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Prêtre des villes, prêtre des champs : entretien avec l’abbé Desaint

Ordonné prêtre en 2006, l’abbé Pierre-Emmanuel Desaint est curé de la paroisse Saint Nicolas de Crèvecoeur-le-Grand (Diocèse de Beauvais).

Le second entretien, avec l’abbé Sütterlin, vicaire de la paroisse Saint Léon (Diocèse de Paris) est à lire ici. À travers ces deux entretiens parallèles se dessinent les réalités différentes d’un ministère sacerdotal dans une paroisse urbaine et dans une paroisse rurale.

R&N : Vous êtes prêtre, l’un dans une paroisse rurale, l’autre dans une paroisse urbaine. Est-ce un choix volontaire ? Pourquoi avoir choisi ce diocèse et non un autre ?

Abbé Desaint : Je suis né dans le diocèse de Beauvais ; j’ai grandi dans ce même diocèse. Ma foi s’est également enracinée dans ma paroisse de résidence où nous allions, en famille, à la messe chaque dimanche. Ainsi, lorsque je me suis posé la question d’être prêtre, il m’a paru assez naturel de m’adresser à l’évêque du lieu. Le fait de connaître déjà un peu le diocèse, d’avoir des contacts réguliers avec des prêtres locaux et des séminaristes a été aussi une dimension déterminante dans ce choix.

A l’époque je n’ai pas particulièrement pris en compte la situation du clergé certainement plus difficile dans un diocèse essentiellement rural comme le mien. Je connaissais des prêtres du diocèse ; le contact était favorable, c’était l’essentiel de mon point de vue. On sait qu’être prêtre ce n’est pas être simplement un fonctionnaire du culte, mais être capable d’aider les fidèles à rencontrer Dieu. Cela se fait certainement plus facilement lorsque l’on connait leur mentalité, leur enracinement social ainsi que leur histoire. Aujourd’hui, pour les jeunes qui souhaitent devenir prêtre, la question se pose souvent d’intégrer l’une ou l’autre communauté reconnue par l’Église (Communauté saint Martin, Fraternité Saint Pierre, etc.). Pour ma part, je connaissais très peu ces communautés à l’époque où j’ai décidé de devenir prêtre ; je n’ai donc pas examiné particulièrement ces possibilités extra-diocésaines. Avec leur essor récent, leur influence et leur attrait sont certainement plus forts. La plupart des diocèses n’ont plus cet atout d’attractivité et voient bon nombre de jeunes partir sous d’autres horizons ecclésiaux.

R&N : De combien d’églises et de paroissiens avez-vous la charge ?

Abbé Desaint : Je suis actuellement curé d’une paroisse de campagne regroupant une trentaine de villages soit au moins autant d’églises à desservir. La population totale est d’environ 11 000 habitants. J’ai la chance d’avoir une paroisse qui a une structure géographique favorable. J’habite au centre du territoire qui m’est confié ainsi que dans le plus grand village (3500 habitants) ; les autres communes environnantes sont facile d’accès (20 minutes en voiture au maximum) et de plus petites tailles (de 70 à 800 habitants). Cela crée donc naturellement une organisation avec un village principal et d’autres périphériques ; toutefois chacun appartient, à titre égal, à la communauté paroissiale. Il n’existe pas de paroissiens de seconde zone !

Certaines paroisses où j’ai exercé mon ministère ne présentaient pas cet avantage ; il y avait moins d’églises à desservir, mais l’éloignement géographique était plus marqué. Étant seul prêtre sur le territoire paroissial, il est plus facile d’organiser les choses lorsque la géographie et la démographie vous y aide !

Pour ceux qui sont peu habitués à la configuration des diocèses ruraux, ce grand nombre d’églises à desservir peut paraître surprenant mais il est encore relativement limité dans le diocèse de Beauvais où j’exerce mon ministère. Nous y bénéficions d’un certain nombre de prêtres et d’un bon groupe de jeunes prêtres pour conserver une organisation paroissiale raisonnable, même si la dispersion complique nécessairement les choses.

R&N : Quelles sont les différences concrètes entre paroisse rurale et paroisse urbaine ? L’une des deux est-elle a votre avis préférable à l’autre ?

Abbé Desaint : De mon point de vue, une paroisse urbaine offrira un avantage indéniable en ce qui concerne la proximité des paroissiens et des lieux de culte. Le prêtre n’a pas besoin de faire de grands déplacements pour desservir les églises dont il a la charge. Il arrive même qu’il n’ait qu’une seule église à sa charge ce qui est une réalité que je n’ai jamais connue, venant d’un diocèse rural. Même les paroisses plus urbaines du diocèse de Beauvais comportent plusieurs églises, dont généralement au moins quelques unes dans des villages de campagnes à proximité immédiate. De leur côté, les paroissiens ont les célébrations à portée de main ; c’est un atout important pour favoriser, ne serait-ce qu’une brève visite au saint Sacrement dans la journée.

Dans une paroisse rurale, l’organisation pour desservir les différents lieux de culte est importante et influe aussi sur la disponibilité du prêtre. Il faut prendre en compte l’éloignement géographique et donc le temps d’aller d’une église à l’autre. Tout n’est pas centralisé et la communication doit être efficace pour que les activités paroissiales ne soient pas restreintes à un ou deux villages plus proche du lieu de résidence du prêtre.

Toutefois, il ne s’agit pas de choisir un type de paroisse au détriment de l’autre ou même de les opposer. Les deux coexistent suivant les réalités diocésaines et il faut s’en accommoder, certes plus ou moins facilement. Mais il est indispensable que l’Évangile soit annoncé à tous, que l’on habite au cœur d’une grande ville ou au milieu des champs. C’est tout l’enjeu de la mission du prêtre : être capable de prendre en considération tout type de population et d’organisation pour que la foi progresse et se consolide.

R&N : Quel est votre quotidien de prêtre ? Quelle place y donnez-vous à la liturgie et aux sacrements ?

Abbé Desaint : Mon quotidien de prêtre est un mélange étonnant d’une vie de “monsieur tout le monde” et d’activités spécifiques au ministère sacerdotal.

Bien sûr, il y a la célébration quotidienne de la messe qui tient une place centrale ainsi que la prière ; tout spécialement celle du Bréviaire qui rythme nos journées. Le prêtre ne se contente pas de célébrer de manière extérieure ; il est invité à vivre la foi qu’il professe et à pratiquer ce qu’il enseigne. La vie spirituelle implique toute la vie du prêtre ; il n’y a pas de moment qui se vivrait, d’une certaine manière, en dehors de sa vie de consacré. Mais, parce qu’il est homme, il doit aussi prendre en compte des choses plus matérielles : préparation des repas, courses, ménage et lessive ! Sans oublier des périodes de repos pour conserver une bonne santé. Ces humbles taches ne sont pas un fardeau supplémentaire dans un agenda déjà bien rempli.

Adolescent, j’avais été marqué par un prêtre qui se préparait toujours de bons petits plats. On aurait pu trouver cela superflu pour quelqu’un qui donne sa vie au Seigneur (même si les prêtre ne font pas vœux de pauvreté). Mais il m’a expliqué l’importance de bien manger pour être en forme. Mal se nourrir, ne pas entretenir son logement est peut-être le signe que le ministère sacerdotal est traité de la même manière : trop superficiellement. Ses paroles sont restées inscrites en moi et m’invitent encore aujourd’hui à faire en sorte que ma vie soit équilibrée humainement et spirituellement sous le regard de Dieu.

On pourrait penser que le quotidien d’un prêtre se limite à quelques activités répétitives et lassante à la longue. Il n’en est rien ! Il est vrai que les activités paroissiales sont connues : messe, baptême, mariage, obsèques, préparation au baptême ou au mariage, catéchisme, accompagnement des malades, groupe de prière, adoration eucharistique, chapelet, organisation paroissiale, rendez-vous divers et variés, etc. Suivant que l’on est en semaine ou le week-end, on sait à peu près ce qui nous attend. En même temps, ces célébrations seront toujours différentes car les situations que nous rencontrons sont variées et impliquent des personnes différentes. On ne fait pas de pastorale anonyme ; Dieu nous connaît de manière personnelle. Le prêtre, en ayant une attention pour chacun, montre que le Christ est attentif personnellement à celui qui vient dans l’Église.

La prière est également vitale pour le prêtre ; sans vie spirituelle, le ministère devient vide, littéralement sans âme. Il devient une sorte de rituel sans saveur.

Bien sur, le temps de prière est un moment où nous nous reposons auprès du Seigneur. Où notre cœur prend le temps de Lui parler et de l’écouter. Mais c’est aussi un moment où nous redécouvrons de manière intime, pour nous-mêmes, ce que nous célébrons et annonçons. Que de fois, la vie concrète de certains chrétiens a été un contre témoignage de leur foi. Le prêtre ayant un rôle d’exemple, il doit avoir à cœur - plus encore que les fidèles laïcs - d’être pétri du message de foi qu’il annonce fidèlement.

R&N : Comment garder un véritable lien au sein de la communauté paroissiale alors que dans un cas elle s’étend sur un ensemble géographique aussi vaste, et dans l’autre, Paris, qu’un grand nombre de ses paroissiens se renouvèle chaque année ?

Abbé Desaint : La dispersion géographique est un défi. Avec la diminution du nombre de prêtre, les paroisses rurales changent de physionomie et s’agrandissent. Cela reste beaucoup plus rarement le cas en ville ; tout au moins en ce qui concerne l’aspect territorial.

Il me semble que le lien doit être maintenu selon deux dynamiques. L’une qui consiste, pour le prêtre, à aller à la rencontre des fidèles dans les villages en y célébrant, autant qu’il le peut, des offices (messes, mariages, baptêmes, obsèques, temps de prière ou d’adoration, etc.). Il ne faudrait pas qu’une partie de la paroisse rurale soit complètement délaissée au profit d’une autre, plus enracinées dans la foi ou même simplement plus accessible géographiquement. La deuxième dynamique dépendra des fidèles eux-mêmes. Conscients que le prêtre ne peut être partout à la fois, il faut qu’ils fassent l’effort de quitter leur village pour rejoindre la communauté paroissiale pour la messe dominicale par exemple. Bien sur, il est toujours possible d’organiser, même en l’absence du prêtre, des temps de prière dans les églises des villages, plus particulièrement pendant la semaine. Mais le rassemblement de la communauté est indispensable pour la célébration de la messe ; on ne saurait remplacer ce sacrement par un simple temps de prière, même s’il présente l’avantage de la proximité et aide à rendre accessible les nombreux lieux de culte de la paroisse.

R&N : Quels sont les besoin les plus cruciaux des paroissiens dont vous avez la charge ?

Abbé Desaint : Cette question est difficile... il y a tant de besoins et de souhaits exprimés par chacun ! Si je devais retenir quelques aspects principaux, je dirais que les paroissiens doivent d’abord ressentir la proximité de l’Église et sa disponibilité à travers le ministère de leur prêtre pour les conduire à Dieu. Cela est encore plus vrai lorsque l’éloignement est marqué ; qu’il soit géographique et/ou spirituel. Car la plupart de nos contemporains, même s’ils se définissent comme croyants, sont au fond très loin de l’Église, des sacrements et de la prière. Par la disponibilité et l’écoute dont le prêtre peut faire preuve, ils sont incités à se rapprocher de l’Église. Il y a un paradoxe qui m’étonne toujours entre la spontanéité de rechercher la présence de l’Église dans certaines circonstances (naissance, mariage, deuil, épreuve de la vie) et la distance habituellement entretenue avec elle. Il suffit de voir que bien des années après l’arrivée d’un prêtre sur la paroisse, certains ignorent encore son identité ; bien plus encore, seule une minorité aura eu l’occasion de lui adresser la parole. Il est donc primordial que l’Église sache, par l’intermédiaire des prêtres, manifester sa présence et son accueil. Cela ne veut pas dire que l’on acceptera n’importe quoi, mais que le dialogue est ouvert pour progresser dans la foi.

Par ailleurs, les paroissiens ont besoin de redécouvrir la profondeur et la beauté de leur foi. Malheureusement, elle reste pour beaucoup d’entre eux très superficielle. Même des pratiquants réguliers sont assez ignorants des Mystères de foi avec lesquels ils sont en contact régulier par la célébration des sacrements. Le prêtre a donc un rôle d’éducation dans la foi de tout premier ordre. En les aidant à mieux comprendre et à mieux vivre la foi, non seulement les fidèles seront plus enracinés dans le Christ, mais ils seront également de meilleurs évangélisateurs. Cela contribuera, encore une fois, à rendre l’Église toujours plus proche de ceux qui en sont éloignés.

Enfin, le dernier aspect, et pas des moindres, et de sortir la foi du domaine extérieur ou purement intellectuel. Loin de moi l’idée de repousser toute connaissance théologique ou de dévaloriser l’apprentissage nécessaire du catéchisme. Mais la foi des fidèles n’est pas assez intérieure ; elle n’est pas, comme le dit avec justesse le prophète Jérémie, un feu dévorant ! Les fidèles disent "je suis croyant", mais peu font vraiment cette expérience de la présence personnelle de Dieu en leur âme. Ils ne découvrent pas à quel point cette présence de Dieu transforme leur vie et la purifie comme le feu. C’est une expérience qui se fait en tout premier lieu dans la prière. Les enfants sont particulièrement réceptifs à ce besoin de rencontre spirituelle avec le Seigneur. La pureté de leur cœur n’y est pas étrangère. Il est vital pour l’avenir de leur vie spirituelle de tout mettre en œuvre - particulièrement au catéchisme et en famille - pour qu’ils fassent cette expérience de la rencontre personnelle avec Dieu. Sinon, leur foi ne sera qu’une idée de plus dans leur tête ou un poncif rabâché sans conviction jusqu’à la fin de leur vie : "oui... je crois". Leur vie est invitée à se modeler sur la foi qu’ils proclament : « Tu prétends avoir la foi, moi, je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n’agit pas ; moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi." (Lettre de saint Jacques).

Donner du sens et de la profondeur à la vie de la foi est le meilleur moyen d’attirer de nombreuses personnes à l’Église. S’ils voient que d’autres y puisent un profond ressourcement, y trouvent un changement de vie authentique à la suite du Christ, alors ils auront certainement la curiosité de venir expérimenter pour eux-mêmes cette merveilleuse rencontre. En revanche, s’ils ne voient dans ceux qui fréquent l’Église que des gens comme tout le monde, alors il n’y a pas de raison qu’un désir particulier germe en eux.

D’autres besoins existent évidemment dans nos paroisses : visite des malades, accompagnement plus personnel de ceux en situation ecclésiale difficile, manque de catéchistes pour la transmission de la foi, manque de prêtres pour célébrer la messe, etc. Mais si déjà nous pouvons parfaire ce que nous vivons avec l’aide de Dieu et son soutien, nous aurons, à mon avis, accomplit une belle progression qui fera naître en certain fidèles fervents le désir de visiter les malades, écouter ceux qui souffrent, transmettre ce qu’ils auront reçus, et certains souhaiteront même - je n’en doute pas - donner leur vie pour le Seigneur. Ils auront goûté aux merveilles de Dieu ; ils souhaiterons les donner largement à leur tour.

La diminution des vocations est pour moi un triste témoignage venant, en partie, de la superficialité de notre foi. Le prêtre est irremplaçable : "Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes", disait le saint curé d’Ars. S’il n’y a plus assez de prêtre, il n’y aura plus moyen de répondre convenablement aux besoins des paroissiens. Les fidèles, où qu’ils se trouvent, en ville ou à la campagne, ont besoin de témoins du Christ. Ils ont besoin des secours des sacrements et cela passe nécessairement par un désir de promouvoir le ministère sacerdotal qui répondra aux multiples besoins des fidèles.

R&N : L’engagement des jeunes de la génération Manif Pour Tous se ressent-il dans votre paroisse ?

Abbé Desaint : La participation des jeunes aux rassemblements de la "Manif pour tous" n’a pas été particulièrement marqué sur ma paroisse. C’est plutôt la génération des grands-parents qui s’est beaucoup investie à cette occasion. Certains ont fait le déplacement jusqu’à la capitale pour les différents rassemblements alors que nous ne sommes pas à proximité immédiate. Cela a été le signe que quelque chose d’important se jouait et que l’investissement personnel était indispensable pour en rendre compte. Cette visibilité publique a eu un impact vis-à-vis des jeunes. Presque tous sont au courant de ce qui s’est passé. Ils se sont alors interrogés sur des questions de société qu’ils n’auraient peut-être pas regardées de près sans cela. Cependant, si l’interrogation a été globalement partagée, les conclusions restent diverses et il n’est pas facile pour ces jeunes d’aller à contre-courant de la pensée laxiste actuelle. Il ne ressentent pas le besoin de combattre cette mauvaise évolution de la société ; tout au plus comprennent-t-il le problème, mais restent dans la fatalité. Ils perçoivent peu les enjeux et les conséquences que cela aura concrètement pour leur génération. Il faudra du temps pour, qu’à leur tour, ils s’investissent dans la perspective de ce mouvement et participent eux-mêmes à l’évolution des mentalités.

R&N : Le Pape François a mis l’accent sur l’évangélisation. Comment réussir à faire de l’évangélisation véritable et ne pas toucher uniquement les paroissiens déjà présents alors que la population de votre paroisse est aussi grande ?

Abbé Desaint : Le pape François ne fait que rappeler la mission fondamentale de l’Église : évangéliser ! S’il insiste particulièrement sur ce point, c’est que nous pouvons avoir tendance à nous endormir et à nous satisfaire - un peu trop rapidement - de la situation telle que nous la vivons. Les paroissiens très présents dans nos assemblées sont un public assez facile à rejoindre ; nous les avons sous la main la plupart du temps ! Pour les autres, je verrai deux catégories : ceux qui n’ont absolument aucun lien avec la communauté catholique, même ponctuel. Et ceux qui viennent à l’Église lors d’occasions privilégiées comme les baptêmes, un mariage, une première communion et surtout les obsèques.

La première catégorie, qui concerne ceux qui n’ont absolument aucun lien - même ponctuel - avec l’Église, est bien sûr la plus problématique. Il faudrait pouvoir prendre le temps d’aller les rencontrer, mais l’étendue des paroisses rend les choses compliquées. A nous certainement d’inventer d’autres méthodes d’évangélisation qui porterons du fruit pour que l’Église s’élargisse toujours davantage. Avant les nombreuses réunions, l’organisation pratique et même les grands projets, seule la prière nous aidera à ne pas perdre de vue ce pour quoi nous sommes devenus prêtres : apporter le Salut à chacun au Nom de Jésus-Christ. Sinon nous sombrerons dans l’agitation pastorale qui occasionne beaucoup de paroles, mais peu d’effets ! Pour ces personnes sans lien avec l’institution ecclésiale, il faudrait réussir à établir un premier contact, une première proposition de la foi.

Pour les chrétiens "occasionnels", il faut saisir l’opportunité de leur venue comme une grâce. Ils sont là généralement de leur propre initiative ; et même s’ils n’attendent pas grand chose de l’Église, ils rejoignent quand même la communauté des fidèles plus habituels. La célébration des obsèques est pour moi le premier lieu où l’on peut rencontrer cette catégorie de personnes. Ils viendront plus par amitié pour le défunt que pour des raisons de foi. Mais peu importe : ils sont là dans nos églises. En célébrant les obsèques, le prêtre aura l’opportunité de leur montrer qu’il existe et que Dieu a une place dans leur vie ! Il pourra leur faire entendre la Parole de Dieu, et leur adresser un message de foi qui les aidera à cette rencontre avec le Christ. Bien entendu, il est illusoire de penser que tout se joue en une fois. Mais sachant que les célébrations des obsèques sont parmi les plus fréquentées de nos paroisses, c’est un moment à ne pas négliger. Une belle occasion de toucher les âmes et de les amener vers leur Sauveur.

Nous savons qu’avant de parvenir à une évangélisation véritable et profonde spirituellement, il faut souvent en passer par une simple rencontre humaine. La disponibilité du prêtre et la célébration religieuses des obsèques permettent ce point de départ. Il n’est pas rare de constater une véritable évolution chez des personnes venues simplement pour "assister", selon le terme utilisé, à des obsèques. Elles passent d’une simple assistance passive à une démarche active dans la foi. Cette évolution existe, il faut être patient pour réunir les conditions qui permettront sa mise en place et sa pérennité.

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