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[MÉMOIRE] La destruction de Saint-Malo, il y a 70 ans

Les commémorations de la libération ont un goût d’inachevé : les bombardements de l’été 1944 sont passés sous silence.

Il y a 70 ans jour pour jour, le 6 août 1944, les premiers obus américains tombaient sur Saint-Malo intra-muros. Les Allemands étaient retranchés sur la Cité d’Aleth (Saint-Servan) et occupaient de puissantes positions sur l’île de Cézembre, à deux milles de là ; Ils y furent arrosés de napalm - une première - par l’aviation américaine.
Dans la nuit du 6 août, un destroyer de la Kriegsmarine allemande abattit la flèche de la cathédrale Saint-Vincent. La flèche, écrasant dans sa chute la Chapelle du Sacré-Coeur, ne sera restaurée qu’en 1972.
Avant les bombardements de 1944 :
Après les bombardements de 1944 :
Evacuée par le commandant allemand von Aulock, la cité malouine subit le 14 août les bombardements de pas moins de 150 bombardiers américains.
La vieille ville fut détruite à 80%.

Dans son récit de voyage En canot sur les chemins d’eau du roi, Jean Raspail rapporte le propos d’un abbé canadien ayant visité Saint-Malo lors de l’immédiat après guerre : « Détruite à quatre-vint pour cent et sans le moindre bénéfice stratégique par les bombardements américains au début d’août 44, seuls ses remparts avaient tenu. Sa reconstruction avançait vite, mais l’ampleur du désastre restait visible. L’abbé en était indigné. [...]
Ce qu’ils ont fait là, les Américains, me dit-il, c’est tout crûment d’assassiner leur mère. Quatre jours de suite ils se sont acharnés, ils ont méthodiquement élargi leurs plaies, pour qu’elle soit bien morte. Il ne leur est pas venu à l’idée que cette cité de dix mille âmes, qui a enfanté l’Amérique, serait en droit de revendiquer tout ce qu’ont produit ces milliards d’acres qu’elle a conquis et donnés au monde.
 »

La ville fut reconstruite ; contrairement à d’autres grands ports de la façade atlantique, Saint-Malo ne fut pas bétonnée. Sous le mandat du maire Guy La Chambre, grâce aux architectes Raymond Cornon et Louis Arretche, la vieille cité fut restaurée selon un plan fidèle à l’esprit d’origine ; l’urbanisme fut cependant rendu plus commode (voies élargies, construction par îlots fermés). Le 26 janvier 1947, la première pierre de la reconstruction fut posée, rue des Moulins-Collin. En 1972, la flèche de 72 mètres de haut surplombait enfin la ville, couronnant sa silhouette de pierre. La cité corsaire renaissait de ses cendres.

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