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Zeitgeist. Seconde Partie. La pauvreté de l’âme.

Quatrième lettre de la Hofburg

Vienne, le 17 février de l’an de grâce deux mil douze

“Car nous n’avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle de l’avenir”

(Hébreux, 13:14)

Chers lecteurs,

Comme nous l’avons montré précédemment, la Révolution a conditionné la mise en place de structures politiques et économiques qui favorisent le règne de Satan. Cette émergence satanique dans l’Histoire et dans la vie des Hommes a cependant touché les Hommes eux-mêmes, non seulement aliéné leur esprit mais perverti leur âme et tenté de vider leur cœur de l’essence divine. Satan avait déjà réussi à faire chuter l’Homme avec Adam, et depuis la Révolution il récidive. L’âme a alors été mise de côté, écrasée sous le poids d’un pseudo « monde moderne ». Arrêtons nous un instant en effet sur cette prétention au progrès. Ce qui est moderne, c’est ce qui est nouvellement utile, utile car meilleur. Or la Révolution n’a en rien fait progresser l’âme humaine comme nous allons tenter de le montrer. Le seul et unique progrès de l’humanité a été, est et sera toujours, le Christ, qui est la véritable humanité, dépourvue du pêché originel. Par lui, l’homme s’est élevé tant en son âme qu’en son esprit, comme le prouve la splendeur de la civilisation européenne comme Cité catholique.

La question est alors de savoir comment la Révolution a conduit à appauvrir l’âme et à la pervertir. L’Ordre traditionnel qui tendait à être un ordre catholique plaçait l’Eglise, son enseignement et la chrétienté au cœur de la réflexion et de l’inspiration humaine : l’art et la philosophie en étaient les résultats. La Révolution et les idées qui l’ont poussé à surgir ont conduit à oublier Dieu. Quand Nietzsche disait « Dieu est mort », il faut comprendre la suite de cette phrase adressée à ses contemporains : « c’est vous qui l’avez tué, il faut en assumez les conséquences désormais ». Notre nihiliste allemand avait vu juste car jamais dans l’Histoire, l’Homme n’a connu autant d’humiliations, de massacres, de violence et de perversion que depuis la Révolution - hormis les moments où les sociétés européennes s’étaient aussi éloignées du message de l’Eglise (esclavagisme, guerres européennes, …) - du fait même des idées qu’elle a véhiculé et de celles qui l’ont poussé à surgir de l’Enfer (cf. Zeitgeist. Première partie).

La spiritualité catholique place une lueur intime pour le salut de l’âme dans le cœur de chaque Homme, elle permet un regard depuis l’intérieur vers l’avenir et son prochain, une lueur donnée par Dieu et ravivée par le Christ. Elle illumine les Hommes. Mais les « Lumières » et la Révolution les ont éblouis avec des idées fumeuses, abstraites et confuses ; et même conforté dans son pêché originel. Ces idées ont agi comme un bandeau sur les yeux des Hommes, qui continuent à marcher durant leur vie pour se découvrir et construire les sociétés et les civilisations. Seulement, cet aveuglement a conduit l’humanité au bord d’un gouffre immense, sombre et vide. Au fond, les ténèbres et Satan qui attend que les ennemis du genre humain poussent les Hommes dans ce néant, reflet de leur âme, voici le chaos négatif, l’absence total de valeurs chrétiennes et de Dieu, l’espace du Mal dans le cœur des Hommes. Vidés de toute humanité, ils sont facilement séduits par Satan. L’immédiat, l’artificiel et l’instantané ont pris le pas sur le reste. Consumérisme, argent, sexe, assistanat, paresse et jalousie sont les nouveaux caractères humains qui définissent notamment l’Homme occidental. Il n’accepte ni le sacrifice, ni l’honneur, ni la fidélité, ni le courage. Il est maintenu dans un état de léthargie permanente.

Face à lui et pour sa réflexion personnelle, il dispose d’un champ immense dans lequel Dieu n’est pas présent et où sont posés les principes d’égalité, de liberté et de fraternité, entre autres, mais aussi les concepts de la Raison, du progrès et surtout celui du sens de l’Histoire. Aucun de ces termes ne peut être défini ou appliqué d’une manière stricte et précise. Au nom de l’égalité on abandonne les libertés, au nom de la Liberté on détruit les libertés, au nom de la fraternité on exclut, au nom de la raison on tue froidement, au nom du progrès on sabote les fondements d’une civilisation et au nom du sens de l’Histoire (pétri de raison bien évidemment) on impose aux Hommes des concepts et des idéologies, au détriment des libertés, encore. Si bien que les bâtards de la Révolution ont chacun à leur tour parlé du sens de l’Histoire et de la Liberté. Pour le Citoyen Robespierre, « Capet doit mourir pour que la Patrie vive », et ce pour défendre la « Vertu » (sic !) et au nom du progrès humain qu’incarne la Révolution. Pour les camarades Marx, Lénine et consorts, le sens de l’Histoire c’est la sortie de l’esclavage vers la Liberté du Peuple, du Prolétariat (précisons que toutes les personnes disposant d’un patrimoine et d’un revenu supérieur à un certain montant, ne sont pas considérés comme des êtres humains) et surtout l’unification du monde ; pour cette œuvre mondiale, les officiers de l’Armée Rouge et de la Police secrète ont des méthodes bien rodées, quand bien même vous ne seriez pas d’accord. Plus récemment, les journalistes de droite qui critiquent la « pensée unique » ou la « bien-pensance » se retrouvent tout simplement face à un nouveau totalitarisme en puissance où le « sens » de l’Histoire est la sécularisation des sociétés « postmodernes » teintées de métissage et dont les crédos sont le dialogue entre les religions (sauf avec le catholicisme), le multiculturalisme (excepté la culture française ou européenne), la démocratie universelle (on se passera d’ailleurs de la première partie du mot) ou encore la lutte contre le racisme qui doit passer absolument par la culpabilisation des Blancs. Tous ces beaux mots sont donc à l’origine très flous et leur utilisation prouve leur dangerosité, parce que manipulés à des fins politiques et idéologiques.

Cet ensemble de concepts et d’idéologies (auquel il faut ajouter les droits de l’Homme, l’universalisme, …) agit alors comme les nouveaux directeurs de conscience des individus qui s’interdisent même de penser autrement. Ainsi toute forme de moralité n’est qu’extérieure et politique, le Royaume intérieur des Hommes est devenu une terre d’anarchie totale, sans règle ni principe. C’est dans ce néant de l’âme que Satan peut disposer plus facilement des Hommes, les séduire, les attirer vers la facilité et l’immoralité. L’exemple le plus récent est celui de la théorie des genres. C’est le résultat non seulement de la destruction de l’ordre divin, mais aussi celui de l’ordre naturel qui participe à la construction des individus. Désormais les idées « supérieures » et extérieures à l’Homme lui expliquent ce qu’il est vraiment et le persuadent que tout repère religieux ou naturel est faux et mauvais. Afin de maîtriser les individus, il faut les rendre passifs, les vider de leur âme et les enchaîner dans un mode de vie qui leur semble agréable mais qui les détruit ou alors dans des « fers dorés ».

Il n’est donc pas nécessaire de décrire plus ce chaos car il est néant. Il n’est rien. La Révolution et les Lumières ont poussé les Hommes à ne croire en rien, à ne rien n’espérer de surnaturel ou de métaphysique. L’Homme n’a plus conscience de Dieu, ni de lui même en réalité, il est hors de la Cité catholique. Il ne voit que ce qu’on lui montre, que ce qu’on lui impose. Il pense ne pouvoir se raccrocher qu’à ce que la politique moderne lui proposera : de l’argent, du sexe, une vie sous perfusion, des fausses religions et des utopies dévastatrices.

La Révolution a condamné l’humanité à errer dans un univers vide. Cette désertion ne prendra fin que lors de sa dernière chute, dans les Ténèbres du Cosmos, quand tout sera achevé.

Louis Jaeger

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