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[J. OUSSET] Beauté de l’amour humain reflet de l’amour de Dieu ! Ne désincarnons pas l’amour...

Au moment où les Pères du Synode pour la famille méditent sur leur première synthèse, ne faisons pas de l’amour une idéologie désincarnée. Jean-Paul II avait consacré 160 enseignements à la théologie du corps. La tentation est grande de séparer ce que Dieu a uni dans le mystère de l’incarnation de Notre-Seigneur Jésus Christ, vrai Dieu et vrai Homme. Pour faire comprendre à l’homme comment Il nous aime, Dieu n’a pas craint de prendre pour exemple l’amour humain…
Chaque mercredi, le Rouge & le Noir publie un extrait de Jean Ousset (1914-1994). Ces extraits ont pour objectif de répondre à une question, en se fondant sur les Ecritures. (Source Amour ou sexualisme, L’amour de Dieu, p. 26 à 35.)

Pour se former et agir à l’école de Jean Ousset, ces publications sont diffusées en collaboration avec Ichtus, organisation héritière de la pensée et de son œuvre.
Ichtus propose des formations « Anthropologie et Politique » à l’école de JP II avec Bruno de Saint Chamas à partir du 4 novembre 2014, « Faire aimer la Civilisation » par l’Art avec Nicole Buron le 13 novembre, « Les ateliers de l’Histoire » avec Martin Dauch le 19 novembre.

Beauté de l’amour humain reflet de l’amour de Dieu ! Ne désincarnons pas l’amour… leçon du Cantique des Cantiques pour révéler l’amour de Dieu

Cantique des cantiques 1,1-17 : « Qu’il me donne les baisers de sa bouche »

01 LE CANTIQUE DES CANTIQUES. De Salomon.
ELLE
02 Qu’il me donne les baisers de sa bouche : meilleures que le vin sont tes amours !
03 Délice, l’odeur de tes parfums ; ton nom, un parfum qui s’épanche : ainsi t’aiment les jeunes filles !
04 Entraîne-moi : à ta suite, courons ! Le roi m’a fait entrer en ses demeures.
CHŒUR
En toi, notre fête et notre joie ! Nous redirons tes amours, meilleures que le vin : il est juste de t’aimer !
ELLE
05 Noire, je le suis, mais belle, filles de Jérusalem, pareille aux tentes de Qédar, aux tissus de Salma.
06 Ne regardez pas à ma peau noire : c’est le soleil qui m’a brunie. Les fils de ma mère se sont fâchés contre moi : ils m’ont mise à garder les vignes. Ma vigne, la mienne, je ne l’ai pas gardée…
07 Raconte-moi, bien-aimé de mon âme, où tu mènes paître tes brebis, où tu les couches aux heures de midi, que je n’aille plus m’égarer vers les troupeaux de tes compagnons. CHŒUR
08 Si tu ne le sais pas, ô belle entre les femmes, va dehors sur les traces du troupeau et mène paître tes jeunes chèvres vers les tentes des bergers.
LUI
09 Cavale attelée aux chars de Pharaon, ainsi tu m’apparais, ô mon amie !
10 Quel charme, tes joues entre tes boucles, ton cou entre les perles !
11 Nous te ferons des boucles d’or, incrustées d’argent.
ELLE
12 Quand le roi est dans ses enclos, mon parfum répand sa bonne odeur.
13 Mon bien-aimé, pour moi, est un sachet de myrrhe : entre mes seins, il passera la nuit.
14 Mon bien-aimé, pour moi, est un rameau de cypre parmi les vignes d’Enn-Guèdi.
LUI
15 Ah ! Que tu es belle, mon amie ! Ah ! Que tu es belle : tes yeux sont des colombes ! ELLE
16 Ah ! Que tu es beau, mon bien-aimé : tu es la grâce même ! La verdure est notre lit  ;
17 les cèdres forment les poutres de notre maison et les cyprès, nos lambris.

« L’amour ne peut pas ne pas être un reflet de cet amour dont tout procède : Dieu.
Amour qu’un certain style pieusement poétique a fait passer pour tellement relevé, surnaturel, désincarné, qu’il paraît insensé de l’invoquer pour éclairer nos pauvres amours de la terre.
Et pourtant il est facile de montrer à quel point les formules, les élans de l’amour divin sont (analogiquement) les mêmes au degré de nos amours terrestres.
A lui seul, le Cantique des cantiques ne suffirait-il pas à montrer jusqu’où aller, jusqu’où peut descendre la similitude ? Non qu’en invoquant cet exemple nous refusions d’admettre la finalité exclusivement surnaturelle de ce texte sacré ! Nous comprenons fort bien l’insistance des exégètes dans ce sens. A condition pourtant que l’insistance de cette interprétation tout spirituelle n’arrive pas à faire oublier ce qu’il y a quand même de très significatif dans ce livre de la Bible. Et c’est que, pour apprendre aux hommes les ardeurs de son amour, Dieu n’a pas craint d’en prendre l’image dans ce que l’amour d’un homme et d’une femme a de plus intime, de plus passionné.
Preuve qu’il doit exister une analogie entre ces deux amours.
Preuve qu’il ne doit pas être tellement inconvenant de désigner comme le plus beau titre de gloire de l’amour humain le fait que Dieu ait pris son langage pour donner une idée de Son Amour pour nous. (…)
S’il existait aucun rapport entre cet amour du ciel et cet amour de la terre, croit-on que Dieu aurait invoqué celui-ci pour faire comprendre celui-là ?
Selon Dieu même, donc, il n’est pas impossible que le véritable amour humain puisse aider à comprendre l’amour divin. Ce dernier étant susceptible à son tour de faire mieux comprendre ce que peut et doit être l’amour humain.

Mais ouvrons le Cantique des cantiques :

« Qu’il me baise des baisers de sa bouche... Entraîne-moi sur tes pas, courons...
« J’entends mon bien-aimé. Voici qu’il arrive sautant sur les montagnes... Voici qu’il se tient derrière le mur. Il guette par la fenêtre...
« Mon bien-aimé a passé la main par le trou de la porte ; du coup mes entrailles ont frémi... Son bras gauche est sous ma tête et sa droite m’étreint...
« Mon bien-aimé est un sachet de myrrhe qui repose entre mes seins...
« Que tu es belle, ma bien-aimée, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes derrière ton voile... Tes dents, un troupeau de brebis tondues qui reviennent du bain... Tes lèvres un fil d’écarlate... Tes joues, des moitiés de grenade... Tes lèvres distillent le miel vierge.
« Que tes pieds sont beaux dans tes sandales, fille de prince... La courbe de tes flancs est comme un collier, œuvre des mains d’un artiste. Ton nombril forme une coupe où le vin ne manque pas... Ton ventre, un monceau de froment de lis environné... Ton cou, une tour d’ivoire.
« Dans ton élan tu ressembles au palmier. Tes seins en sont les grappes...
« Le parfum de ton souffle est celui des pommes, et tes discours un vin exquis... »
.

Paroles mystérieuses, et qui ont étonné. Paroles surprenantes parce qu’elles furent, qu’elles sont, qu’elles resteront les paroles de l’amour de chaque époque et de tous les pays, pour peu qu’un couple s’aime vraiment. Paroles uniques dans la Sainte Ecriture ! Car, bien qu’on trouve en celle-ci l’histoire d’admirables unions d’hommes et de femmes, ces unions n’y sont jamais présentées avec ces caractères d’intemporelle actualité, de constante modernité de l’élan d’amour décrit et célébré par le Cantique des Cantiques.
Qu’on se souvienne des mariages les plus émouvants racontés dans la Bible : celui d’Isaac et de Rebecca, de Tobie et de Sarah, et l’on ne manquera pas d’observer combien le ton de leur amour diffère de l’accent passionné du Cantique des Cantiques. C’est pourtant ce dernier qui, au regard des plus grands mystiques, fut et demeure le chant privilégié des amours de l’âme et de son Dieu.
Non qu’il soit permis de l’invoquer pour une exaltation indue et quasi exclusive des choses de la chair. Il permet simplement de croire que si ces choses de la chair étaient illégitimes, impures en elles-mêmes, Dieu ne les aurait certainement pas choisies pour servir à la description d’un amour tout spirituel et surnaturel.
Reste que si les versets du Cantique des Cantiques décrivent ce que l’amour divin a de plus intime et de plus passionné, leur tour analogique les rend assez obscurs. D’où l’intérêt d’exemples plus précis. »

Triptyque Romain – Méditations – Jean-Paul II – Cerf 2003

« Il voyait, retrouvant en tout une empreinte de son Être, de sa plénitude,
Il voyait :
Dévoilé et transparent –
Véritable, bon et beau –
Car celui qui a crée « voyait » - Il voyait que « cela était bon ».
Le commencement est invisible. Ici tout le manifeste.
Autrefois, sortant du Vatican, Michel-Ange offrit une symphonie de couleurs, ayant pour clef « image et ressemblance ».
Grâce à cette clef, l’invisible se rend visible.
En cette Communion se réalise une donation réciproque de la plénitude de vérité, de bien et de beauté…
Dans la symphonie des couleurs de la Sixtine, le Créateur prend forme humaine.
C’est un vieillard tout puissant – semblable à Adam sa créature.
Et eux ?
« Homme et femme Il les créa. »
Et il leur restait le don que Dieu leur fit.
Ils prirent en eux – à la mesure de leur humanité – cette donation mutuelle qui est en lui.
Nus, tous deux…
Tant qu’ils conservaient ce don, ils n’avaient pas honte – Avec le péché viendra la honte.

Ils vivent, conscients de ce don, même s’ils ne savent pas le nommer.
Ils en vivent. Ils sont purs.
Et quand ils deviennent « un seul corps » - Ô admirable union – à l’horizon de cette union pointent la paternité et la maternité.
C’est alors qu’ils remontent aux sources de la vie qu’ils portent en eux.
Ils remontent au Commencement
Adam s’unit à sa femme, elle conçut et enfanta.
Ils savent qu’ils ont franchi le seuil de la responsabilité la plus grande ! »

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