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Article 1 : Le deuxième concile du Vatican a-t-il demandé l’abandon de la langue latine dans la liturgie ?

Voici le premier article de la réponse aux idées reçues sur le deuxième concile du Vatican.

Article 1 : Le deuxième concile du Vatican a-t-il demandé l’abandon de la langue latine dans la liturgie ?

Difficultés :

  1. Il semblerait que le concile ait supprimé l’usage du latin dans la liturgie, le remplaçant systématiquement par les langues respectives des nations. L’usage de la langue vernaculaire s’est en effet généralisé presque partout depuis l’instauration de la réforme liturgique, et l’usage du latin a été proscrit pour des raisons pastorales.
  2. Il existe une distinction entre la « nouvelle messe » et la « messe en latin », nom communément admis pour la messe de saint Pie V, cette dernière étant principalement défendue par les dissidents de la Fraternité Saint Pie X ou les communautés traditionalistes. Il est par conséquent communément admis que l’usage de la langue latine est une revendication traditionaliste.

Sed contra :

Le cardinal Arinze a déclaré : « Si le concile a admis une certaine introduction de la langue vulgaire, il a insisté sur le rôle du latin ».

Respondeo :

L’Église a toujours affirmé que le latin est la langue de l’Église romaine. Ainsi, le pape Jean XXIII avait insisté en 1962 sur la nécessité absolue pour les séminaristes de maîtriser le latin. Le pape Benoît XVI a quant à lui déclaré, dans l’exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis : « Pour mieux exprimer l’unité et l’universalité de l’Église, je voudrais recommander ce qui a été suggéré par le Synode des Évêques, en harmonie avec les directives du Concile Vatican II : (182) excepté les lectures, l’homélie et la prière des fidèles, il est bon que ces célébrations soient en langue latine ; et donc que soient récitées en latin les prières les plus connues (183) de la tradition de l’Église et éventuellement que soient exécutés des pièces de chant grégorien. »

Le Saint Concile précise par ailleurs que si les langues vernaculaires sont à présent appelées à avoir une plus grande place dans la liturgie de l’Église latine, il n’en demeure pas moins que la constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie déclare : « L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins. »

Par ailleurs, le missel conserve pour langue originale le latin. Les missels en langue vulgaire n’en sont qu’une traduction, avec toutes les distorsions qu’une traduction peut engendrer.

Par conséquent, ni le deuxième concile du Vatican, ni les papes n’ont affirmé que la langue latine devait être éliminée de la liturgie.

Solutions :

  1. Le deuxième concile du Vatican a certes permis l’usage des langues vernaculaires, mais il a insisté sur la place de la langue latine. Aussi la réponse répond-elle à la première objection. Si la langue vernaculaire s’est étendue partout, et à toutes les parties de la messe, il s’agit davantage d’un abus liturgique que d’une demande du concile.
  2. Le Missel dit de Paul VI a pour langue originale le latin. La question de la langue sacrée n’est en rien un point de rupture entre les deux formes du rite romain.

Prochain article : « Le concile a-t-il encouragé le fait de dire la messe face au peuple ? »

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