L’infolettre du R&N revient bientôt dans vos électroboîtes.

[COLONNES INFERNALES] du mercredi 19 III 2014

Chers lecteurs,

Voici votre billet de réinformation du 19 mars 2014. Vos colonnes infernales vous seront désormais livrées deux fois par semaine, le mercredi & le dimanche. N’oubliez pas d’écouter les bulletins quotidiens de Radio Courtoisie.

1. La « recrudescence » des incartades des groupuscules « d’extrême-droite » que vous n’avez pas vue

Dans le registre de la désinformation comme dans celui du discours politique — coïncidence ? — la montée en généralité est une arme de choix pour qui veut grossir le trait sur un fait particulier, créer une atmosphère ou susciter l’empathie. L’Immonde nous en donne un cas d’école, tirant prétexte d’une action de l’Action française étudiante sur le campus universitaire de Bordeaux, non seulement pour se scandaliser comme tout journal de gauche de la subversion qui n’est pas convenue (ce qui, on en conviendra, est la définition-même de la subversion), mais encore pour dénoncer ce qu’il faut percevoir comme une dangereuse lame de fond.

C’est en effet que l’action de l’AFE à Bordeaux n’était pas isolée : en effet, elle témoigne du fait que « les irruptions de l’extrême droite sur les campus continuent », peut-on lire si l’on ne craint de s’octroyer quelque frayeur vespérale. Telles les répliques d’un séisme qui ébranlerait les fondements de notre société. Mais quels faits nous avance-t-on ? « Le 20 février à Sciences Po Bordeaux, des militants ont interrompu une conférence du ministre du Budget Bernard Cazeneuve aux cris de Hollande Démission, Dictature socialiste, Jeunesse de France, contre la finance », etc. Un événement. Dans un autre article de l’Immonde, on apprend qu’une poignée d’étudiants du GUD, le même jour à Lyon, a infligé à un militant UNEF... un hématome à la main. Et qu’une caricature a fait son apparition le 27 février sur les réseaux sociaux. On espère ce faisant que la menace se fasse bien sentir : c’est en fait le ridicule des assertions des journalistes qui éclate au grand jour.

Quant au fond de l’affaire, il fait encore une fois ressortir les vieilles lunes nominalistes des médias du système : qu’un groupe d’étudiants patriotes dénonce la finance, et les années 30 surgissent ; qu’il s’agisse de gauchistes ou d’un François Hollande, et chacun se sent obligé d’applaudir.

Et que les « étudiants communistes » et le Planning familial déversent leur propagande à l’université ne fait manifestement pas réagir les belles âmes de l’Immonde — qui aura bien changé le jour où il pointera la recrudescence, bien plus grave, des actes de dégradation, de violence et d’intimidation des hordes antifas.

2. Le retour des ligues ? Plutôt la poutre dans l’œil des journalistes de gauche

À lire l’Aberration, on se voit replonger au cœur des « heures les plus sombres de notre histoire ». Le nouveau motif de frayeur ? Des citoyens, le groupe identitaire, oseraient inciter à « l’autodéfense ». La France tremble à cause de ce terrible « groupuscule » qui ose rappeler le climat d’insécurité qui règne.

La scène se situe à Lille, ville de Martine Aubry. Lassés des agressions en hausse, notamment dans le métro, des jeunes ont l’affront de se mobiliser. La « génération anti-racaille » se met en place. La réaction de L’Aberration, quant à elle, est pleine de sens. Alors que les identitaires évoquent « la racaille », L’Aberration crie à « l’islamophobie » et reconnaît donc que la racaille est majoritairement, et même ici totalement, liée à l’islam. Serait-ce un signe ? L’Aberration serait-elle devenue un nouveau bloc d’odieux réactionnaires ? Voilà une concurrence bien déloyale !

Mais n’ayons crainte, leur route est longue pour rattraper votre gazette préférée. Il suffit de voir l’empressement de la gauche quand il s’agit de défendre des antifas ou de critiquer les cours de self-defence du bloc identitaire, après avoir longuement soutenu ces mêmes cours au mois d’octobre à cause… du fort nombre d’agressions qui touchent les femmes. Si donc vous êtes une électrice de gauche, vous pouvez vous défendre ; en revanche, Messieurs, porter un gilet « Génération anti-racaille » fera de vous un odieux terroriste, et ce à l’exact opposé des hordes antifas.

Aucun inconvénient, de fait, à servir la soupe à ces derniers pour s’entendre déclarer : « interrogé par le gratuit Metro, le collectif antifasciste La Horde voyait surtout dans ces actions un effet d’annonce, dénonçant que les identitaires créent eux-mêmes une partie de l’insécurité et de la violence qu’ils prétendent combattre. » Faut-il rappeler les dégradations nombreuses et autrement plus graves qu’ont causées les antifas ces derniers mois ? Par quel mystère les gazetiers du système continuent-ils à tendre le micro à ces gens-là ?

3. Prière de ne pas rire : L’Aberration se pose en « auxiliaire de la démocratie directe numérique »

Alerte lacrymale, L’Aberration sort la corde émotive.

Dans une série de mots tous plus redondants les uns que les autres, agissant tel un appât sur le pauvre lecteur perdu au milieu de ce torchon de niaiseries, ce que l’on peut difficilement appeler un « journal » tente — vainement — de défendre sa peau. Si le « ton impertinent ou grinçant » est la seule appréciation se rapprochant un tant soit peu de la vérité — et encore, — il est déplacé de leur part de parler d’émotion voire de subtilité ; car L’Aberration, à la solde de la pensée unique et d’un État en perdition, est tout sauf subtile. Il est au cœur de la cour des non-miracles quotidiens, livrant une « prose » acerbe et relativement éloignée du bon sens.

Le coté larmoyant de l’éditorialiste nous parlant de son expérience estudiantine n’est pas fait pour nous rassurer : car s’il lisait déjà de telles sornettes à l’époque et qu’il brandit désormais avec fierté un flot ininterrompu de paroles tombant encore moins sous le sens, c’est qu’il incarne parfaitement la France des sots. Les commentaires fusent d’ailleurs : d’aucuns de souligner avec justesse toute la corruption dans laquelle la rédaction est plongée jusqu’au cou. Et si la démocratie tant vantée est telle qu’ils la vendent, la France est bel et bien perdue.

Heureusement que certains ont la présence d’esprit de ne pas accorder leur confiance à un quotidien qui se targue d’ « aborder l’angle que personne n’a vu » et de présenter des « plumes agiles » — que l’on cherche encore soit dit en passant. L’Aberration aura au moins eu le mérite de nous faire rire, à défaut de nous apprendre quoi que ce soit.

4. Communisme & vérité : l’éternel divorce

Non, non, non, l’URSS n’a jamais été communiste... et ce n’est pas Gérard Filoche qui l’affirme cette fois. L’Inanité, dans son éloge du communisme, oppose contre les faits « l’expérience soviétique », c’est-à-dire l’appauvrissement de nombreux pays mêlé à des millions de morts qui pourraient faire passer Hitler pour une douce jeune fille en fleur, — et le communisme. Un point sur lequel L’Inanité ne trompe pas ses lecteurs : ce n’est pas l’État qui a subi « un dépérissement », c’est le pays tout entier. On sait qui plus est qu’il est vain de nier l’évidence : dès le départ, le totalitarisme est porté en germe dans l’idéologie communiste, et toutes les expériences de mise en pratique de cette idéologie le prouvent : ce germe s’est toujours montré fécond.

Seconde folie de l’article, lier les élections à la bourgeoisie. « La démocratie, c’est faire par soi-même avec ses semblables. » La crainte que les Majores (les anciens Romains) avaient eue au sujet de la démocratie devient alors la ligne de conduite de ces défenseurs du pauvre salarié esclave volontaire d’un « patron » alors qu’il est bien plus simple de le séquestrer dans le but d’obtenir un avantage. Vient alors le plaisir de lier le rêve au réel, et surtout l’intime au professionnel. Il suffit, pour Pierre Zarka, de jeter pêle-mêle différents types de congés, un apport culture, la couverture médicale et le travail. Un mélange qui semble irréel et dénué de sens ? Des réfractaires diraient que l’amélioration du privé peut, éventuellement jouer un rôle dans la qualité de travail. Mais il s’agit également de renoncer à sa vie privée, ce fameux « dépassement de la dissociation travail-hors travail ». Là se trouve tout l’absurde du communisme, toute la folie qui lui est propre. Là se trouve la négation de l’être par son expérience privée.

Le Rouge & le Noir veille,

Florimond, R&N Mademoiselle & Breizhette.

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