ». Elle perd la notion de sacralité de la vie, et particulièrement de la vie humaine, en prétendant être maîtresse de la vie et de la mort, en prétendant pouvoir décider qui doit vivre, qui doit mourir, et quand. Ces trois notions, celle du sens, celle de la vérité et celle de la vie, sont, aujourd’hui, dans notre monde occidental, les trois points fondamentaux desquels nous devons témoigner, quitte à être marginalisés ou moqués parce que nous ne serions pas dans l’esprit du temps.

Mais si nous sommes dans le monde, et que le Christ est bien mort et ressuscité pour sauver le monde, nous ne sommes pas du monde, au sens où nous ne devons pas chercher à épouser les idées du monde, sous le faux prétexte de l’irénisme, mais en réalité par amour propre mondain, par peur ou par manque de lucidité.

Face aux maîtres du soupçon, face à Nietzsche, face à Sartre, face à Foucault et autres Onfray, face à tous ceux qui essaient de nous faire croire qu’il n’existe aucun sens à rien, que l’absurde est la seule explication du monde, face au désespoir qui s’insinuent chez des générations entières qui n’ont plus de rêve, nous devons sans cesse, à temps et à contretemps, réaffirmer qu’il y a un chemin de bonheur pour l’homme, un chemin qui mène à la vie et que ce chemin de bonheur s’appelle Jésus-Christ. Saint Paul écrivait il y a deux mille ans : « Un temps viendra où l’on ne supportera plus l’enseignement solide ; mais, au gré de leur caprice, les gens iront chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau » (2 Tm 4 ; 3).

Face au relativisme, conséquence de l’idéologie nihiliste de l’absurde, qui voudrait que l’esprit humain soit créateur du réel, que chaque esprit humain soit créateur de son propre réel, faisant sombrer l’homme dans l’individualisme et l’égocentrisme, un individualisme et un égocentrisme mortels puisque par nature l’homme est un être de relation, fait pour aimer Dieu et ses frères, nous devons sans cesse, à temps et à contretemps, réaffirmer qu’il existe une unique vérité, une unique vérité libératrice (cf. Jn 8 ; 32), et que cette vérité s’appelle Jésus-Christ.

Face à la culture de mort qui empoisonne notre société, faisant des êtres les plus faibles, comme l’enfant à naître et le vieillard sans défense, des boucs émissaires de notre propre folie, dont la vie et la mort dépendraient de notre décision, nous devons sans cesse, à temps et à contretemps, réaffirmer la sacralité de la vie car il n’y a qu’un seul auteur et maître de la vie et que cet auteur et maître de la vie s’appelle Jésus-Christ.

Il en va du salut de nos sociétés, il en va du salut du monde, il en va de notre propre salut. Alors, que toute notre vie, nos paroles et nos actes, soient un vivant et joyeux témoignage du Christ. Ainsi, au jour de notre mort, où toute vérité sur nous-mêmes sera amenée en pleine lumière, à la question que le Seigneur me posera : « Qu’as-tu fait du temps que je t’ai donné sur la Terre ? », je pourrai répondre en vérité : « Seigneur, J’ai lutté pour vous être fidèle, pour être votre témoin ».

10 novembre 2011 Jean Herbottin

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