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Inutilité de l’athéisme pour faire un bon guerrier

L’athéisme n’est point efficace pour vaincre l’erreur. Cette idéologie de l’absence de Dieu, niant outrageusement la transcendance, est bien vaine lorsqu’il s’agit de combattre. L’apologiste malouin, auteur du Génie du christianisme, le montre avec brio. Il démontre d’abord la religiosité des antiques guerriers ; puis, parce que les faux cultes païens ne sauraient suffire, il s’emploie à démontrer la valeur du héros chrétien.

François-René de Chateaubriand, Génie du christianisme, Première partie, livre sixième, Chap. V « Danger et inutilité de l’athéisme »

« Le guerrier s’avance au combat : sera-t-il athée, cet enfant de la gloire ? Celui qui cherche une vie sans fin consentira-t-il à finir ? Paraissez sur vos nues tonnantes, innombrables soldats, antiques légions de la patrie ! Fameuses milices de la France, et maintenant milices du ciel, paraissez ! Dites aux héros de notre âge, du haut de la Cité sainte, que le brave n’est pas tout entier au tombeau, et qu’il reste après lui quelque chose de plus qu’une vaine renommée.

Les grands capitaines de l’antiquité ont été remarquables par leur religion : Epaminondas, libérateur de sa patrie, passait pour le plus religieux des hommes ; Xénophon, ce guerrier philosophe, était le modèle de la piété ; Alexandre, éternel exemple des conquérants, se disait fils de Jupiter ; chez les Romains, les anciens consuls de la république, Cincinnatus, Fabius, Papirius Cursor, Paul Emile, Scipion, ne mettaient leur espérance que dans la divinité du Capitole ; Pompée marchait aux combats en invoquant l’assistance divine ; César voulait descendre d’une race céleste ; Caton, son rival, était convaincu de l’immortalité de l’âme ; Brutus, son assassin, croyait aux puissances surnaturelles ; et Auguste, son successeur, ne régna qu’au nom des dieux.

Parmi les nations modernes, était-ce un incrédule que ce fier Sicambre, vainqueur de Rome et des Gaules, qui, tombant aux pieds d’un prêtre, jetait les fondements de l’empire français ! Etait-ce un incrédule que ce saint Louis, arbitre des rois et révéré même des Infidèles ? Du Guesclin, dont le cercueil prenait des villes, Bayard, chevalier sans peur et sans reproche, le vieux connétable de Montmorency, qui disait son chapelet au milieu des camps, étaient-ils des hommes sans foi ? O temps plus merveilleux encore, où un Bossuet ramenait un Turenne dans le sein de l’Église !

Il n’est point de caractère plus admirable que celui du héros chrétien : le peuple qu’il défend le regarde comme son père ; il protège le laboureur et les moissons, il écarte les injustices : c’est une espèce d’ange de la guerre que Dieu envoie pour adoucir ce fléau. Les villes ouvrent leurs portes au seul bruit de sa justice, les remparts tombent devant ses vertus ; il est l’amour du soldat et l’idole des nations ; il mêle au courage du guerrier la charité évangélique ; sa conversation touche et instruit, ses paroles ont une grâce de simplicité parfaite ; on est étonné de trouver tant de douceur dans un homme accoutumé à vivre au milieu des périls : ainsi le miel se cache sous l’écorce d’un chêne qui a bravé les orages.

Concluons que sous aucun rapport l’athéisme n’est bon au guerrier. »

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