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Le mot est redevenu à la mode depuis quelques semaines. Le gouvernement et les députés socialistes se plaisent à nous traiter de « nervis » voire de « nervis d’extrême droite ». Ca fait froid dans le dos. Il fait peur ce mot qui semble tout droit venu des heures les plus sombres de notre histoire... Mais au juste, c’est quoi un nervi ? Un ami intelligent (puisqu’il écrit dans cette excellente gazette) m’a assuré : « C’est un mot d’origine turque. » M’apercevant que même les meilleurs d’entre-nous se laissaient insulter sans savoir exactement de quoi, je me suis décidé à faire un petit rappel historique.

Nèrvi est un mot provençal qui signifie le nerf. Le nèrvi vient du latin nervium et s’apparente au nervo italien, au nervio espagnol ou encore au nervi catalan (Doit-on répéter que Provençaux et Catalans ont beaucoup en commun ?) Lou tresor dóu Felibrige de F. Mistral, dictionnaire provençal de référence, précise que le nèrvi peut aussi être un « garnement de la lie du peuple, voyou insolent et tracassier, sorte de lazzarone à Marseille. »

Ce sens du mot est né à Marseille et vient plus précisément du nèrvi de biòu, le nerf de boeuf. En effet, au XIXe siècle, Marseille entérine sa mauvaise réputation de « ville coupe-gorge ». Dans cette ville construite autours du port, les ouvriers sont extrêmement nombreux, l’emploi se fait rare et les salaires sont très bas. Les trafics en tout genre se développent et les petits voyous foisonnent.

Ces petits voyous se promènent le plus souvent avec un nerf de boeuf, dont ils se servent pour casser la tête des riches passants et des bourgeois pour leur faire le porte-feuille. On appelle donc ces mauvais garçons des nèrvi en référence à leur arme favorite. Précisons que ces nervis sont des ouvriers, des mauvais ouvriers sans foi ni loi mais avec un certain style, une certaine classe malgré tout. Notons qu’aujourd’hui, à Marseille, l’on peut se faire traiter de « chien des quais » en référence au nervi d’origine. Cette simple insulte donne une idée de ce que pouvait être le nervi au XIXe siècle. Le nervi est rapidement devenu une figure emblématique de la ville puis le mot s’est répandu dans tout le reste du pays pour désigner un petit délinquant, un vaurien, un petit voleur, un voyou ou encore un casseur.

Pour résumer, d’un mauvais ouvrier qui agresse des bourgeois pour rembourser ses dettes de jeu, ses putains et ses canons, le nervi est devenu un jeune qui résiste à des CRS pour défendre ses idéaux. Au moins, nos dignitaires socialistes pourront dire qu’ils ont participé à l’évolution de la langue !

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