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Saint-Étienne-du-Rouvray : la sainteté, notre unique salut

26 juillet 2016 Florimond ,

Les forces du mal ont de nouveau frappé ; cette fois, sur notre sol, à Saint-Étienne-du-Rouvray. Nous apprenons qu’un prêtre de l’Église catholique romaine, l’abbé Jacques Hamel, y célébrait la messe pour un petit nombre de fidèles, parmi lesquels deux religieuses. Les faits sont connus, répandus comme traînée de poudre par la mécanique désormais rodée des directs, des temps-réels, des reportages sur place, et sur la page des grands quotidiens nationaux, les dépêches s’égrènent, succédant aux communiqués qui succèdent aux tweets, aux images, aux vidéos.

Dans la course folle des attentats qui frappent l’Occident depuis des mois, notre sainte mère l’Église ne pouvait être longtemps épargnée sur le sol européen. Nos frères chrétiens d’Orient, morts en martyrs parce qu’en victimes de la haine de la foi, précédaient les pas de ce prêtre qu’on a égorgé. Sur nos terres de vieille chrétienté, on eut pu distinguer, dans les premières attaques de masse où le nom du Christ n’était pas directement visé, une forme de manœuvre de ceux qui nous persécutent : car épargner l’Église, dans le fond, revenait à épargner le corps mystique du Christ — Lui qui vint et demeure auprès de nous pour endosser toute souffrance, tous outrages, et qui pour nous porta sur la croix tout le mal que l’homme commet en désespoir de Dieu. Si l’Église même n’est frappée au cœur, si elle n’est persécutée par les forces du monde, est-elle toujours l’Église ?

Ces forces-mêmes revendiquent leur victoire : pratique ô combien séculaire, et qui désigne clairement la main de l’homme dans ces carnages, car Dieu est absent là où l’homme se glorifie lui-même. Aussi, sur quelle autre force que la leur propre peuvent compter l’islamisme et sa légion de combattants acharnés ? Leur mode d’action est celui d’ici-bas. En frappant la chair, les islamistes ne vaincront que selon la chair. En s’arrogeant la matière, bâtissant leur empire sur la poussière, ils trouvent dans la poussière leur unique récompense.

Quel genre de victoire réside dans l’attaque de Saint-Étienne-du-Rouvray ? Les assaillants ont fait irruption dans une église où l’on célébrait la messe : n’ayant pas d’yeux pour voir, ils n’ont fait qu’accomplir ce pour quoi l’Église a été instituée. Quel ministre sacré peut, avec une plus grande configuration au Christ, prononcer les paroles de la Consécration — « Ceci est mon corps » — que ce prêtre dont le corps fut livré aux ennemis du Christ ? Quel sacrifice fut plus parfaitement actualisé que celui où l’instrument de la grâce divine — le prêtre accomplissant ce que l’Église attend de lui — connut par sa chair le sort exact de Celui qui agissait en lui ?

Car il n’est ignoré de personne que le prêtre, lorsqu’il célèbre la messe, et plus particulièrement lorsqu’il actue, dans la récitation des prières consécratoires accompagnée des actes liturgiques et de la matière prescrits par l’Église, le sacrifice de la Croix sous un mode non sanglant, est pur instrument du Christ agissant en lui. Frapper un prêtre célébrant la messe, c’est frapper le Christ : et qui peut se déclarer vainqueur face à Dieu ?

Révélant la racine même de l’islam, religion du monde, le mode d’action des forces islamistes, dans leur conformité aux prescriptions coraniques, est caractéristique du monde. C’est par les instruments du monde qu’elles frappent, c’est dans la vétusté et la corruption du monde qu’elles vainquent.

Pour nous, il nous revient de retenir ce qui suit : ce que nous avons vu s’est déjà produit et se reproduira. Mais l’élan diabolique avec lequel est frappée l’Église est d’une autre nature que celui dans lequel les forces islamistes ont opéré des carnages qui résonnent encore au souvenir de chacun — Paris, Orlando, Nice..., — et d’ailleurs d’une façon plus saisissante compte tenu du nombre de victimes. Il y eut à Saint-Étienne-du-Rouvray une seule victime (une seconde, blessée, étant, apprend-on, entre vie et mort). Mais dans la personne de cette victime était la personne agissante de Jésus-Christ, fils de Dieu. Si la gravité du crime se mesure à l’outrage qu’il cause, et donc à celui qu’il outrage, cet attentat, commis en haine de la Religion, est le plus monstrueux qui ait été commis sur le sol français depuis que l’État islamique est à l’œuvre. Peu nombreux sont ceux qui le comprendront.

La justice divine, dans sa grande sagesse, nous offre toutefois cette consolation : c’est qu’avec ses frères chrétiens d’Orient semblablement égorgés par le bras armé du mal, l’abbé Hamel, s’il est attesté qu’il est mort en confessant Notre-Seigneur, est en cet instant-même assis à la droite de Dieu. Les forces islamistes ne pouvaient être davantage défaites qu’en grossissant ainsi les rangs des justes qui sont au Ciel et intercèdent pour ceux qui sont encore ici-bas.

Notre salut ne viendra pas d’un déploiement armé ou d’un renforcement de la sécurité des lieux de culte — si nécessaires soient ces mesures, et si forte l’obligation de ceux qui nous dirigent à l’endroit de leur peuple. Notre salut nous sera donné si nous veillons, ne sachant ni le jour, ni l’heure, et s’il nous est donné de mourir en état de grâce, dans les dispositions prescrites par notre sainte mère l’Église. Faisant ce que l’Église commandait, le prêtre martyr dont on pleure la mort aujourd’hui nous en montre la voie — et c’est celle de la sainteté.

26 juillet 2016 Florimond ,

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