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[CAUSERIES JAPONAISES INÉDITES] « Quand tu rentres dans un hameau, soumets-toi au hameau ! »

CAUSERIES JAPONAISES INÉDITES

III. « Quand tu rentres dans un hameau, soumets-toi au hameau ! »

郷に入って、郷に従え - Gô ni itte, gô ni shitagae

Un petit proverbe permet parfois de rappeler certaines sagesses évidentes du savoir-vivre qui sont pourtant pratiquement effacées du paysage français. Il faudrait plutôt dire que plus qu’un effacement, ce qui ne serait, à tout prendre, qu’un simple, même si préoccupant, déclin du savoir-vivre et de la considération de l’autre, on contemple plutôt le spectacle d’une complète inversion. La règle n’est plus de respecter les règles des communautés dans lesquelles on rentre, mais carrément de les ignorer, pire de les nier et de les insulter, voire même d’imposer ses propres « règles », à commencer par la communauté nationale mais aussi à tous les niveaux, de la maisonnée, au village et au quartier, en passant par les entreprises et les diverses communautés religieuses.

Le plus inquiétant dans tout cela est l’apathie fade des Français qui ne réagissent plus – si jamais il eut existé de véritables réactions depuis au moins quatre générations. Avons-nous baissé les bras ? Cette question sous-entend encore que la conscience de l’anormalité de l’inversion est encore là. Je crains néanmoins que la réalité soit encore pire. La situation, pour composite qu’elle est, par la force des choses, semble pencher vers un courant de pourrissement avancé, qui commence à faire prendre l’insupportable et l’anormal contre-nature comme la normalité. On en vient ainsi presque à se demander, lorsque quelqu’un respecte les coutumes de sa communauté et adopte une attitude humble et réservée, s’il n’y a pas un souci quelque part, si ce bon comportement ne cache une terrible arrière-pensée maléfique. Le cercle vicieux de la méfiance se nourrit telle une tumeur proliférante, pompant toute l’énergie du corps social.

Le Japon et ce proverbe ne rappelle qu’une des banalités les plus évidentes de la société en rappelant à chacun l’utilité de ne pas chercher ni la confrontation, ni la remise en cause des lieux auxquels on appartient. Rester dans la mesure, protéger l’harmonie et s’intégrer lentement mais sûrement jusqu’à faire partie du corps, de la communauté. A ce moment-là, après des années d’expérience et de culture des relations, on peut potentiellement commencer à se poser la question de changer certaines choses, sur la base de son appartenance à la communauté et à l’expérience vécue en son sein.

Il ne faut ainsi pas voir ce proverbe comme la spécification d’une vérité peu évidente ou difficilement saisissable, voire idéale, mais plutôt comme une maxime personnelle, un rappel de l’évidence, mettant en garde chacun contre sa tendance à la disharmonie et à la démesure, qui pousse à vouloir contester, s’opposer, imposer orgueilleusement ses vues. Cela ne remet pas en cause l’évidence même de la nécessité de se soumettre à la communauté : dans une société constituée sainement, la réaction normale de la communauté à celui qui la violente injustement et maléfiquement, c’est de l’exclure, voire de le détruire ; en tout cas se défendre.

Notre société qui ne se défend plus contre la violence qui lui est faite depuis bien longtemps donne tristesse au cœur. Là où il est difficile de ne pas y voir , plus qu’une apathie, une maladie débilitante et une société agonisante, c’est que non content de ne plus réagir, à tous les niveaux communautaires s’entend, elle participe activement à sa propre destruction en niant toute ses règles, ses coutumes rendant même impossible l’intégration du respectueux et humble étranger à la communauté.

Ne plus rien laisser passer, ne plus se laisser marcher sur les pieds, dans l’amour de l’autre et dans mes traditions.


Paul-Raymond du Lac

Pour Dieu, Pour le Roi, Pour la France

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