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Pour toutes les femmes enceintes, les tests de dépistage de la trisomie 21 sont déjà accessibles, et conduisent déjà à l’extermination de 96% des enfants qui en sont atteints, comme l’avait remarqué le député Dussopt en se lamentant que le taux d’élimination ne soit pas de 100%. Dès qu’un soupçon, au cours d’autres tests, apparaît, le corps médical s’empresse souvent de conseiller à la femme enceinte de procéder à ces examens pourtant lourds, voire d’avorter lorsque le risque est grand. On peut d’ores et déjà parler d’eugénisme. Le député Marc Delatte, membre de la majorité LREM, et ancien praticien, avait livré, lors des examens en commission, un bref témoignage de toute l’inhumanité que peut receler cette attitude envers des êtres humains et innocents.

Ce dépistage, lorsqu’il s’applique aux conceptions in vitro, se fait bien évidemment au niveau des embryons qui doivent être implantés chez la femme demandeuse : les embryons malades sont détruits, comme les embryons fameusement appelés « surnuméraires ». Ce dépistage ne s’étend pas encore aux maladies chromosomiques, mais à d’autres affections dont la liste, depuis 1994, n’est pas strictement établie. Or, des députés LREM, y compris le rapporteur Touraine, poussent à élargir en ce sens le dépistage, en même temps que le projet de loi élargit la possibilité pour quiconque d’avoir accès à des informations sur son patrimoine génétique et les risques qu’il inclut. On voit bien dans quel sens va le mouvement, après les dénégations initiales du ministre Buzyn, qui semblent bien rhétoriques.

Le projet de loi, copieusement amendé par les députés de la majorité parlementaire, qui se comportent plus comme des exécutants d’une stratégie décidée à l’Élysée que comme des citoyens libres, a donc tous les risques de permettre, in fine, la généralisation des tests permettant d’identifier, et en définitive d’éliminer, les embryons porteurs de toutes sortes de maladies. Il y aura donc, d’ici quelques années, les enfants conçus par voie naturelle, sujets à tous les risques habituels, et ceux qui auront été fabriqués in vitro, qui en seront virtuellement tout à fait exempts. Le remboursement de la PMA non-médicale étant dès à présent acté, comment empêchera-t-on les couples porteurs d’un projet parental solidement défini d’y avoir toujours plus recours ?

Et si l’on donne un tel pouvoir aux sociétés si philanthropiques qui proposent ces services, comment les empêchera-t-on ensuite de promouvoir, puis d’imposer, les tests et manipulations qui permettront de fabriquer un enfant aux yeux de la couleur désirée, à la taille désirée, etc. ? Les partisans du projet de loi aiment à écarter ces soupçons d’une rieuse accusation de « paranoïa » : mais d’autres pays autorisent déjà le commerce de ce genre de services. Or, c’est notamment sur la base de l’existence de dérives à l’étranger que l’on promeut leur légalisation en France, pour éviter, dit-on, toute hypocrisie (c’est aussi le discours qui soutient la généralisation des tests génétiques mentionnés plus haut). Au nom de la fin de « l’hypocrisie », hier l’avortement, aujourd’hui la PMA, demain la GPA… après-demain l’enfant sur mesure. Le tout remboursé par le contribuable, car il serait dommage que seuls les riches puissent se le permettre.

Eloi d’Avoncs

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