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[J. OUSSET] « Aime et fais ce que tu veux ! » Quelle est la mesure du bel amour ?

Pour les uns le moteur de la vie sociale est la haine, la jalousie, la volonté de puissance pour pouvoir instrumentaliser les autres ; c’est donc la loi du plus fort qui s’impose. D’autres invoquent l’amour mais un amour contrat sans don de soi. Un amour négocié. Cet amour peut-il être le bel amour ? La mesure de l’amour est d’aimer sans mesure. « Aimer c’est tout donner et se donner soi même ». « Tout ce qui n’est pas donné est perdu »…
Chaque mercredi, le Rouge & le Noir publie un extrait de Jean Ousset (1914-1994). Ces extraits ont pour objectif de répondre à une question, en se fondant sur les Ecritures. (Source Le bonheur et l’amour, in Permanences n° 169, avril-mai 1980, p. 22-24, 26)

Pour se former et agir à l’école de Jean Ousset, ces publications sont diffusées en collaboration avec Ichtus, organisation héritière de la pensée et de son œuvre.
Ichtus propose des formations « Anthropologie et Politique » à l’école de JP II avec Bruno de Saint Chamas à partir du 4 novembre 2014, « Faire aimer la Civilisation » par l’Art avec Nicole Buron le 13 novembre, « Les ateliers de l’Histoire » avec Martin Dauch le 19 novembre.

Livre de l’Apocalypse ; III ; 15 : « Je connais tes actions, je sais que tu n’es ni froid ni brûlant »

(…) Le véritable amour est fondamentalement généreux. Et c’est par là qu’il peut bénéficier de la prédilection de l’Infinie Miséricorde. Pour qui aime vraiment rien n’est jamais perdu ! Dieu Lui-même n’a-t-il pas dit qu’il vomirait les tièdes ? C’est dans ce sens, et ce ne peut être que dans ce sens, que la citation de saint Augustin doit être entendue : « aime et fais ce que tu veux ». Car dès lors qu’on aime vraiment, qu’aime généreusement, le danger moral présumé de cette recommandation d’Augustin est, non seulement un danger moins à craindre, mais un danger moins grave que celui de l’indifférence, de la tiédeur, toute formaliste, d’une vie apparemment correcte mais sans amour.

Car, dans cette vie sans amour, le danger est (fondamentalement et immédiatement) beaucoup plus grave d’une nullité, d’une leucémie morale qui, malgré sa complaisance en elle-même, fut, est et restera la marque de ce pharisaïsme que Notre Seigneur n’a guère cessé de maudire. « Etre le serviteur de son idée, a dit Psichari, ce n’est pas donné à tout le monde  ». Certes ! Mais être le serviteur vraiment donné à son amour ne l’est pas davantage. Donc, pour peu qu’on soit (ou qu’on se veuille) généreux s’attacher à mener une vie ardente ! Ne jamais renoncer à aimer ! A aimer d’un bel amour ! A aimer vraiment ! A bien aimer ! Car lorsqu’on renonce à aimer ainsi pour choisir ce que l’on croit être plus réaliste, plus prudent ; quand on oublie que la vie est née d’un acte d’amour et qu’elle n’a un sens digne d’elle que si elle est une vie d’amour, une vie « donnée », le jour vient très vite où l’on constate qu’au fond cette vie on est en train de la perdre, ou qu’on l’a déjà perdue.

Catéchisme de l’Eglise Catholique

1765 Les passions sont nombreuses. La passion la plus fondamentale est l’amour provoqué par l’attrait du bien. L’amour cause le désir du bien absent et l’espoir de l’obtenir. Ce mouvement s’achève dans le plaisir et la joie du bien possédé. L’appréhension du mal cause la haine, l’aversion et la crainte du mal à venir. Ce mouvement s’achève dans la tristesse du mal présent ou la colère qui s’y oppose.
1766 " Aimer, c’est vouloir du bien à quelqu’un " (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 26, 4). Toutes les autres affections ont leur source dans ce mouvement originel du cœur de l’homme vers le bien. Il n’y a que le bien qui soit aimé (cf. S. Augustin, Trin. 8, 3, 4). " Les passions sont mauvaises si l’amour est mauvais, bonnes s’il est bon " (S. Augustin, civ.14, 7).
1939 Le principe de solidarité, énoncé encore sous le nom d’ "amitié " ou de " charité sociale ", est une exigence directe de la fraternité humaine et chrétienne (cf. SRS 38-40 ; CA 10) :
Une erreur, " aujourd’hui largement répandue, est l’oubli de cette loi de solidarité humaine et de charité, dictée et imposée aussi bien par la communauté d’origine et par l’égalité de la nature raisonnable chez tous les hommes, à quelque peuple qu’ils appartiennent, que par le sacrifice de rédemption offert par Jésus-Christ sur l’autel de la Croix à son Père céleste, en faveur de l’humanité pécheresse " (Pie XII, enc. " Summi pontificatus ").
1942 La vertu de solidarité va au delà des biens matériels. En répandant les biens spirituels de la foi, l’Église a, de surcroît, favorisé le développement des biens temporels auquel elle a souvent ouvert des voies nouvelles. Ainsi s’est vérifiée, tout au long des siècles, la parole du Seigneur : " Cherchez d’abord le Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît " (Mt 6, 33) :
Depuis deux mille ans, vit et persévère dans l’âme de l’Église ce sentiment qui a poussé et pousse encore les âmes jusqu’à l’héroïsme charitable des moines agriculteurs, des libérateurs d’esclaves, des guérisseurs de malades, des messagers de foi, de civilisation, de science à toutes les générations et à tous les peuples en vue de créer des conditions sociales capables de rendre à tous possible une vie digne de l’homme et du chrétien (Pie XII, discours 1er juin 1941).

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