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La féminité sauvera le monde

Après une nouvelle édition de la journée internationale des droits des femmes, cette année très chargée en récriminations contre les hommes et la masculinité toxique, nous avons souhaité parler des femmes et de féminité.
Découvrez notre entretien avec Thérèse, jeune femme à l’origine du blog Femme à part. Très active sur les réseaux sociaux, elle a récemment écrit un livre intitulé La féminité, moyen d’apostolat. Elle y conduit une réflexion sur la tenue vestimentaire catholique et sur la décence.


Crédits photos : © Femme à part.

R&N : Qu’est-ce qui oppose féminisme et féminité ?

Tout ! Le mouvement féministe, dans ses racines profondes, nie la beauté, voire l’existence, de la féminité. Selon ses adeptes, la femme est un homme comme un autre, la femme doit ressembler à l’homme, le copier, faire la même chose que lui pour avoir de la valeur. Il n’y a qu’à lire quelques extraits des ouvrages de Simone de Beauvoir, l’une des instigatrices du mouvement féministe en France, pour se rendre compte de sa vision noire et morbide de la féminité et de la maternité. Bien entendu, les courants féministes évoluent et sont assez variés, mais leurs racines et leur idéologie restent les mêmes et vont à l’encontre d’une féminité vraie, et rayonnante, complémentaire du masculin.

R&N : Comment expliquez-vous cette perte de virilité qui se ressent chez certains hommes et ce manque de féminité chez certaines femmes ?

Je pense que les deux sont intimement liés et s’influencent mutuellement. Pour parler du côté féminin, il est évident que l’idéologie féministe n’y est pas étrangère. On essaie depuis tant d’années de nier la spécificité féminine, de gommer les différences entre les sexes, et de rendre la société androgyne, qu’il est presque politiquement incorrect de parler de spécificité féminine, de maternité, de vocation de la femme, etc. Toute remarque permettant de différencier les sexes devient sexisme, outrage et passible des pires insultes. À cause de cela, beaucoup de femmes enfouissent leur féminité et leurs désirs féminins, car elles ont peur de se faire montrer du doigt (je pense notamment aux femmes qui préfèrent s’occuper de leurs enfants et de leur foyer plutôt que de leur carrière). Mais pourquoi serait-il si mauvais d’être une femme et d’être féminine ? Cette perte de repères et ce détachement de la réalité ne peuvent que faire du mal à la femme, à l’homme et à toute la société. Nous sommes dans une société qui nous parle sans cesse de libération de la femme, et pourtant celles-ci n’ont jamais été aussi uniformisées et malheureuses. Ce n’est pas une coïncidence. Lorsque l’on essaie de renier sa propre nature, on ne peut pas trouver le Bonheur.


Crédits photos : © La Champanera.

R&N : L’homme est de plus en plus blessé dans sa chair, notamment à cause des images ultra sexualisées qui circulent dans les médias. Quel rôle à la femme dans ce combat ?

La femme a un rôle crucial à jouer contre l’hypersexualisation de la société en générale, et des femmes en particulier. Tout est fait (médisa, publicité, réseaux sociaux, pornographie) pour transformer la femme en objet de jouissance et la rendre utilisable à souhait. En se positionnant contre cette mentalité immorale et mortifère, la femme peut freiner cette tendance et la faire régresser. En éliminant toute vulgarité de son attitude, de ses paroles et de sa tenue, la femme peut retrouver sa dignité et pousser la société, et les hommes en particulier, à respecter davantage le sexe faible. Les femmes doivent apprendre à se faire respecter, non pas en élevant la voix, en écrasant les hommes et en prenant des manières masculines, mais en restant à leur place avec dignité, en faisant le bien là où elles passent, et en accomplissant de grandes choses avec humilité. Elles doivent également prendre conscience que le combat de l’homme pour la pureté n’est pas le même que celui de la femme, et qu’il faut avoir la charité de les aider dans ce combat, notamment en veillant à la décence de leur tenue vestimentaire. En montrant l’exemple de cette façon, elles auront également une influence sur les enfants et les plus jeunes, qui apprendront ou réapprendrons à respecter la Femme.

R&N : En tant que chrétiens, nous sommes dans le monde mais nous ne sommes pas du monde. Comment cela peut-il être compris et mis en pratique pour une femme contemporaine ?

Ce passage de l’Évangile de Saint Jean est très intéressant. Le Bon Dieu ne veut pas que nous nous coupions du monde, mais il ne veut pas que nous nous laissions tenter par lui pour autant. Nous sommes là où Dieu nous a mis dans sa divine Providence, et nous devons nous efforcer de devenir des saints à cet endroit, à cette époque, avec les talents particuliers qu’Il nous a donnés. La présence de femmes catholiques et dignes, dans un monde déchristianisé et sans repères, est un bon moyen d’apostolat. Nous pouvons faire beaucoup en assumant notre foi, nos valeurs, nos aspirations, sans pactiser avec le monde ni nous compromettre pour lui. Il s’agit de trouver un équilibre, de se protéger tout en faisant rayonner autour de nous tout ce que nous avons reçu. Il est tout à fait possible de vivre à notre époque et pleinement ancrés dans la société, sans pour autant renier les promesses de notre baptême. Cela demande davantage de travail et de vigilance, car la société actuelle est particulièrement anti-chrétienne et sans valeurs, mais c’est possible.

R&N : Vous conseillez aux femmes de s’habiller avec modestie. Est-ce que cela veut dire qu’un vêtement peut exprimer quelque chose à notre place ?

C’est évident, car notre vêtement est presque comme un uniforme ! Il en dit beaucoup sur nous : notre style, notre métier, notre personnalité, notre sexe, nos valeurs, notre foi. Il parle presque malgré nous, et donne une première impression de nous-mêmes avant même que nous n’ayons ouvert la bouche. C’est un élément crucial de notre vie, et qui plus est que nous portons tous les jours. Il faut donc y apporter la plus grande importance et ne pas traiter ce sujet à la légère. Nous devons nous poser les questions suivantes : pour qui je m’habille ? Pour quoi ? Comment ? Ma manière de m’habiller est-elle cohérente avec ma manière de penser, et vice-versa ? Beaucoup de femmes pensent que seule l’intention compte, et que le vêtement n’est qu’un accessoire. Or, dans la Genèse, Dieu lui-même a revêtu Adam et Ève de peaux de bêtes, alors qu’ils s’étaient déjà couverts par eux-mêmes. Comment penser alors que ce n’est qu’un détail, si Dieu lui-même se penche sur la question ? Cherchons à unifier l’intérieur et l’extérieur, à montrer de façon visible ce que nous sommes et ce que nous voulons être, et gagner en élégance et en décence, pour notre bien et celui de ceux qui nous entourent. C’est le meilleur moyen de faire rayonner notre féminité et d’avoir un réel impact sur le monde qui nous entoure et qui a besoin de beauté et de pureté.

Charlotte de Kerennevel

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