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[DÉFENSE] Tensions croissantes dans l’Armée

Après les récents avertissements du chef d’état-major des Armées, le Général Pierre de Villiers, qui déclarait notamment : « Il n’y a plus de gras dans nos armées, on attaque le muscle. C’est mon devoir de vous le dire. [...] J’invite tous ceux qui ne sont pas convaincus à aller voir les conditions de travail et de vie de nos soldats. », c’est aujourd’hui au tour du Général Antoine Martinez, Président de l’association des officiers de réserve, de tirer la sonnette d’alarme dans un entretien accordé à l’hebdomadaire les 4 Vérités.

Ainsi, le Général Martinez déclare que : « Nos forces armées n’en peuvent plus, depuis, qu’avec la fin de la guerre froide, nos responsables politiques, manquant de vision à long terme, ont considéré qu’il était temps d’engranger les dividendes de la paix, démontrant ainsi qu’ils n’avaient rien compris à la conduite des affaires dans un monde régi par les rapports de force. Si vis pacem, para bellum. »

Il rappelle également que « les menaces n’ont pas disparu, bien au contraire. Et, paradoxalement, nos forces armées n’ont, depuis 25 ans, jamais été aussi lourdement engagées à l’extérieur. Pourtant, elles sont confrontées à une baisse drastique et continue de leurs budgets. Et cette baisse affaiblit dangereusement notre outil militaire et met en péril la sécurité de la France. C’est ainsi que, depuis 25 ans, l’armée de terre a perdu plus des deux tiers de ses effectifs, l’armée de l’air plus de la moitié de ses avions et la marine opère avec un porte-avions indisponible au moins dix-huit mois tous les sept ans. »

Déplorant la diminution des effectifs de l’ordre de 80 000 hommes depuis 10 ans, le Général Martinez dénonce « le manque de culture militaire de nos élites politiques » qui se réfugient dans un « déni de réalité » en annonçant que « les nouvelles déflations d’effectifs n’entraîneraient pas une diminution de nos capacités ».

Sur le plan budgétaire, le général met également les points sur les i : « Nos forces armées n’en peuvent plus de s’entendre dire que la Défense doit participer à l’effort budgétaire actuel. Faut-il rappeler que la part du PIB consacrée à la Défense est passée, en 30 ans, de 3 % à moins de 1,5 % ? En revanche, des milliards sont gaspillés, chaque année, par exemple pour couvrir des dépenses de toutes sortes causées par une immigration extra-européenne incontrôlée ou par l’Éducation nationale incapable de remplir sa mission. »

Et de terminer en ajoutant que désormais dans la Grande muette « les langues se délient » et « qu’il se pourrait, si les chefs militaires, soucieux de l’intérêt général, refusent de nouvelles restrictions » que le « scénario idyllique » de gouvernements sereins quant à la gouvernance des Armées « ne soit plus d’actualité. »

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