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Le regard de notre contributeur orthodoxe, Samengrelo.


La décision qu’a annoncée Benoît XVI achève de me convaincre que cet homme aura, tout au long de son pontificat, été source de scandale pour son monde. Après avoir tenu et maintenu des propos que lui ont reprochés toutes les instances du modernisme, après avoir continué de s’exprimer malgré les polémiques que créaient de toutes pièces les artisans de la discorde, voilà que le successeur de Pierre ressuscite un geste oublié depuis 600 ans : il renonce au ministère pétrinien.

Dans un monde où le chic du chic est de se cramponner à son pouvoir et à son autorité, et devant les légions de ceux qui n’attendent qu’un faux pas pour se déchaîner, il a fait le choix de l’humilité, mais nous montre aussi que, malgré des réactions parfois déçues ou teintées d’incompréhension, seul compte et doit compter ce que nous considérons que le Seigneur a besoin que nous fassions pour Lui.
Dans ce que les ignares de tout bord ont appelé avec le mépris dont ils sont capables le "conservatisme" de Benoît XVI, et que nous appellerons son respect strict de la tradition et d’une institution que le Christ ne nous a pas livrée pour que nous la fassions changer avec le monde, il y aura donc eu une liberté et une volonté propre à déstabiliser chacun.

Je me permets de dire tout mon mépris à ceux qui s’entichent de voir dans son geste le constat d’un échec ou d’une incapacité à mener l’Église "dans le monde d’aujourd’hui". Louons le plutôt d’avoir su s’arrêter avant de commencer à faire des erreurs. Mais en outre, il est possible de dire que c’est précisément parce qu’il a uniquement porté au monde la parole de Jésus dans toute sa grandeur et dans sa sincérité que ce pape, bien qu’il ait choisi, naturellement, de se retirer dans le secret, fera date.

Je n’arrive pas à comprendre ceux qui ont fondu sur les plateaux de télévision pour expliquer à quel point il était désormais nécessaire que l’Église change ceci, se modernise en cela ... On croirait entendre les technocrates de l’UMP parlant des futurs statuts de leur parti. Alors qu’à bien des égards, le pontificat de Benoît XVI était le ministère qu’il fallait à Rome pour aborder le XXIe siècle dans un esprit de rigueur théologique et la volonté supérieure d’annoncer la bonne parole dans un véritable esprit de charité.

Alors après l’hommage, je me permets de prier de tout mon cœur pour que les cardinaux du futur conclave, inspirés par l’Esprit Saint, poursuivent l’œuvre de Benoît XVI, le retour qu’il a voulu à une liturgie belle et solennelle, loin des farandoles pitoyables que nous connaissons, l’avènement d’un catholicisme sans honte et sans barrière, qui porte au monde le viatique dont il a besoin, même s’il le refuse et proteste avec vigueur sur sa couche.

Alors, comme on dirait chez moi : « Un Pape qui prolonge le pontificat de Benoît pour annoncer le Christ, demandons au Seigneur. »

Samengrelo

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