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Une autre histoire de la laïcité (2/2)

Les valeurs républicaines sont opposées à l’enseignement de l’Eglise

Dans son discours au Bourget, resté célèbre pour son interpellation des catholiques français en juin 1980, Jean-Paul II eut ses mots :

« Que n’ont pas fait les fils et les filles de votre nation pour la connaissance de l’homme, pour exprimer l’homme par la formulation de ses droits inaliénables ! On sait la place que l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité tient dans votre culture, dans votre histoire. Au fond ce sont là des idées chrétiennes. »

Beau pied de nez à tous nos chers républicains français : la devise de la République française anti-catholique s’inspire malgré elle de valeurs chrétiennes ! Et il en va de même pour la laïcité : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Les Droits de l’Homme sont profondément chrétiens si on considère leur recherche de la liberté de chaque homme et leur application non sélective comme on a pu le voir dans la première partie.

On nous parle de la démocratie comme fondement de la république (je ne pense pas que socialisme hollandien rime vraiment avec démocratie, mais bon), mais la pratique démocratique héritée d’Athènes a réellement perduré dans l’Eglise catholique : élection du Pape, prise de décision commune dans les monastères, etc.

L’Etat a imposé la séparation à l’Eglise

On a vu qu’avec le Concordat de 1801, l’alliance a été imposée à l’Eglise par Napoléon. Les catholiques ultramontains se sont insurgés face à cela et ont demandé la séparation de l’Eglise et de l’Etat et ce dès les années 1830. Mais ça personne ne va vous l’enseigner...

La IIIè République n’a pas imposé la séparation à l’Eglise puisque son but allait plus loin : éradiquer le catholicisme en France. J’en veux pour preuve : la loi dite "d’abonnement" en 1895 (complétée par la loi 1901 et le régime particulier des congrégations religieuses qui dispose que chaque congrégation doit être autorisée par une loi et qu’elle peut être dissoute par un simple décret) qui vise à ruiner les congrégations religieuses ; expulsion d’une partie du clergé hors de France ; interdiction de l’enseignement aux congrégations en 1904 ; la loi de 1905 ; les inventaires, etc.

L’Eglise serait coupable de nombreux crimes

La liste n’est ni chronologique ni exhaustive (hélas) :

  1. Conquête de l’Amérique avec conversion forcée des indigènes (il n’y a qu’à revoir le film "Mission" pour s’assurer du contraire)
  2. Les guerres de religion : ces guerres ne sont pas imputables aux religions, mais aux pouvoirs politiques.
  3. L’Inquisition : 4% des procès ont abouti à une condamnation à mort souvent peu appliquée. En revanche les fameuses chasses aux sorcières se sont déroulées dans le monde protestant et sous l’impulsion des pouvoirs politiques.
  4. Les Croisades : elles sont des guerres de légitime défense et donc des guerres justes (les exactions commises durant les Croisades ne sont là non plus pas imputables à l’Eglise qui n’a jamais ordonné le meurtre d’innocents, d’otages ou prisonniers).
  5. Sinon j’aime beaucoup l’exemple du chevalier François-Jean Lefebvre de la Barre qui fut un jeune noble français condamné à être torturé puis décapité et brûlé, par le tribunal d’Abbeville puis par le Parlement de Paris, pour blasphème et sacrilège. Je dis ça, je dis rien...

Conclusion

La laïcité n’implique pas la neutralité religieuse de l’Etat. En France, pour être en cohérence historique et en toute honnêteté intellectuelle (si ça existe encore dans nos pseudo-élites...), la laïcité doit reconnaître nos origines catholiques. La laïcité est un principe catholique. Elle n’oblige pas l’Etat au silence. Elle n’implique pas non plus l’athéisme d’Etat. En fait la Révolution française et ses avatars républicains après elle n’a pas imposé la laïcité en France, mais le laïcisme, idéologie franc-maçonne anticléricale et cathophobe.

Il nous faut retrouver une relation dialectique entre l’Eglise et l’Etat. Par exemple, l’Eglise a le droit et le devoir de s’exprimer sur le mariage pour tous. L’Etat a le devoir de l’écouter, mais n’a pas le devoir de souscrire forcément à la position de l’Eglise. L’Etat en verra alors les conséquences.

Sur l’Islam

L’Islam ne peut pas être laïcisé, surtout pas dans un pays dont le cadre de vie est catholique. Un musulman ayant fui l’Islam de son pays ne peut pas revendiquer le changement de religion du pays qui l’accueille ("enlevez-moi cette croix" et autres provocations du même genre).

L’Islam pose un problème d’ordre public du fait de son intolérance religieuse, non un problème religieux ! Chez nous, et il faut sans cesse le rappeler, l’ordre public est d’origine chrétienne et n’a pas à se conformer à la Charia.

Louis Pasquerel

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