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[CAUSERIES JAPONAISES INÉDITES] Inauguration

CAUSERIES JAPONAISES INÉDITES

XVIII. Inauguration

Retrouver le sens des mots dans leur profondeur et leur réalité reste peut-être la chose la plus essentielle qui conditionne tout le reste. Restaurer la langue est le commencement de toute restauration. Le Japon aide à cette œuvre de façon troublante et souvent inattendue.

Dans une usine nippone d’une entreprise française, un certain four en réparation doit recommencer à fonctionner à une certaine date. Je parle bien d’une branche française peuplée de japonais. L’usine possède bien entendue son petit sanctuaire shintô pour la protection des travailleurs, et cela semble déjà à l’occidental de tradition quelque chose d’inespéré : sans même parler d’une petite chapelle, ou ne serait-ce d’une petite icône ou autre, pourrions-nous même imaginer une simple croix dans un lieu de travail ? Nous sommes tombés si bas que cela n’est pratiquement plus envisageable. Terrible. Au Japon, non content de posséder un petit sanctuaire, des cérémonies shintôs se déroulent sur le lieu de travail. En vue de la prochaine remise en marche de ce four, un prêtre shintô est invité à procéder à l’ire-shiki, ou à la cérémonie d’inauguration du four. Le sens d’inauguration est bien entendu à prendre au sens étymologique, à savoir in-auguratio, mettre dans les bons augures, bénir le four et demander sa prospérité. Au Japon, les cérémonies d’inauguration sont encore religieuses, comme elles l’ont toujours été chez nous. Une inauguration sans prêtre ni religion ne signifie rien, et se trouve aussi désincarnée que le mot inauguration dont on oublie la source, dans les augures.

Tant de mots et d’actes habituels de la vie courante étaient habités par l’esprit, l’invisible et la religion ; comment donc sommes-nous arrivés si loin de cette simple et humble piété envers ce qui nous dépasse, cette mesure et ce respect du divin. Un peuple qui ne sait plus être humble au point de ne plus savoir ni baisser la tête, ni s’agenouiller, même à l’église, ni se signer ni... mais il ne sert à rien de continuer, la liste est longue, trop longue. Au point d’être horrifié par l’hubrys constant et le sacrilège habituel dans lequel nous baignons tous. Le pire doit certainement être l’inconscience du péché : nous sommes à tel point plongés dans la démesure, l’excès, le sacrilège et le blasphème, que même le plus pieux des Français est certainement moins pieux que le plus incroyant des Japonais. Comment faire acte d’humilité et de reconnaissance lorsque nous ne sommes même plus capable de faire mine d’humilité et de reconnaissance ? Comment se dire avoir la Foi si on ne se signe ni se prosterne devant la présence réelle de Dieu ?

Que le roi puisse nous montrer à nouveau le chemin par sa noble humilité, reconnaissance et piété comme l’expose chaque jour le Tennô nippon !

Paul-Raymond du Lac
Pour Dieu, Pour le Roi, Pour la France

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