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[CRISTEROS] La presse contre le réel, et les libéraux contre les Cristeros

Cristeros. Un film qui donne enfin envie d’aller au cinéma, ce que beaucoup de gens avertis ont déjà fait aujourd’hui. Les éloges ne tarissent pas sur la toile, et traduisent une aspiration montante insaisissable : lutter contre la conduite criminelle de gouvernements qui ôtent aux hommes le choix de configurer leur vie à leur foi plutôt qu’à un corps de hauts fonctionnaires, à un pouvoir temporel, élus de fausses démocraties, qui méprisent et qui tuent.

Si aller voir Cristeros est une obligation naturelle pour tous les honnêtes gens, le monde de la presse ne l’entend pas de cette oreille et lance sa fatwa sur un film jugé idéologique, ponctué d’arrangements historiques, ne correspondant pas aux vertus évangéliques, bref comprenez « trop gentil avec les chrétiens, pas assez conciliant avec les marxistes ». Outre le Monde et Télérama, la critique la plus surprenante (ou pas) nous vient de La Croix.
Claire Lesegretain y écrit : « Mais forçant le trait sur la brutalité des soldats de l’armée fédérale, ce film oublie l’interdit évangélique de toute forme de violence, y compris pour défendre le Christ. De ce fait, ce Cristeros tient davantage du western que du film d’inspiration chrétienne. »

Rappelons à cette dame, qui a visiblement oublié son instruction religieuse, de quoi il retourne dans le Catéchisme de l’Église catholique, § 2243 :

« La résistance à l’oppression du pouvoir politique ne recourra pas légitimement aux armes, sauf si se trouvent réunis les conditions suivantes : (1) en cas de violations certaines, graves et prolongées des droits fondamentaux ; (2) après avoir épuisé tous les autres recours ; (3) sans provoquer des désordres pires ; (4) qu’il y ait un espoir fondé de réussite ; (5) s’il est impossible de prévoir raisonnablement des solutions meilleures. »

Bref, rien à faire, la notation du film sur Allociné est particulièrement révélatrice d’une heureuse fracture entre deux mondes.

Si le film pèche, c’est sur le comment d’une application de lois répressives à souhait par les socialistes alors que les constitutions antérieures avaient été promulguées par des libéraux comme ceux de Benito Juárez en 1857. C’est 60 ans plus tard que la réponse se fait connaître : le président libéral Venustiano Carranza ira plus loin que son prédécesseur en promulguant une nouvelle constitution en 1917. L’article 3 impose la sécularisation de l’enseignement ; l’article 5 interdit les ordres monastiques. L’article 24 interdit l’exercice du culte en dehors des églises, l’article 27 restreint le droit à la propriété des organisations religieuses. Enfin, l’article 130 porte atteinte aux droits civiques des membres du clergé : les prêtres n’ont pas le droit de porter leurs habits religieux, perdent le droit de vote, et se voient interdire tout commentaire sur les affaires publiques dans les organes de presse.

En 1924, le socialiste Plutarco Elías Calles est élu et applique simplement toutes les dispositions prévues par cette constitution de 1917 qui a détruit l’ordre chrétien au Mexique. La seule (petite) critique que l’on puisse faire du film (et encore faut-il être un râleur de ma trempe), c’est ce rôle oublié du libéralisme dans l’avènement du régime de Calles.

Mais globalement, un plaisir des yeux : dans l’esthétique du combat, dans l’exaltation d’un peuple brisant ses chaînes, dans l’annonce du recouvrement du Règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans la présence de jolies femmes que l’on n’aurait jamais crues soutenir si juste cause cinématographique, et par-dessus tout dans l’espoir qu’il suscite en nous.

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