L’infolettre du R&N revient bientôt dans vos électroboîtes.

La philosophie, l’homophobie et l’insulte...

Ce texte a été publié sur la page Facebook des Veilleurs debout.

L’avis d’un internaute veilleur

L’homophobie est un concept de combat pour imposer une idéologie par la violence. Voici plusieurs éléments (chez Butler, philosophe et linguiste ayant travaillé sur l’insulte notamment)

1) La parole est acte (énoncé performatif d’Austin), dire c’est faire. Le verbe Divin : « Que la lumière soit ! Et la lumière fut... »

2) La « scène d’interpellation » chez Althusser : lorsque le gendarme dit « hé ! Vous là bas ! », il fige le sujet dans un rapport de domination en le réifiant.

Butler croise les deux : dire de quelqu’un qu’il est homosexuel c’est le « figer » dans son identité sexuelle et lui imposer un rapport de force du type majorité oppressive-victime oppressée. Questionner l’homosexualité ou même parler de l’homosexualité, c’est déjà de l’homophobie. Il est évident pourtant, pour reprendre Spinoza que « le mot chien ne mord pas », c’est à dire qu’un mot ne tue personne (on sanctionne les actes, pas les idées, principe hérité d’Abélard que toutes les lois Pleven, Taubira et Gayssot remettent profondément en question)

Il en ressort :

1) Que les homosexuels rejettent eux mêmes le qualificatif dont ils s’affublent. Fierté pour les uns (coming out, gay pride) et honte pour les autres.

2) Que traiter quelqu’un d’homophobe renverse le rapport de domination (qui n’est pas) et rend impossible tout discours rationnel critique.

3) Que le débat reste cantonné à l’échange d’insultes : « - Homo et hétéro c’est différent » ; « - Homophobe ! » ; « - Meuh non » ; « - Meuh si » ; « - Meuh non... » (ad lib.)

Butler a traité le sujet de l’homosexualité parce qu’il la touchait de près, mais ça marche bien entendu pour tout type de discours victimaire.

Ainsi, toute forme de pensée devient discriminatoire. Le terme de discrimination désigne à l’origine le fait d’établir une distinction entre deux objets de pensée. Les bruns et les blonds, l’essentiel et le superflu, le mariage et le célibat par exemple. Si différentier c’est discriminer et si dans une perspective idéologique toute discrimination introduit un rapport de domination « nauséabond », alors toute réflexion sur le réel devient impossible.

Ce qui est profondément régressif, voire « barbare ». La violence surgit de la frustration à ne pas pouvoir mettre des mots sur le réel (concret ou sentiments), à penser la nuance. Une telle attitude de « stigmatisation » de toute forme de distinction conduit donc à produire la violence (voire à la décupler) alors qu’on cherchait précisément à l’éviter. C’est précisément ce qui se passe en ce moment.

Si toute réflexion sur le « Mariage pour tous » est taxée d’homophobie et empêche tout débat en produisant des frustrations multiples par l’inhibition, la violence faite aux homosexuels resurgira de façon décuplée simplement parce qu’elle ne sera plus pensable (et donc critiquable). Tout ceci est donc assez dangereux...

Prolongez la discussion

Le R&N a besoin de vous !
ContribuerFaire un don

Le R&N

Le Rouge & le Noir est un site internet d’information, de réflexion et d’analyse. Son identité est fondamentalement catholique. Il n’est point la voix officielle de l’Église, ni même un représentant de l’Église ou de son clergé. Les auteurs n’engagent que leur propre conscience. En revanche, cette gazette-en-ligne se veut dans l’Église. Son universalité ne se dément point car elle admet en son sein les diverses « tendances » qui sont en communion avec l’évêque de Rome : depuis les modérés de La Croix jusqu’aux traditionalistes intransigeants.

© 2011-2018 Le Rouge & le Noir v. 3.0, tous droits réservés.
Plan du siteContactRSS 2.0