L’infolettre du R&N revient bientôt dans vos électroboîtes.

[GAV] Victimes de la répression médiatique

Anthony, jeune étudiant de 19 ans, nous livre le récit de sa soirée aux invalides dimanche dernier, après la Manif pour tous, et raconte sa garde-à-vue. Il fustige notamment la désinformation à laquelle se livrent les grands média.

J’ai été arrêté aux Invalides avec 189 autres personnes, Voilà ce qu’il s’est vraiment passé.

Les forces de l’ordre faisaient leur travail ; les média, seulement de la désinformation. Les 189, eux, sont les victimes de ce matraquage médiatique.

On en est là, Dimanche 23 Mai 2013, Vers 22h45. Ambiance tendue aux invalides, prêt de la rue de l’Université. Des casseurs isolés ne sont pas loin, cherchent les CRS, et quelques centaines de personnes chantent la Marseillaise autour d’un feu de camp. Ambiance Scout en somme, rien de méchant, aucune dégradation, aucune voiture cassée, juste 4 500 CRS nous encerclant en attendant de nous charger, pour nous disperser une bonne fois pour toute. Voilà le décors dans lequel s’installe les péripéties qui vont suivre pour 189 futurs interpelés. 

189 personnes. Des casseurs ? Surement. Des membres du groupuscule d’extrême droite le « GUD » ? Surement. Combien ? Moins de 10 assure un policier plus tard. Les reste ? 180 jeunes étudiants, des mineurs, mais aussi des prêtres ou des personnes d’une cinquantaine d’année. Alors comment en est on arrivé là ? C’est le travail CRS en plus du travail des casseurs. Voici l’histoire.

Arrivé, dans ces eaux là avec une amie je découvre tout ce décor, pas très hostile mais menaçant. Je remarque assez vite une première charge des CRS faisant partir une bonne moitié des personnes. Très vite les CRS nous encerclent nous laissant de moins en moins d’espace, nous poussant tous à se diriger vers la rue de l’Université en direction de la Motte Piquet. Pas si simple lorsque que l’on voit qu’un filet de CRS bloque déjà cette rue nous laissant un passage pour deux personnes. Je me dirige donc avec mon amie vers cette sortie, remarquant malheureusement un attroupement sur ma gauche refusant de partir, chauffant les CRS, j’ai même remarqué des bouteilles fusant quelques fois, ainsi que des fusées de détresse. Déplorable à mon sens, mais sans gravité. Mon amie passe le cordon de CRS, et au moment ou je passe, des cris et des explosions de gaz aérosols éclatent rue de l’Université, derrière le cordon. J’entends un « ON BLOQUE TOUT », moi qui était en train de passer, je me fais jeter et je me retrouve bloqué dans le cercle. Voyant toujours l’attroupement sur ma gauche, je me mets à l’écart, prêt des arbres. J’appelle mon amie lui disant de s’écarter le plus possible lorsque que je reçois des coups de matraque dans les jambes et sur mon Iphone le fissurant. J’essaie de comprendre ce qui se passe et voit les policiers en civil nous chargeant, matraquant tout ce qui bouge, nous forçant à courir vers rue de L’Université. Bloqués par les CRS, ils nous bloquent à gauche de l’entrée nous ordonnant de nous mettre à genoux, ou nous mettant à genoux lorsqu’on était pas assez rapide, nous ordonnant de mettre nos mains en l’air au risque de se faire matraquer encore. Une fois la situation contrôlée les CRS nous encerclant derrière eux, ils rangent leur matraque de manière assez théâtrale ( un genoux a terre tapant leur matraque à terre pour la plier, tous ça de façon synchronisée) puis s’en vont nous laissant encerclé par les CRS. Je remarque plein de journalistes prenant photo et vidéo de ce qu’il se passe. 
J’apprendrai plus tard que d’autres personnes s’étaient déjà mises de côté sous conseil des CRS, s’ils voulaient quitter le cordon tranquillement après. Bref une centaine de personne se retrouvent bloqués là sans pouvoir partir, rejoint par un autre groupe peu après qui, je suppose, ont subit la même chose un peu plus loin. Il est alors 23h15. Nous somme interpelés. Les CRS nous disent qu’ils nous laisseront partir un peu plus tard, mais finalement on est tous embarqués. Personne y croit jusqu’à ce que des bus de Police et des fourgons débarquent et nous prennent tous un par un pour nous emmener.
On se retrouvera alors tous, Dans le XVIII° arrondissement rue de l’Evangile dans un commissariat dehors en attendant ce qui allait se passer. Parmi les personnes présentes, j’ai pu apercevoir des étudiants, deux adolescents de 15 ans, quelques mineurs, une dame de 50 ans, une personne munie d’une canne, et un groupes de veilleurs munis d’une guitare chantant des chansons religieuses ou des classiques venant d’artistes comme Hugues Aufray. Des murmures qui sont finalement confirmés par les policiers nous disent qu’on est tous mis en garde à vue. Personne n’y croit trop, on est trop nombreux. Je passe finalement devant un policier me stipulant que je suis en Garde à Vue comme tous les autres, même s’il ne cautionne pas, obligé de suivre les ordres. Le commissariat étant trop petit, la salle d’attente aussi, on doit donc être dispatchés dans tous les commissariats de Paris et des alentours pour nos gardes à vue. En attendant, on est tous dans les couloirs, très bonne ambiance, tout le monde rigole, les CRS et les policiers sont à côté de nous, rigolent aussi, sont totalement scandalisés par ce qui nous arrivent nous donnent à boire, parle de tout et de rien, mais surtout à quel point Taubira est une C.... ou une S.... et qu’ils sont comme nous, ont un problème avec « en haut » c’est à dire l’Etat Major et plus particulièrement Manuel Valls, le ministre de l’intérieur. On se retrouve tous à aider les policiers à faire le travail, on sert de messager car personne ne peut plus bouger dans les couloirs. Finalement après quelques couacs, on commence à être emmené dans différents commissariats. J’ai eu de la chance je suis parti dans celui du XVII°, l’arrondissement où j’habite.

Etant en Garde à Vue, fouille, plus de ceinture, plus de lacets, mais surtout menottes pour être transporté en fourgon, dans un espèce de casier pas plus grand que les casiers de classes. On arrive dans le commissariat, le 4 étoiles des commissariats apparemment, je ne sais pas je ne suis pas un habitué. On arrive, les policiers n’en reviennent pas de voir des gens aussi polis (on sera 8 en tout à être emmené ici), et gentiment, nous emmènent dans la cage la plus grande, nous ayant disposé des matelas, mais surtout s’excusant d’avoir à faire ça. Le reste de la nuit dans la cage n’était pas des plus agréables, mais l’ambiance était chaleureuse entre policiers et nous. Et « Jamel » dans une autre cellule nous a bien fait rire et a mis beaucoup d’ambiance en tapant contre la cage toute la nuit sans s’arrêter.

8 heures et demi, petit déjeuner, enfin, « petit » petit déjeuner. Un policiers vient nous voir nous disant qu’ils vont prendre nos empruntes écouter notre déposition pour nous laisser partir vers 13-14 heures. Lorsque vient mon tour, le policier prenant ma déposition est de plus en plus choqué par les raisons de mon interpellation et de la manière dont les policiers en civil nous ont appréhendé. Enfin il m’a demandé si j’était heureux d’être considéré par les Médias comme membre de groupuscule de l’extrême droite, casseur et « cogneur de flic ». Ceci ne m’a pas tant surpris. Puis d’autres policiers sont venus m’ont tenu comme discours : « lorsque vous êtes 296 à avoir été mis en garde à vue alors que lors des évènements du Trocadéro il n’y a eu qu’une trentaine d’interpellations et 6 garde à vue seulement, il n’y a plus rien à dire. Tu comprends maintenant la portée du système, à quel point il est pourri. »
Enfin commençant à prendre la défense des policiers en civil, un me rétorque : « Ce n’est pas une raison, il doit y avoir deux poids deux mesures, vous n’êtes pas des casseurs, vous ne brulez aucune voiture, vous êtes juste la victime d’une volonté politique »

Retour en cage il est presque midi, on a hâte de rentrer chez soi, un doit repartir à son stage d’avocat, je dois retourner en cours, jusqu’à ce qu’un policier vienne nous voir et nous dise que le procureur a décidé d’examiner toutes les dépositions en même temps. Par conséquent on risque fortement de ne pas pouvoir partir avant 16 heures. 16 heures passe, rien, toujours rien, les policiers ne savent pas ce qu’il en est, un finit par nous dire que « je ne sais pas qui » attend le feu vert du magistrat pour nous libérer. On commence tous à en avoir marre. 24 heures c’est quand même long et on s’y rapproche fortement. Certains policiers commencent à nous dire qu’il est probable qu’on passe en Garde à Vue prolongée... Heureusement qu’on nous avait dit qu’un avocat n’était pas nécessaire qu’on serait vite parti. On peut prévenir personne. Mais surtout, on voit des ports d’armes illégaux, des consommateurs de cocaïne, étant arrivés après nous, partir avant nous. Le pire, c’est que Jamel commence sérieusement à nous taper sur les nerfs avec son tambour improvisé.

22H30, On est enfin relâchés. Avec « un rappel à la loi », c’est-à-dire rien du tout. 23 heures de garde à vue pour rien... génial.

On sort, les policiers nous regardent nous disant « on est désolé » on finit par tous sortir dehors, là deux policiers sont avec nous. Ils s’excusent platement, nous disent qu’ils ont honte en ce moment de porter l’uniforme. Honte de la différence de traitement entre nous et les interpelés du Trocadéro. « Il faut surtout qu’on continue », disent-ils. Enfin ils ajoutent que c’est de pire en pire et qu’un moment ou un autre ça va péter. Le système est trop pourri il ne peut plus continuer.

Voici ce qui a suivi après les incidents des Invalides, pour une bonne moitié de personnes interpelées ce jour là. Lorsque je suis revenu à la maison, je regarde sur internet les nouvelles. C’est vrai ce que les policiers m’ont dit, nous sommes des groupuscules d’extrême droite.
Les vidéo de débordements ? Que des casseurs isolés. Les incidents aux Invalides vers 23 heures. Aucune image. Nada.
Alors qu’ils étaient là, alors qu’ils nous on bien vu, bien pris, en vidéo , à genoux, les mains en l’air. Je suppose qu’ils étaient là quand les policiers en civil nous ont chargé.

Rien, on reste un groupuscule d’extrême droite et il ne faut surtout pas montrer des vidéos pouvant dire le contraire. Et après on dit que les médias nous apportent l’information ? Plutôt la désinformation. Oui 300 interpelés, mais ils ne disent pas que les 9/10 ont été libérés avec juste un rappel à la loi. Par conséquent on passe pour des casseurs, plus dangereux que ceux du Trocadéro, car on a été plus nombreux à être interpelés. Surtout ils ne relèvent pas les problème de mauvaises gestions de la part des Policiers qui ont reçu l’ordre d’en haut, ils ne relèvent pas que que les policiers en civil ont agit avec nous comme s’il agissaient des casseurs contre qui ils ont habituellement affaire. Ils ne remettent pas en question les décisions que le gouvernement a fait ce dimanche contre nous. Il est clair qu’il a voulu faire un exemple en nous arrêtant ,en voulant casser ce mouvement une bonne fois pour toute. A tort ou à raison.

Le problème ici sont les Médias, pas les forces de l’ordre, ils font leur travail, ils font ce pour quoi ils ont été entrainé, le gouvernement fait ce qu’il semble bon, on aime ou on aime pas. Mais les Medias sont là pour dénoncer les abus, montrer que ca va trop loin. A se demander quel est le rôle des média si ce n’est pratiquer la désinformation et mettre en avant un politiquement correct tenu par une minorité voulant à tout prix écraser une partie de la France, une majorité silencieuse. Un jour tout cela pètera et ce sera de leur faute. Je terminerai par ce qu’un des policiers m’a dit : « Ce dont on avait le plus peur lors des manifs pour tous, c’est que l’autre partie Française arrive et entre en confrontation avec la manif pour tous. Ca aurait montré à quel point la France est divisée en deux et ça aurait surtout déclenché une belle révolution civile. » Ainsi, Quand est ce que cela explosera ?

Anthony, 19 ans, étudiant.

Prolongez la discussion

Le R&N a besoin de vous !
ContribuerFaire un don

Le R&N

Le Rouge & le Noir est un site internet d’information, de réflexion et d’analyse. Son identité est fondamentalement catholique. Il n’est point la voix officielle de l’Église, ni même un représentant de l’Église ou de son clergé. Les auteurs n’engagent que leur propre conscience. En revanche, cette gazette-en-ligne se veut dans l’Église. Son universalité ne se dément point car elle admet en son sein les diverses « tendances » qui sont en communion avec l’évêque de Rome : depuis les modérés de La Croix jusqu’aux traditionalistes intransigeants.

© 2011-2022 Le Rouge & le Noir v. 3.0, tous droits réservés.
Plan du siteContactRSS 2.0