L’infolettre du R&N revient bientôt dans vos électroboîtes.

[CAUSERIES JAPONAISES INÉDITES] « Commentaire interne »

CAUSERIES JAPONAISES INÉDITES

XVI. « Commentaire interne »

Comment recréer une complicité nationale qui témoignerait de la grande cohésion et des solides liens d’une vaste communauté qui s’appellerait la « Maison France » ? Cette question peut sembler hors de propos dans un contexte où ce qui semble faire la spécificité des Français, c’est de s’entre-tuer pour des raisons qu’eux-mêmes ne comprennent plus. C’est effectivement assez étrange et très ironique que la communauté France ne tienne plus que par ses divisions. Il ne semble pourtant pas que cela soit son essence, ni ne fut le critère principal à retenir dans l’histoire. Aujourd’hui, il faut être réaliste. A part se retrouver autour du roi, il n’y a certainement plus d’autres moyens de rester Français : entre les forces centrifuges des dissolvants cosmopolites d’identité, dont le troupeau politicien est un bon exemple, et la disparition progressive mais violente de la France inconsciente par le double jeu de l’interruption de la transmission et de la confrontation à des communautés concurrentes qui, plus qu’elles ne détestent la France, ne peuvent même plus voir ce qu’est la France, tellement elle devient ectoplasmique. La seule chose visible, et pas spécialement attirante, consiste dans l’opposition et l’insulte constantes fondées sur l’envie, la méfiance et la division. Surtout à Paris, surtout dans la ville. Peut-être faut-il s’exiler dans nos campagnes, mais encore faudrait-il être assez courageux pour refuser, même au fin fond de nos provinces, les empiétements insupportables de la Raie Publique qui suce toutes les forces spirituelles et vitales de notre pays.

La tour de Babel
Un cours en école de commerce en anglais au Japon. Majorité d’étrangers occidentalisés, en état de lavage de cerveau avancé par la doxa contemporaine cosmopolite du commerce international.

Une anecdote nippone ravit le Français en mal de communauté nationale. Un cours en école de commerce en anglais au Japon. Majorité d’étrangers occidentalisés, en état de lavage de cerveau avancé par la doxa contemporaine cosmopolite du commerce international. En particulier, l’obsession à devenir pathologique de tous ces dévots d’un nouveau temps du libéralisme à l’américaine avec la toute puissance du marché. Un sujet si récurrent qu’il en devient ennuyeux sur le « devoir de maximisation du profit des actionnaires en leur renversant le maximum de dividendes ». En gros le professeur indien, tout aussi trépané que ses élèves, revendiquent la nécessité pour les entreprises nippones de se vouer au marché et d’obéir au sacro-saint dogme de « l’entreprise faite pour gagner de l’argent au profit des actionnaires ». Jusque là rien de bien original, sauf qu’un Nippon fait une remarque en anglais allant complètement dans ce sens liberalo-mondialo-financier ; remarque, en anglais, qui donnera du grain à moudre à tous ces étrangers qui veulent jouir de voir le Japon se vouer aux démons de la modernité. Ils se gausseront et prendront ces discours en anglais comme des preuves de l’occidentalisation Japon et la perte de ses traditions. Un autre nippon, chose plus rare dans un cours en anglais, qui décourage souvent les interventions, se révolte contre le commentaire de son compatriote en rappelant que jamais les entreprises nippones ne feront rien de spécial pour les actionnaires puisque les missions de l’entreprise, une communauté d’homme, résident dans la satisfaction du client et la protection de ses membres, dans la culture des liens d’hommes à hommes, dans une communauté tout aussi spirituelle que temporelle qui se soude dans la réalisation d’œuvres, bien loin de toute logique marchande. En gros, une entreprise n’est pas un bien comme une pomme qui se vend, s’achète et se change contre de l’argent coûtant, ce que porte à croire les théories libérales contemporaines.

Le premier nippon réplique alors quelque chose de merveilleux, qui laisse éberlué les étrangers trépanés qui ne comprennent pas bien tout le sens de ses propos. Il énonce en effet que toutes ces remarques allant contre la vision américaine de l’entreprise sont évidemment la réalité, mais que c’est un « commentaire interne », soit qu’il n’est pas destiné aux étrangers... En clair, en tant que Nippons, jamais on ne changera le sain fonctionnement de nos entreprises, mais face aux étrangers, et qui plus est, en anglais, on peut bien dire ce qu’ils veulent entendre, qu’ils nous laissent tranquille. Et puis on s’en fiche puisque de toute façon l’anglais ne possède pas de sens précis, à la différence du japonais pour les Japonais.

Beau « commentaire interne » qui expose dans toute sa force la proximité des hommes composant la maison Japon, qui ne cherche même pas à se faire comprendre des étrangers dans tout ce qui semble si naturel, si évident pour eux. En l’occurrence, l’entreprise comme communauté humaine, c’est-à-dire liens entre hommes pour la réalisation d’œuvres au service d’autres hommes dans une grande famille qui se protègent les uns les autres. Tout cela n’est que du bon sens, pourtant devenu quasiment incompréhensible au trépané par la modernité. Pauvre Occident. Pauvre Occidental dont tous les bons réflexes et le bon sens naturel sont sans cesse violentés, niés, contredis au point de fabriquer en série des contradictions à n’en plus finir.

Comme sortir la France de sa piteuse situation ? Soit la féodalisation contre la Raie publique sans plus de France, soit l’union dans la famille France par le roi restauré, chef de cette maison. Hors cette alternative, point de salut.

Paul-Raymond du Lac

Pour Dieu, Pour le Roi, Pour la France

Prolongez la discussion

Le R&N a besoin de vous !
ContribuerFaire un don

Le R&N

Le Rouge & le Noir est un site internet d’information, de réflexion et d’analyse. Son identité est fondamentalement catholique. Il n’est point la voix officielle de l’Église, ni même un représentant de l’Église ou de son clergé. Les auteurs n’engagent que leur propre conscience. En revanche, cette gazette-en-ligne se veut dans l’Église. Son universalité ne se dément point car elle admet en son sein les diverses « tendances » qui sont en communion avec l’évêque de Rome : depuis les modérés de La Croix jusqu’aux traditionalistes intransigeants.

© 2011-2017 Le Rouge & le Noir v. 3.0, tous droits réservés.
Plan du siteContactRSS 2.0