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30 000€ pour disperser un apéro pour tous

Le témoignage suivant est le fruit d’un de nos plus fidèles lecteurs, Pierre-Robert Marcheux, cependant que photos et vidéos sont dues à notre rédacteur Ambrogio Riva. Ce dernier a eu le plus grand mal à effectuer son reportage, puisque les forces de l’ordre l’ont empêché de photographier et de filmer à plusieurs reprises ... en toute illégalité.

Nous vous conseillons de lire ce texte au détour duquel on apprend qu’un policier a estimé à 30 000€ le coût de la dispersion d’un apéro pour tous sur les Champs-Élysées auquel a participé une vingtaine de personnes.

150 policiers pour un apéro sans banderole ni slogan

20h00 : les campeurs rejoignent progressivement les pelouses qui bordent les Champs-Élysées pour y prendre l’apéritif. La police est déjà présente en nombre, encadrée par un commissaire qui sera à même de faire d’éventuelles sommations. Les six premiers campeurs s’installent dans l’herbe, comme ils l’ont fait à plusieurs reprises depuis une semaine. Deux CRS s’approchent pour nous demander de nous lever. Selon le premier, les pelouses sont au « repos hivernal », ce qu’aucun panneau ne peut confirmer. Son capitaine n’est pas d’accord : les pelouses de ce jardin ne seraient jamais praticables. Le règlement du parc ne mentionne pas cette interdiction, sans doute nouvelle... à moins qu’il s’agisse d’un excès de zèle des fonctionnaires. Cinq minutes plus tard en effet, le commissaire lui-même reconnaît que nous pouvons nous installer sur les pelouses.

Nous usons de ce droit un peu plus loin. Quelques minutes passent avant que les CRS et gendarmes mobiles nous rejoignent... et nous encerclent. Nous cherchons à connaître les motifs de ce mouvement, sans succès. Poussés vers le métro Champs-Élysées-Clémenceau, nous en profitons pour chanter et scander des slogans. Après tout, nous n’avons plus de raison de rester sur notre réserve, alors que nous sommes déjà indésirables.

Les barrières passées du métro passées, des policiers en civil — toujours aussi peu discrets — succèdent aux gendarmes mobiles. Notre groupe s’éparpille à la sortie du métro.

Désormais à quatre (deux jeunes gens, une mère de famille et sa fille de 10 ans), la police juge tout de même utile de nous pousser une deuxième fois dans le métro. Là, deux nouveaux flics en civil prennent en chasse les quatre dangereux militants. À la station suivante, ils sortent leurs brassards pour nous empêcher de descendre. Soucieux de connaître la raison d’un tel ordre, le flic me répond... en déployant sa matraque télescopique pour me menacer. Nous nous rendons finalement sur les pelouses des Invalides pour reprendre nos esprits et retrouver des amis.

Je reprends le chemin de ma voiture à pied, flanqué d’un inconnu bavard rencontré sur la pelouse. Mais en chemin, nous sommes arrêtés sur les Champs-Élysées par les mêmes policiers en civil qui m’avaient menacé de leur matraque : ils nous faut présenter nos papiers d’identité. Les flics, aidés par deux collègues venus en renfort, m’indiquent que je vais être escorté jusqu’à ma voiture quand cinq camarades d’apéro quittés aux Invalides débarquent par le plus grand des hasards. Il n’en faut pas moins pour que les fonctionnaires imaginent que nous avons planifié un nouvel "attroupement" ou je ne sais quelle manifestation.

M. Matraque se croira finalement autorisé à me faire la leçon, disant dans la même phrase qu’il est "apolitique" et qu’il y a des choses plus importantes à dénoncer que le mariage homosexuel.

Expert financier de la préfecture de police (enfin, j’imagine), il en a profité pour me reprocher d’avoir mobilisé 150 flics (nous étions 21, pas un de plus). Notre mobilisation aurait coûté 30000 euros aux contribuables. Pour un apéro sans banderole ni slogan.

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