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[COLONNES INFERNALES] Revue de presse du vendredi 15 XI 2013

Chers amis,

Voici votre revue de presse du jour dans les colonnes infernales. N’oubliez pas d’écouter les bulletins de réinformation de Radio Courtoisie.

1. Pour Taubira singée, une très bonne opération, entre déconnexion & récupération

L’Aberration n’en finit plus de servir la soupe jusqu’à plus-faim à Mme le ministre dit « de la Justice ». Avec sa dernière et courageuse prise de position, Christiane Taubira ne manque pas d’associer à son martyre ce qui, selon elle et selon la gauche, fait « la figure de la France » : les voix « d’intellectuels, d’artistes, de politiques », dès lors qu’elles sont « républicaines ». Voici toute la France phantasmée du PS, incapable de sortir de sa citadelle parisienne boboïsante ; le pays réel saura s’en souvenir.

Si la déconnexion de la gauche et de ses organes de presse d’avec la réalité ne surprend plus grand-monde, il est en revanche intéressant de noter comment l’affaire, montée en épingle, de la une de Minute fait le lit d’une récupération très calculée. Contaminé par plus de trente ans d’idéologie mortifère antiraciste, tout le champ politique s’est ému de concert, y compris le Front national. Et Mme Taubira, qui n’est une guenon de l’avis de personne et qui, tout en jubilant, se garde bien d’avoir la banane, de conclure : « C’est ce que j’attendais. » Satisfaite.

2. Antifiscalisme : à l’État de récompenser les bonnes consciences !

C’est à nouveau l’Aberration qui nous gratifie, dans sa tradition hagiographique d’encensement des saints laïques de la république, d’un portrait du citoyen-conscient dans son parcours du combattant face à l’administration fiscale. Son combat, justement ? Payer plus à l’État en lui faisant un don.

Ainsi apprend-on avec force détails que M. Urban, juriste-dégarni de son état, militant socialiste de 46 ans, agrémente sa vie palpitante en s’essayant à la générosité publique. Non bien sûr sans rameuter les caméras : que ça se sache, ce monsieur a une conscience, et la « portée expiatoire » de son geste ne doit être ignorée de personne. Où l’on voit au passage le passif jamais pensé, jamais évacué de la gauche avec l’argent...

En face, côté État, la situation tient du tragi-comique : entre règles de comptabilité publique, tourisme inter-administratif et déduction d’impôt, nul ne sait exactement ce qu’il adviendra du chèque de 500 € déposé par notre bienfaiteur. Nous y penserons au moment de payer notre impôt sur le revenu l’an prochain.

3. Facilité et vacuité sont les deux mamelles de la sociologie

Les profanes se sont longtemps demandé comment appréhender la sociologie, brillante discipline universitaire dont s’enorgueillit la France positiviste. Une tribune de Jean Viard, sociologue au CEVIPOF et payé par leurs impôts, devrait les y aider. Toute la formule magique des grands essais sociologiques s’y retrouve : des abîmes de facilité intellectuelle comblés par des monceaux de vacuité verbeuse.

La très originale analyse de M. Viard se résume ainsi à repérer de façon intelligente que l’agitation sociale des bonnets rouges rappelle... « les années 30 ». Savante allusion distillée par le détournement du bonnet, qui devient « brun » à des fins de parallélisme stylistique. On applaudit et on en redemande.

À son insu, pourtant, l’auteur se trahit par un sursaut de lucidité. « Certains jours, je me demande si tout le monde n’a pas décidé de travailler au noir pour le FN ! » L’UMPS ne s’y serait pas mieux pris en effet.

4. Lexicologie : quand la dégradation de l’espace public devient l’art de la rue

Les détournements de vocabulaire et les inversions sémantiques ne datent pas d’hier. Valoriser ce qui n’a pas de valeur, dégrader symboliquement ce qui déplaît, tels sont les ressorts de la lexicologie mise au service des totalitarismes en tous genres, et déjà repérée par Georges Orwell dans 1984.

Si nous n’y prenons pas garde, ce petit jeu tend bien vite à envahir notre espace quotidien. Il en va ainsi des graffitis sur les murs de nos villes, mais aussi au plan symbolique de notre espace intellectuel. Et cela donne une longue suite d’âneries chez Caniveau89. Prenons-y garde : comme le disent si bien nos adversaires, à force de banaliser les choses inacceptables dans le discours, ces choses finissent par devenir acceptables en elles-mêmes. D’actes de délinquance et de dégradation faire des actes artistiques de transgression, c’est tout l’objet de cet article qui tient pour acquis un usage hors-la-loi, et c’est légitimer les agressions visuelles commises par les petits voyous « en mal d’expression et de reconnaissance ».

Gratte-papier de Caniveau89, nous vous le disons : personne ne se dérangera le jour où la façade de votre maison sera devenue une « toile urbaine », le dernier lieu d’exposition à la mode « d’art de la rue ».

5. Alliance des partis patriotes en Europe : le point Godwin a été atteint

Vous l’attendiez, l’Aberration l’a fait. Le point Godwin est atteint par Blaise Gauquelin qui nous raconte les alliances européennes de la droite-extrême-fasciste-islamophobe-europhobe (appelons la « DEFIE », le mot risque de revenir souvent dans les médias). Le raccourci concerne les députés du FPÖ en Autriche, à qui ce journaliste de comptoir reproche de porter... un bleuet à leur boutonnière. La raison ? Les pangermanistes pro-nationaux-socialistes autrichiens l’auraient aussi porté dans les années 1930. Un bleuet... Percutant n’est-ce pas ?

Sur le même ton, Bousier international nous propose sa une sans concession qui nous rappelle la peur de la peste brune (qui n’ai jamais arrivée en France, sauf par l’invasion allemande à laquelle les pacifistes nous avaient si bien préparés). Le fond des articles abordant la question est tout aussi grotesque et tente de diviser à nouveau les partis patriotes d’Europe, avec comme seul argument, le FN serait antisémite.

Vous comprenez pourquoi la presse écrite établie décline.

6. Les bobos découvrent les tâches ménagères et les confections artisanales

Longtemps décrié comme une activité de cul-terreux ou de vieilles familles traditionnelles dans lesquelles on avait ses petites habitudes, le travail artisanal de confections, de couture ou de bricolage revient dans la société sous le nom de « loisirs créatifs » ou encore de « do it yourself ». La belle société libérale et de consommation à laquelle nous ont menés les défenseurs du progrès au XIXe siècle, découvre les tâches ménagères essentielles à chaque foyer. L’Immonde est en tout émoustillé.

Je vous rassure, les bobos ne comptent pas gagner leur vie avec cela et ne se sentiront pas obligés de faire dans le local et le traditionnel. Vous remarquerez aussi qu’il ne s’agit pas d’un moyen de faire des économies mais bien de « se sentir vivant ». La vie de ces esclaves du monde moderne, du tout-fait et tout-préparé, citadine, urbaine, grise et superficielle, les lasse. L’article en question émane bien d’un petit monde qui tourne sur lui-même, un milieu parisien et de bobos des autres grandes villes, ridicule et narcissique.

Le Rouge et le Noir veille,

Florimond & Louis Jaeger

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