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[COLONNES INFERNALES] du jeudi 28 XI 2013

Chers amis,

Voici votre réinformation du jour. N’oubliez pas d’écouter les bulletins de Radio Courtoisie.

1. « La république contre les extrémismes » ou l’orgie gauchiste à la Mutualité

Hier soir, se tenait à Paris un rassemblement de la gauche autour de Taubira pour lutter contre le racisme.

Jamais une telle orgie de mots, de poncifs, d’idées abstraites et de grands principes révolutionnaires n’avait été organisée en France. Les discours sous la Convention sont désormais dépassés par ces hurlements mégalos, totalitaires et absolutistes.

La gauche s’est appropriée la république (on la lui laisse avec plaisir) avec une rage jamais mesurée. De Christiane Taubira à Manuel Valls en passant par Harlem Désir et Jean-Vincent Placé, tous ont prononcé des discours dans une atmosphère délirante. Une hystérie collective devenue presque pornographique. Le plus terrifiant fut Vincent Peillon, qui s’est cru à un rassemblement du Grand Orient sous la Troisième République.

Même le petit indigné des Champs-Élysées du 11 novembre était présent, aux côtés de Caroline Fourest.

Ce fut le festival antiraciste le plus fanatisé, une fête de l’huma pour des bobos illuminés, un entre-soi socialiste de très haut niveau.

Le mot-dièse associé à cet événement était « #MaRépublique ». Et le plus amusant dans cette soirée fut sans doute la récupération de ce mot-clé par nos amis patriotes, catholiques ou monarchistes (souvent les trois en même temps), dont une partie peut être lue sur le fil d’actualité de Louis Jaeger.

L’ensemble des discours a été marqué par de grandes incohérences. D’un côté, ils défendent l’unité contre « la haine et le division », d’une autre côté, ils se considèrent comme les uniques défenseurs de la république. La maladie mentale qu’est l’esprit révolutionnaire, maçonnique et socialiste est entré hier soir dans sa phase épileptique. On aurait pu les croire possédés.

2. La justice oui, mais seulement pour les hommes de gauche

Caniveau 89 nous montre encore son esprit partisan dans un nouvel article qui s’attaque aux poursuites judiciaires engagées contre les personnes refusant de se livrer à un test ADN par la police.

La personne défendue dans cet article n’est pas Nicolas Berns, le prisonnier politique envoyé dans les geôles de la ripouxblik. Non, c’est un antimilitariste, « libertaire » et un « faucheur volontaire ». Il a été arrêté en flagrant délit puis, les forces de l’ordre ont trouvé chez lui des plants de cannabis. Autrement dit, pour Caniveau89 c’est un saint (laïque bien entendu). En revanche, pour un jeune homme manifestant contre la loi Taubira et poursuivi par la police dans Paris puis frappé, aucun article défendant les droits du citoyen n’avait été publié. Silence radio.

3. Quand l’Immonde tremble face au FN

Rien ne porte à croire que l’Immonde ait besoin « d’experts » pour propager ses mensonges idéologiques : la gazette du régime en donne tous les jours d’innombrables exemples. C’est pourtant avec le renfort de ces tristes personnages, autorisés par leur certaine importance à s’exprimer à coups d’arguments d’autorité sans autre forme de justification, qu’on nous assène que « le programme du FN produirait un profond et durable appauvrissement ».

Il faut être bon prince, et remarquer que le programme du Front national n’est d’ordinaire jamais commenté. Il suffit de balayer tout débat à ce sujet d’un revers de la main gauche en arguant de l’infréquentabilité de ces gens-là pour être déclaré vainqueur et triomphateur de l’obscurantisme par l’usage de la raison. Signe que le Front national commence à faire trembler les rédactions infernales, et que le mépris des moralistes de gauche ne trouve plus de terrain d’expression, nous voici forcés, chez l’Immonde, de nous abaisser à contre-attaquer sur le plan des idées.

Inutile en revanche de cherche plus loin l’empreinte de l’honnêteté intellectuelle dans l’article. Tout le reste est cousu de fil blanc et dresse un véritable procès en sorcellerie au Front national, quant il ne met à sa charge bon nombre de maux dont les partis au pouvoir sont seuls responsables.

Notons premièrement que les termes de l’analyse sont faussés dès le titre du papier. Faire valoir que c’est le programme du FN (et pas les politiques menées actuellement), qui produirait un profond et durable appauvrissement (simple hypothèse qui n’est apparemment pas vérifiée... à Saint-Germain-des-Prés peut-être ?) c’est oublier la réalité, que nous rétablissons comme suit : le programme de l’UMPS produit un profond et durable appauvrissement.

Si nous passons ensuite en revue les trois thèmes abordés, nous observons que :

  • nous ne vivons pas sur la même planète que M. Wyplosz, premier « expert » convoqué à la barre. Celui-ci assène tranquillement que le programme du FN provoquerait « interférence de l’État dans les affaires et le marché du travail » et « manipulation des prix ». Ce qui n’est probablement pas le cas dans les politiques actuellement mises en œuvre ? Ces dernières contribuent toujours plus à faire de la France le pays où il est le plus difficile d’embaucher et de licencier, où les charges sociales pèsent le plus lourd, où le prix des carburants est concrètement décidé par l’État en raison des taxes, etc. ;
  • ce que promet la gauche, le FN ne peut l’envisager sous la plume de M. Daniel, notre deuxième « expert », sans être taxé d’archaïsme. Quand bien même il s’agirait de mesures en faveur... du pouvoir d’achat. Récusé ici, le fameux pilotage budgétaire en « stop and go » fait partie de ces vieilles lunes que la gauche n’a jamais abandonnées (d’où sa politique fiscale dévastatrice, son idéologie de la redistribution, sa propension à tout réglementer). Qu’elle l’applique aujourd’hui ne dérange personne ; que le FN le propose aussi — c’est bien son droit, — cela devient la pire des choses ;
  • la meilleure défense, c’est l’attaque. Aussi, comment répondre aux questions légitimement soulevées par le FN au sujet de l’immigration quand on intervient, comme M. Gravel, à titre de troisième « expert » dans les colonnes infernales de l’Immonde ? On inverse la vapeur, et l’on conclut magistralement en prônant des politiques explicitement immigrationnistes. Le mécanisme dévoyé du regroupement familial, l’aide médicale d’État financée par les Français au bénéfice des clandestins qui ne paient rien, et le grand remplacement qui en résulte, dont chacun est témoin — les journalistes parisiens mis à part, — participent du bien commun, qu’on se le dise, qu’on se le mette de force dans le crâne.

Cherchons bien si le « mythe » se trouve dans le discours du FN ou dans celui de ses détracteurs...

4. Cette fois c’est sûr : Caniveau89 n’entend rien au catholicisme

L’ennui avec les affidés du pouvoir socialiste, c’est qu’aveuglés par les faciles effets de leur maître l’État-parti, ils en propagent les turpitudes en tous lieux et plaquent ses effigies dans toutes les rues de la cité, égouts et caniveaux compris.

Dans un nouveau manifeste triomphal, l’idiotie des bas-de-plafond refait surface et, il faut le dire, se fait plaisir. Prétendant, à la lecture de l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, que le pape François serait « socialiste », le billet qui nous est livré enchaîne contresens et contrevérités.

Chacun des paragraphes de l’article menant sa lourde charge contre la vérité, la réplique qui suit se voudra linéaire, mais ne pourra prétendre à l’exhaustivité.

Le pape François n’est pas encore marxiste, même s’il a déclaré il y a peu que les hommes étaient des esclaves devant « se libérer des structures économiques et sociales qui nous réduisent en esclavage ».

Où l’on comprend subtilement que la sortie d’esclavage est le propre efficace et exclusif du marxisme. Rien n’est plus faux : à supposer que le marxisme libère, il n’est pas le seul à libérer. Et le marxisme n’a au demeurant jamais libéré personne, puisqu’il n’a fait historiquement, et ne fera toujours, que remplacer la tutelle économique bourgeoise qui pesait sur les petites gens pour la confier à l’État-parti et à son lot de dictateurs mégalomanes (en dernier lieu, Kim Jong-un, chef suprême de la République populaire démocratique de Corée).

Puisqu’on ne peut pas faire confiance au marché ni à ceux qui détiennent le pouvoir économique pour enrichir les plus pauvres, il faut revenir à plus d’État.

Ce passage n’est pas directement relié au pape, et encore moins à son exhortation. Notre ami journaliste se contente ici de le glisser l’air de rien, à la manière d’un chaînon de raisonnement. Mais ce chaînon est bien faible, ou plus exactement il part d’un présupposé bien lourd : seuls existent valablement le marché et l’État. Cette dichotomie révèle toute la faiblesse d’un esprit binaire aux certitudes accusées. On voit combien le poids des années du militant encarté dans les partis étatistes a conditionné la plume et rendu automatique ce réflexe : problème ergo État. Automatique, froid, dénué de réflexion, exactement comme l’État lui-même que l’on invoque.

L’air de rien, le pape explique que ce sont la régulation économique et la redistribution des richesses qui peuvent diminuer l’exclusion, pas la charité.

Nous arrivons dans le cœur du mensonge, autour duquel tout gravite : le pape François, en bon socialiste, récuserait la charité pour prêcher la régulation et la redistribution. Qu’on nous pardonne, mais en le faisant, le pape renierait sa foi de chrétien. Rien ne surpasse la charité, traduction du commandement unique donné par le Christ — « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres [1] », — sommet et finalité des trois vertus théologales — foi, espérance, charité. Le chrétien, à l’inverse du journaliste — a fortiori de gauche, — place la charité au sommet de sa vie. François, notre pape, aussi, et pour une raison élémentaire : contrairement à ce qu’annonce notre défenseur attitré de l’État dans ce qu’il a de pire — son inhumaine machinerie socialisante, — la charité est seule efficace non seulement à diminuer, mais à éradiquer l’exclusion. La charité, contrairement à la solidarité machinée par l’impôt, met face à face des hommes — notons au passage qu’il ne s’agit pas de « contribuables » face à des « assistés », mais bien d’hommes. Le lien, parfaitement symétrique, qui unit ces hommes n’est autre que l’amour, l’essence-même dont Dieu est fait, et dont Il a voulu nimber Sa Création. Mettre l’amour, « inclusif » — pour employer un terme de novlangue solidariste — au point de confondre ses deux parties, en face et comme au-dessus du vulgaire tuyau percé, qui éloigne autant qu’il le peut — et Dieu sait si les tuyaux de l’État peuvent être retors et interminables — la main du contribuable de celle de l’assisté, cela relève du plus pur inversement des valeurs.

Et puis tant qu’à faire, François recommande aussi d’abandonner l’austérité et le dogme des 3% de déficit :

« De plus, la dette et ses intérêts éloignent les pays des possibilités praticables par leur économie et les citoyens de leur pouvoir d’achat réel. S’ajoutent à tout cela une corruption ramifiée et une évasion fiscale égoïste qui ont atteint des dimensions mondiales. »

Les contrevérités précédentes nous étant désormais connues, cette dernière n’étonnera guère plus personne ; mais il est toujours bon de relever la méthode employée par nos gazetiers infernaux — en l’espèce, introduire une citation par une phrase professant le sens exactement inverse. La position du Pape est des plus claires : ce sont la dette et les intérêts publics qui étouffent les nations — ce qui ne dépareille nullement avec le reste de la doctrine de l’Église, qui de façon parfaitement cohérente ne recommande jamais que d’user avec sagesse des fruits de la Création, de faire fructifier cette même Création, mais jamais sans doute d’en cueillir par avance les fruits dont on ne s’est rendu propriétaire par le travail. Haro sur l’endettement sans limite, donc. Ce que Caniveau89 traduit fort logiquement par : abandonner l’austérité et le dogme des 3 %, c’est-à-dire lâcher la bride à l’endettement et dépenser sans compter. On se frotte les yeux, mais le mensonge effréné est bien la méthode de ces gens-là.

À la lecture de ce lot d’inepties, on ne saurait trop mieux faire que d’opposer celle de l’éminent Vivier du Lac, nous enseignant clairement le départ à opérer entre la monstruosité socialiste et la divinité de la charité.

Le Rouge & le Noir veille,

Florimond & Louis Jaeger


[1Jn 15, 9-17.

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