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[ÉDITORIAL] Du travail et du capital

Le travail et le capital comptent sans doute parmi les plus grandes obsessions de notre temps. Tout petit déjà, l’enfant est sollicité pour savoir quel métier il souhaite
exercer plus tard. Les parents lui mettent rapidement dans la tête que le plus important est qu’il ait un emploi bien rémunéré. Le travail pour se forger un capital. Qui respecte-t-on de nos jours ? L’homme religieux, l’intellectuel ou l’artiste ? Ou celui qui possède une belle situation et celui qui a patrimoine consistant ? Quelles sont les valeurs charriées par la société ? L’honneur, la force et la spiritualité ou l’appât du gain et la consommation ? Lorsque les gens ne se connaissent pas, la première chose qu’ils souhaitent savoir à propos de leur interlocuteur est le travail qu’il fait. Avoir un travail, et si possible un travail gratifiant, devient quasiment de nos jours une vertu, là où dans les temps anciens le travail était méprisé. Ne pas occuper un emploi relève aujourd’hui de l’infamie en témoigne notamment le mépris pour le statut de chômeur ou pour la mère au foyer.

La société valorise plus le travail, et bien sûr le capital, que la famille. La population passe plus de temps chez son employeur qu’en famille. La femme fait tout pour travailler et préfère que quelqu’un s’occupe de ses enfants à sa place. L’ordre marchand tend naturellement à tout absorber sur son passage. La théorie socialiste a souvent opposé le travail et le capital. Cette opposition, juste à plusieurs titres et notamment si on constate que le capital ne cesse par le jeu de la rentabilité avide de rogner sur les droits sociaux des travailleurs, ne doit pas masquer le fait que ces deux notions sont intrinsèquement liées. Il ne peut y avoir de capital sans travail. Plus le capitalisme se développe, plus les capitaux sont mobiles, plus le travail autre que vivrier, devient le lot commun de toute la population et même des enfants. Il suffit en effet de remarquer qu’au Moyen-Âge où le Capital était à un stade encore très immobile et se résumait essentiellement à de la propriété foncière, le travail était très majoritairement agricole et à la marge artisanal.

Les catholiques se sont parfois laissé happer soit par la névrose du travail au point d’avoir négligé leur famille ou par la drogue du profit au point d’avoir négligé le bien commun. Il est impératif qu’ils se saisissent de la question du capital et du travail afin d’y apporter la réponse la plus chrétienne possible. Ils peuvent être aidés de l’utile enseignement des papes en la matière qu’on classe sous le nom de Doctrine sociale de l’Église. Le Rouge et le Noir, pour ce dossier inaugurant la nouvelle année qu’il vous souhaite belle et sainte, propose quelques pistes pour éclairer ce sujet qui peut sembler obscur à certains.

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