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La religion catholique à la lumière du soleil levant (III)

III- La crainte de Dieu

Cette composante essentielle de la Foi est souvent mise aux oubliettes, quand elle n’est pas niée, comme si elle ne comptait pour rien, ne servait à rien, voire témoignerait d’une sorte d’arriérisme qui gêne le moderne se disant catholique.

Pourtant la crainte de Dieu est essentielle. Elle se trouve étroitement liée au respect de Dieu, élément absolument nécessaire pour parvenir, un jour peut-être, à aimer Dieu. Il est impossible d’aimer quelqu’un que l’on ne respecte pas, puisqu’on ne peut aimer ce que l’on considère avec indifférence, voire avec hostilité ou inimité. Le respect du divin ne se contente pourtant pas de la pauvreté d’une sorte de respect superficiel humain, qui se limiterait à une simple considération distanciée et mesurée : au fond ce pseudo-respect, que l’on appelle parfois tolérance dans le jargon moderne, n’est qu’une indifférence ou, pire, une arrogance où l’on s’arroge une position d’égalité, d’équivalence à l’autre. Position d’égalité absolument inexistante dans la relation au divin.

La crainte en effet permet, au fond, d’accepter cette différence, ce saut, cette frontière qui existe entre nous autres hommes, imparfaits, mortels, souillés et pêcheurs et le divin. L’homme est un être étrange qui a besoin de réaliser souvent et habituellement sa condition humble, au péril, s’il ne le fait, de sombrer dans la démesure aussi sèchement. Le divin tout puissant a de quoi être craint, ce qui n’a rien à voir avec la peur. La crainte est la reconnaissance naturelle, à la fois dans des attitudes et des sentiments, de la toute-puissance divine et de l’ordre verticale qui nous lie au divin entre ciel et terre. Tout cela est réel évidemment, mais l’homme enclin à la démesure a besoin de se souvenir que Dieu peut aussi nous anéantir, dans les catastrophes mais pas seulement, par son action directe telle Sodome et Gomorrhe, ou du moins, nous rappeler qu’il peut nous punir déjà sur cette terre, sans attendre le jugement final. Il est d’ailleurs fortement probable que ceux qui croient être dieux à la place de Dieu sont les plus punis de tous : dans leur morgue et leur fourvoiement dans le mal, inversant tout et refusant repentance et humilité, ils se privent du vrai bonheur, et, à leur insu, sont d’ores et déjà punis sur cette terre. Le cruel moderne qui massacre et détruit ne donne jamais envie, puisqu’au fond il est bien le plus punis de tous, le plus triste des êtres, même s’il ne le reconnaîtra jamais.

Le Père n’est pas commode, et même Jésus, s’il est de toute miséricorde, est dur et sévère. L’un ne va pas sans l’autre. Il ne faut pas croire que Dieu ne punit pas. Quand on déplore que les méchants réussissent, on ne comprend pas que réussir dans ce monde moderne n’est pas un bien. Plus on réussit aujourd’hui, plus on s’éloigne du bon, plus on est punis, plus on se trouve loin du désirable bien. La seule réussite à poursuivre est la réussite divine et non celle bassement humaine.

Dieu sait punir quand il le faut. Si nous n’arrivons plus à le réaliser c’est que nous ne savons plus le voir, nous sommes atteints, en cette triste époque, par une cécité divine. Ne pas se rendre compte de sa propre punition et se croire heureux lorsqu’on est malheureux est d’une tristesse tragique…

Prenons un exemple frappant de l’action divine, rapportée par le supérieur du sanctuaire royal d’Ise. Une fois tous les 20 ans se déroulent le transfert du sanctuaire, qui a eu lieu pour la dernière fois en 2015. L’acmé de ce transfert se trouve dans la cérémonie du transfert du corps du dieu, c’est-à-dire de l’équivalent, pour le dire en termes catholiques, du Saint-Sacrement, sauf que le support est un miroir et non du pain. On imagine aisément les grandes précautions que ce déménagement impose. Peu de participants hors des prêtres et de familiers du roi. Mais, époque oblige, un clandestin se trouve sur les lieux. Il n’est pas vraiment méchant mais il est mécréant. Dans ce moment sacré, il a une attitude indécente face aux dieux, jouent sur son téléphone et gêne ses voisins. Il n’est pas dans la crainte de Dieu de façon carrément ostentatoire. Que se passe-t-il ? A l’instant où le corps du Dieu passe devant lui, il fait un arrêt cardiaque. On ne rigole avec le divin en somme.

Il sera sauvé ensuite après avoir été évacué par les secours, montrant aussi la miséricorde divine qui punit, certes, mais pour convertir les cœurs et pour le bien de chacun.

Craignons Dieu pour marcher entièrement sur la voie divine.

Paul-Raymond du Lac
Pour Dieu, Pour le Roi, Pour la France

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