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[COLONNES INFERNALES] du mercredi 26 III 2014

Chers lecteurs,

Voici votre billet de réinformation du 26 mars 2014. N’oubliez pas d’écouter les bulletins quotidiens de Radio Courtoisie.

1. Municipales, 1/2 : la grande déprime républicaine

Comme c’est une spécialité de Caniveau 89, il fallait s’y attendre, et c’est chose faite : la contribution larmoyante d’un citoyen républicain qui s’angoisse à l’idée de voir le FN l’emporter dans sa ville vient d’arriver. Il s’agit ici d’une jeune enseignante à qui l’idée que Robert Ménard, soutenu par Debout la République, le Mouvement pour la France, le Rassemblement pour la France et le Front national, et largement en tête au premier tour avec près de 45 % des suffrages, puisse être élu à Béziers donne des sueurs froides.

Qui cherche les raisons pour lesquelles de telles émotions saisissent la demoiselle n’en trouvera guère : celle-ci critique tout d’abord la gestion de la majorité sortante de droite, certainement à raison ; mais quant à Ménard, pas un argument rationnel : seulement la peur de voir Béziers devenir « brune et sombre » pour six ans.

Ne soyons pas de mauvaise foi : participant à la campagne socialiste, notre citoyenne en danger n’a-t-elle pas eu toutes les occasions de forger ses convictions en faveur des propositions de gauche, « humaines et généreuses », comme elle dit, autour de pic-nics et de concerts ? Dommage pour elle que la population de Béziers, qui paie son eau courante à un prix exhorbitant, n’ait pas rationnellement les moyens de s’intéresser à ces frivoleries d’humaniste niaises.

Cette charmante aventure humaine se clôt sur deux vastes blagues : enseignante qu’elle est, notre héroïne envisage de devoir se forcer à être neutre face à ses élèves. Il est certain que, 45 % des votants ayant choisi Ménard, il vaudra mieux éviter de démontrer doctement à leurs enfants qu’ils sont fascistes et haineux. Mais puisque cela ne suffit pas, la Boddicea de Béziers invoque Jean Moulin, rien que ça : résister à la volonté des électeurs, tout un programme !

2. Municipales, 2/2 : en cuisine, les affaires

Pour continuer dans le registre électoral, l’Aberration nous offre une plongée peu reluisante dans les arrières-cuisines républicaines à l’heure des « fronts républicains ». Avec une question simple, — faut-il se maintenir ou non face au FN quand on est de gauche ?

Ici apparaît toute la contradiction d’un système qui se fonde sur le mensonge et l’illusion. En substance, la démocratie implique que ce soit la majorité qui décide. Or, la majorité peut décider de se tourner vers l’extrême-droite. C’est donc par souci de démocratie qu’il faut empêcher la majorité d’élire son candidat.

On voit distinctement comment un tel sophisme permet d’aboutir à tout et n’importe quoi : en l’espèce, des désistements ici et là, et des maintiens ailleurs selon le bon-vouloir des candidats. Il est désormais clair qu’un système politique mal fondé (pour le cas présent, démocrate) ne peut donner que ce genre de résultats éminemment subjectifs. D’aucuns diront même arbitraires...

3. L’Aberration, la gauche & le peuple

C’est un glapissement de plus que l’Aberration pousse pour sa propre survie ; « Non, Libé n’est pas un quotidien de vieux », explique le journal.

Et de le prouver en interrogeant... un jeune étudiant de Sciences Po Paris et une étudiante en journalisme. Quotidien de vieux, non, quotidien élitiste de bobos parisiens, l’organe de presse du PS ne s’en cache même pas. Et d’emblée, c’est cette sociologie bourgeoise superficielle qui saute aux yeux : « Je me souviens du premier numéro que j’ai reçu chez moi, c’était pour la mort de Steve Jobs. Les unes nécros, c’est vraiment bien ! »

On peut toutefois légitimement se poser la question : ces gens-là sont-ils réellement jeunes ? Rien n’est moins sûr, quand on voit à quel point leurs raisonnements sont datés, ancrés dans l’idéologie moribonde de Mai-68, à quel point, même âgés de 17 ou 24 ans, ils trouvent « que ce n’est plus un journal d’opinion comme avant », et concèdent qu’en fait, « peut-être que j’aime Libé par nostalgie d’un temps passé que je n’ai pas connu ». Ne serions-nous pas les seuls à regretter le passé au motif que c’était mieux avant ? Chacun son âge d’or, certes ; mais par-dessus tout, nous sommes les seuls à le faire avec l’âme et le cœur authentiquement jeunes, c’est-à-dire détachés du matérialisme libertaire qui règne en maître sur les colonnes infernales de la presse conventionnelle d’aujourd’hui.

4. Monarchie espagnole : la poutre dans l’œil de l’Inanité

Horreur, malheur, l’Inanité nous livre sa minute de pseudo-analyse politico-économique.

L’Espagne se meurt, ruinée et sans avenir pour une jeunesse « surqualifiée ». La faute à l’alliance sacro-sainte de l’Union Européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI. La « démocratie », terme fourre-tout qui finalement sous l’égide française ne veut plus dire grand’chose, se retrouve mise de côté, bafouée, niée. L’UMPS espagnole — le « PPSOE », contraction du PP de Partido popular et du PSOE de Partido socialista obrero español — vit la fin de tout un monde, entaché par des institutions apparemment antidémocratiques.

Au cœur du problème, encore et toujours la monarchie, ce système de gouvernement profondément injuste et inapproprié comparé à la grande et belle République que le monde entier envie à la France... Comme les révolutionnaires de 1789, ces hommes acerbes ayant détruit littéralement plus de mille ans d’histoire au seul motif d’une reconnaissance de leur misérable existence, l’Espagne voudrait donc mettre un terme à la monarchie ?

L’Inanité semble convaincue : « Les drapeaux de la République, partout présents dans les cortèges, en disent long aussi sur le désir de mettre un terme à une monarchie anachronique et elle aussi corrompue. » Bien évidemment le problème est toujours à chercher au même endroit. Et ces fameuses « marches de la dignité » de s’ancrer parfaitement dans la ligne de mire d’un torchon comme l’Inanité qui porte finalement bien mal son nom.

L’avantage des républicains français socialo-francs-maçons est que peu importe la situation réelle dans leur propre pays, il s’intéressent toujours davantage à la situation de leurs voisins, et qu’ils le font au renfort d’un populisme qu’ils récusent tout à fait chez eux.

5. De la reductio ad absurdum chez les homosexualistes

L’Aberration (en forme décidément...) nous livre une brève qui veut nous arracher une larme sur le sort des « élèves homos », qui ne disposent pas de leur sacro-sainte « ligne Azur ».

Si le fond du papier illustre particulièrement bien l’hégémonie du lobby LGBT dans tout le milieu éducatif (on apprend que « le Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire [...] rassemble les principaux syndicats enseignants, lycéens et étudiants, ainsi que plusieurs associations »), plus fondamentalement, l’article essentialise une fois de plus la question de l’orientation sexuelle, la qualité d’homo étant si nécessaire à tout élève méchamment spolié de sa ligne Azur qu’elle doive interpeller l’univers entier dès le titre.

Viendra bien un moment où chacun devra se définir en s’accolant le qualificatif « homo », « hétéro », « bi »... Amusons-nous à imaginer les titres des gazettes infernales dans cinq ans : « Le Président-hétéro de la République en déplacement à Mykonos », « Le Parti socialo-lesbien-gay-bi-trans appelle à renforcer la lutte contre les stéréotypes anti-zoophiles », « Nomination de l’homosexuel Tartempion à la tête de GDF », « Poutine l’hétéro homophobe envahit la Finlande par derrière », etc.

Le Rouge & le Noir veille,

Breizhette, Samengrelo & Florimond.

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