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Ce qu’un mot de la « Bouche d’Or » nous apprend des natures féminine et masculine

D’humeur particulièrement tolérante, je regarde un débat assez ancien entre Éric Zemmour et Caroline Fourest. Il y est question d’expliquer à cette inculte pourquoi mettre Islam, Judaïsme et Christianisme au même niveau de « misogynie » est absurde. Zemmour avance son argument : loin de reléguer comme les autres la femme à un statut inférieur, le Christianisme lui donne sa vraie place. L’homme n’étant pas théologien, tout cela manque de précision, mais il a fait mouche, et les statistiques de basse cuisine de sa contradictrice n’y font rien. Voici pourquoi.

Il est bon de commencer cette réflexion en rappelant aux pseudo-féministes de tout poil que la foi chrétienne voit la Vierge sacrée « Reine de l’Univers ». La personne humaine la plus vénérable qui soit est une femme. La prière que lui adresse la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome la qualifie d’ailleurs de « plus Vénérable que les Chérubins et incomparablement plus Glorieuse que les Séraphins ». Une femme, donc, qui par la sainteté immense de sa vie, a surpassé les êtres célestes que le Seigneur a créés pour veiller sur les hommes. Si Dieu avait fait la femme inférieure à l’homme, gageons qu’il n’en serait pas ainsi. Caroline Fourest peut donc retourner à ses fables.

Cependant, au-delà de ces justifications qu’on aimerait ne pas avoir à faire, l’on peut s’intéresser à ce que la tradition dit de cette gloire que possède la Vierge. Restons encore un peu sur les terres orientales pour s’y entendre. La Vierge n’est pas uniquement devenue Reine de l’Univers parce qu’elle était sans péché. La liturgie de l’Église orthodoxe se célébrant dans une langue vernaculaire ecclésiastique, il est saisissant de voir la ressemblance entre les mots qu’utilisent les langues des différents pays pour désigner celle dont la gloire est si grande. Ainsi, en Grec, c’est θεοτοκος, ou Théotokos. En Russe et en Serbe, c’est Богородица ou Bogoroditsa. En Géorgien, c’est ღვთისმშობელი ou Ghvtismshobeli. Et dans toutes les autres langues, du Japonais au Roumain, l’on retrouvera les racines des mots « Dieu » et « enfanter ». C’est donc parce qu’elle a porté dans sa chair, dans ses « entrailles » comme le dit l’Ave Maria, Celui qui a été engendré homme qu’elle reçoit notre vénération.

Autrement dit, ce qui a fait sa gloire en tant que femme, c’est sa maternité. Bien sûr, la Vierge ne fut pas que Mère du Seigneur. Elle fut aussi l’enfant brillante qui étonna tous les savants du temple où elle fut présentée. Il y a donc, dans cette figure, à la fois l’acceptation la plus glorieuse de la maternité (accueillir un enfant qui n’est pas celui de son mari, accueillir la vie au risque d’être mise à mort), et la grandeur des capacités intellectuelles et spirituelles. Et si la Vierge est comparée dans la théologie chrétienne à Ève, la première des femmes, c’est bien qu’il faut comprendre la Vierge comme le modèle qu’a voulu le Seigneur pour la femme.

Cela revient à dire deux choses : tout d’abord, la femme n’est certainement pas inférieure à l’homme. Elle est digne de recevoir autant de grâces spirituelles et de dons que lui. Mais d’autre part, elle ne saurait en aucun cas s’accomplir pleinement en tant que femme en reniant l’appel qui lui est lancé à faire sienne cette gloire immense qu’est celle de porter en son sein la Vie. Si l’on prend le féminisme comme la volonté de créer dans la société un cadre favorable à l’épanouissement de la femme, il est urgent d’annoncer aux vulgaires bacchantes qui hantent nos médias que repousser la maternité au nom du féminisme est une absurdité totale. Et une faute morale, au regard de toutes les jeunes filles à qui elles présentent le refus de la féminité comme une voie vers l’accomplissement de soi.

Il faut s’intéresser à saint Joseph, le fiancé de la Vierge, pour compléter cette vision anthropologique de l’homme qu’offre la Bible. Joseph est l’homme, « qui était juste », et qui refuse de la dénoncer publiquement, la sauvant par-là de la mort. En quoi est-il « juste » de refuser cette mise à mort, à l’époque où la femme adultère mérite la lapidation, comme y enjoint le Lévitique ? Il faut donc comprendre que Joseph n’est juste que parce qu’il refuse qu’avec la mère meure l’enfant. De plus, comme le lui demandera l’ange, il renoncera même à se séparer de Marie, et restera avec elle toute la durée de sa grossesse. Ce que ce comportement enseigne, c’est que le rôle de l’homme, celui par lequel il se sanctifiera, c’est la protection de la maternité. Joseph est saint précisément parce qu’il a accepté de protéger la maternité d’une femme que la loi des prophètes l’autorisait à perdre. Alors, et malgré les cris d’orfraie de nos féministes totalitaires, disons-le : protéger sa famille, cela exige que l’homme travaille, rapporte de l’argent, et se pose un minimum comme celui qui empêche tout et n’importe quoi de rentrer en contact avec ceux qu’il aime. Oui, Mesdames, l’homme a le devoir de travailler pour vous offrir de quoi bien vivre. Que vous-même travailliez par ailleurs ou non.

Si bien que la Sainte Famille nous offre un modèle pour les rôles respectifs de l’homme et de la femme : la femme ne peut refuser sa maternité (et c’est pourquoi prier pour celles qui avortent est impératif) et l’homme se doit de lui assurer protection et confort. Vouloir refuser la maternité au prétexte qu’elle provoque des inégalités entre l’homme et la femme, c’est le pire crime contre la féminité qui puisse se commettre, puisque cela revient à dire à la femme que c’est en étant un homme qu’elle sera heureuse. À ceux qui savent que l’altérité des sexes est indépassable pour l’humanité, il convient de rappeler cet enseignement biblique pour ne pas faire fausse route. Il n’interdit aucunement à la femme de travailler, il montre uniquement que la femme n’a rien à gagner en refusant la maternité et en singeant les comportements des hommes pour s’accomplir.

Samengrelo

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