L’infolettre du R&N revient bientôt dans vos électroboîtes.

[NEUVAINE POUR LA FRANCE] Les deux cités : l’humaine et la divine

Du 15 novembre 2014 au 15 août 2015, une grande Neuvaine pour la France est proposée aux catholiques français. Le Rouge & le Noir se joint pleinement à cette initiative.
Chaque jour, le site de la Neuvaine pour la France met en ligne des ressources spirituelles. Nous les relayons dans nos colonnes, vous invitant à les méditer et à vous unir à nous dans la prière.

Les deux cités : l’humaine et la divine

Père Henri-Dominique Lacordaire, op (1802-1861), Discours sur la vocation de la nation française, (prononcé à Notre-Dame de Paris, le 14 février 1841 pour l’inauguration des frères prêcheurs en France) Mélanges, Paris, Poussielgue, 1857, p. 261-262

« C’est Dieu qui a fait les peuples et qui leur a partagé la terre, et c’est aussi lui qui a fondé au milieu d’eux une société universelle et indivisible : c’est lui qui a fait la France, et qui a fondé l’Eglise. De telle sorte que nous appartenons tous à deux cités, que nous sommes soumis à deux puissances, et que nous avons deux patries : la cité éternelle et la cité terrestre, la puissance spirituelle et la puissance temporelle, la patrie du sang et la patrie de la foi. Et ces deux patries, quoique distinctes, ne sont pas ennemies l’une de l’autre ; bien loin de là : elles fraternisent comme l’âme et le corps fraternisent, elles sont unies comme l’âme et le corps sont unis ; et, de même que l’âme aime le corps, bien que le corps se révolte souvent contre elle, de même la patrie de l’éternité aime la patrie du temps et prend soin de sa conservation, bien que celle-ci ne réponde pas constamment à son amour. Mais il peut arriver que la cité humaine se dévoue à la cité divine, qu’un peuple s’honore d’une alliance particulière avec l’Eglise : alors l’amour de l’Eglise et l’amour de la patrie semblent n’avoir plus qu’un même objet ; le premier élève et sanctifie le second, et il se forme de tous deux une sorte de patriotisme surnaturel, dont saint Paul nous a donné l’exemple et l’expression dans ces sublimes paroles de son Épître aux Romains. « Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens pas, ma conscience me rendant témoignage dans l’Esprit-Saint : j’ai dans le cœur une tristesse grande et une douleur qui ne cesse pas ; car je souhaiterais d’être séparé du Christ par l’anathème, en faveur de mes frères qui sont mes parents selon la chair, qui sont israélites, de qui est l’adoption des enfants, et la gloire, et le testament, et la législation, et le service, et les promesses ; de qui sont les pères, de qui est le Christ selon la chair, le Christ, Dieu béni par-dessus toutes choses, dans les siècles des siècles  » (Épître aux Romains 9, 1 et sq). Il était impossible d’exprimer plus énergiquement l’amour de la patrie surnaturalisé par la foi ; et, du reste, tous les prophètes sont remplis de ces élans patriotiques, depuis David s’écriant : « Seigneur, Vous Vous lèverez, Vous aurez pitié de Sion, parce que le temps d’en avoir pitié est venu, parce que ses pierres ont plu à Vos serviteurs » (Ps. 101, 14-15) ; jusqu’à Jésus-Christ pleurant à la vue de Jérusalem, et disant avec une si pieuse douleur : « Ah ! si tu avais connu, même en ce jour, qui est encore le tien, ce qui peut te donner la paix » (Luc, 19, 42) ! »

Prolongez la discussion

Le R&N a besoin de vous !
ContribuerFaire un don

Le R&N

Le Rouge & le Noir est un site internet d’information, de réflexion et d’analyse. Son identité est fondamentalement catholique. Il n’est point la voix officielle de l’Église, ni même un représentant de l’Église ou de son clergé. Les auteurs n’engagent que leur propre conscience. En revanche, cette gazette-en-ligne se veut dans l’Église. Son universalité ne se dément point car elle admet en son sein les diverses « tendances » qui sont en communion avec l’évêque de Rome : depuis les modérés de La Croix jusqu’aux traditionalistes intransigeants.

© 2011-2017 Le Rouge & le Noir v. 3.0, tous droits réservés.
Plan du siteContactRSS 2.0