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Comme chaque dimanche, l’Évangile inspire à l’un de nos auteurs un poème en lien avec la Parole divine que nous offre l’Église. Le poème suit l’Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 8, 1-11)

Jésus s’était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.
Quant à eux, sur cette réponse, ils s’en allaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.

Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Füssli, Le Cauchemar

Rechute

Il est là, près de moi, l’inconnu aux yeux bruns.
Cheveux roux, pleins de flammes et de lave en fusion.
Il est là, contre moi, et il dort, comme un lion
Qui aurait dévoré le repas de quelqu’un.
 
Et moi, la pauvre femme allongée près de lui,
Je l’observe et son corps reflète mon péché :
Un brasier enfumé par ces vieux draps tâchés
Et encor parfumés des ébats de la nuit.
 
Ce parfum, pourtant doux, m’enlace violemment
Et je sens dans ma gorge un souvenir amer
Qui se gonfle et remonte et m’attrape et me perd.
Bien qu’heureux, il devient cauchemar à présent.
 
Je revois arriver l’homme de Nazareth,
Je le vois approcher. Je vois ceux qui m’en veulent.
Je le vois me sauver et je me revois seule.
Et je me sens perdue comme Jérimadeth.
 
Je le vois. Je l’entends. Sa voix résonne en moi :
« Je ne condamne pas. Va et ne pèche plus ! »
Je regarde à nouveau près de moi l’inconnu
Et me dis que le Mal a de trop beaux appas !

*

Charles Cartigny

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