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Pèlerinage pour la vie : « Nous ne pouvons rester indifférents devant cette guerre mondiale contre l’enfant »

La Marche pour la vie, qui devait avoir lieu le dimanche 24 janvier à Paris, a été annulée à cause de l’état d’urgence. La Famille Missionnaire de Notre-Dame, qui y participe chaque année, invite tous ceux qui avaient l’intention de participer à la Marche pour la Vie à participer au pèlerinage pour la vie qu’elle organise à Paris ce 24 janvier.

Le Père Bernard Domini, de la Famille Missionnaire de Notre-Dame, répond à cette occasion aux questions du Rouge & Le Noir.

R&N : Comment se déroulera en pratique ce pèlerinage pour la vie qui aura lieu le 24 janvier ?

Père Bernard : Ce pèlerinage se déroulera d’une manière très simple. Nous célèbrerons la Messe du 3e dimanche du temps ordinaire en la Basilique Notre-Dame du Perpétuel Secours à 13 heures en priant tout particulièrement pour les intentions annoncées et en orientant notre homélie sur le respect inconditionnel de la vie. Après la Messe, nous rappellerons l’essentiel de l’enseignement de l’Eglise sur le respect de la vie de sa conception à son terme naturel et nous partirons à pied pour la Basilique de Montmartre en nous efforçant de prier le chapelet par petits groupes avec des temps de silence et des temps de partage entre pèlerins. Nous n’occuperons pas la voie où circulent les voitures, mais nous marcherons sur les trottoirs.

R&N : Qu’est ce que prier en réparation ? Qu’est ce que prier pour les péchés d’autrui ? Quel en est l’enjeu, dans le cas surtout où les gens qu’il l’ont commis n’en ont pas conscience ?

Père Bernard : La prière en réparation ne se comprend que si l’on est conscient que le péché d’avortement est un péché grave qui offense Dieu. Le Coeur de Jésus a appris à Sainte Marguerite-Marie à prier en réparation pour les péchés de l’humanité. Il lui a appris deux sortes de réparation : la réparation de justice et la réparation d’amour. Comme nous le disons dans notre Communiqué, depuis 1975, près de deux milliards d’avortements légaux ont eu lieu. Le Coeur de notre Père céleste est particulièrement offensé. Nous ne pouvons pas rester indifférents devant cette “guerre mondiale contre l’enfant”. Notre Pape François, dans son message pour la paix, nous a demandé de gagner sur l’indifférence. C’est pour ces raisons que nous voulons faire ce pèlerinage de réparation vers la Basilique de Montmartre qui est un sanctuaire national. Il serait dommage qu’il n’y ait rien, cette année, pour rappeler la vérité sur l’avortement et ses conséquences traumatisantes.

Nous ne prions pas pour les péchés d’autrui, mais nous prions pour celles et ceux qui ont recouru ou participé à l’avortement. Jésus est notre grand modèle. Au jardin des Oliviers, Il a prié pour chacun de nous. Notre prière, unie à celle de Jésus et de la Vierge Marie, peut obtenir de nombreuses grâces de conversion et peut aider tous ceux qui sont tourmentés par ce péché d’avortement à demander pardon à Dieu et à recevoir Sa Miséricorde.

L’enjeu de cette prière de réparation est d’abord de faire monter vers Dieu une prière unie à celle de Son Fils au Jardin des Oliviers et sur la Croix. L’autre enjeu est d’aider nos contemporains à prendre conscience de la gravité du péché de l’avortement. Nous désirons aussi faire découvrir que rien n’est perdu lorsque l’on reconnait sa faute et que l’on ouvre son coeur à la Miséricorde divine. L’enjeu ultime est d’agir par la puissance de la prière afin qu’il n’y ait plus d’avortements dans le monde . Pour la Bienheureuse Mère Térésa, la paix ne pouvait pas advenir dans le monde tant qu’il y aurait un avortement légal. La prière et le pèlerinage en réparation nous permet de ne pas rester sans rien faire devant, répétons-le, cette guerre mondiale contre le plus innocent des hommes : l’enfant dans le sein de sa maman !

R&N : Que signifie prier pour les enfants qui ne sont pas nés ? Quelle est l’existence de l’âme humaine durant la grossesse ? Que devient-elle à l’avortement ?

Père Bernard : Prier pour les enfants qui ne sont pas nés, c’est tout simplement confier à la divine Miséricorde ces innocents, qui ne sont pas des amas de cellules mais des êtres humains à part entière.

Jean-Paul II nous demandait de respecter l’embryon comme une personne humaine. L’Eglise n’a pas donné un enseignement définitif sur le moment de la création par Dieu de l’âme spirituelle, mais elle demande de respecter la vie de tout être humain du moment de sa conception jusqu’à son terme naturel. L’Eglise, en fêtant solennellement la conception miraculeuse de Jésus, le 25 mars, 9 mois, jour pour jour, avant sa naissance, puis en fêtant solennellement la conception immaculée de la Vierge Marie, le 8 décembre, 9 mois, jour pour jour, avant sa naissance, souligne l’importance qu’elle donne au premier moment de la conception d’une vie sacrée. Elle ne cessera jamais de dire : toute vie humaine est sacrée ! Pour l’Église donc, tout embryon est sacré. Le Cardinal Sgreccia disait à Rome, lors du colloque des familles en l’an 2000, qu’il faudrait à présent ne donner qu’un nom à l’embryon : le nom d’enfant !

Au moment de l’avortement, tout comme au moment de la mort de tout homme, il y a séparation de l’âme spirituelle et du corps. L’âme spirituelle de l’enfant avorté ne peut pas mourir. C’est la raison pour laquelle Jean-Paul II a dit, dans l’Encyclique Evangelium vitae  : les enfants avortés vivent dans le Seigneur.

R&N : Le pape accorde aux prêtres la faculté d’absoudre le péché d’avortement ceux qui l’ont provoqué à l’occasion de l’année de la Miséricorde. Comment en tant que prêtre appréhendez-vous la possibilité de pouvoir absoudre ce péché ?

Père Bernard : Beaucoup de prêtres ont déjà absout des péchés d’avortement. Il faut distinguer l’absolution du péché et l’absolution de la censure qui est liée à ce péché : l’excommunication. Si la personne ne savait pas qu’une telle censure existait, le prêtre peut l’absoudre sans recourir à l’ordinaire du lieu. Mais si la personne était consciente que le péché d’avortement faisait encourir la peine de l’excommunication, le prêtre devait alors recourir à l’ordinaire du lieu, en gardant le secret sur l’identité de la personne, pour obtenir le pouvoir d’absoudre le péché d’avortement et la censure d’excommunication. Ce pouvoir était donné au prêtre très rapidement, quelques jours seulement après sa demande à l’ordinaire du lieu. En cette Année Sainte, il n’y a plus besoin de recourir à l’ordinaire du lieu. Le prêtre peut donc absoudre immédiatement le péché et la censure. En tant que prêtre, je ne peux que me réjouir de donner le pardon à qui vient se confesser de ce péché. Je n’oublie pas que Jésus a dit qu’il y avait plus de joie au Ciel pour un pécheur qui se convertissait que pour 99 justes qui n’avaient pas de conversion. En cette année de la Miséricorde, nous ne devons pas oublier que Dieu veut faire miséricorde à tous ceux qui, contrits et humiliés, viennent confesser avec confiance leurs péchés.

R&N : Êtes-vous confrontés au sein des milieux catholiques pratiquants à des grossesses non désirées lors desquelles se posent la question de l’avortement ? Quel accompagnement spirituel donner à ces femmes en détresse ou à ces couples qui attendent des enfants différents ?

Père Bernard : Je dois garder le secret sur ce qui se passe dans le sacrement de la confession. Nous devons, dans la prédication et l’accompagnement des époux, rappeler fidèlement et intégralement l’enseignement traditionnel de l’Eglise, rappelé avec autorité dans Humanae Vitae de Paul VI, Evangelium Vitae et Veritatis Splendor de Jean-Paul II sans oublier d’annoncer la Miséricorde divine et de rappeler sans se lasser que Dieu ne se lasse pas de pardonner et qu’il ne faut pas se lasser de Lui demander pardon. J’ai toujours en mémoire ces paroles : que votre oui soit oui, que votre non soit non !

Les couples qui pratiquent une méthode naturelle de régulation des naissances accueillent une grossesse non désirée parce qu’ils sont ouverts à la vie et qu’ils savent que toute vie est sacrée. Ils l’accueilleront d’autant plus s’ils sont accompagnés par des prêtres qui leur transmettent la Splendeur de la Vérité dans la douceur de l’Amour. Les couples ont aussi besoin d’être accompagnés par d’autres couples, des moniteurs Billings par exemple. Le témoignage des autres couples est une aide très précieuse dans les difficultés.

Nous n’avons pas de recette magique pour accompagner spirituellement les couples en détresse. Nous ne nous tromperons jamais en invitant ces couples à se tourner vers la Croix de Jésus et à découvrir le combat de Jésus au Jardin des Oliviers : “puisse ce calice s’éloigner loin de moi, cependant non pas ma Volonté, mais la Tienne.”

Le témoignage de Sainte Gianna Molla peut beaucoup aider les mamans qui se trouvent en situation de détresse. Notre Pape François nous presse à être très compatissant. Celui qui se trouve en situation de détresse a besoin de ressentir la compassion de L’Église, qui participe à la compassion de Dieu révélée par Jésus. Nous ne serons jamais assez compatissants !

J’ai pu constater, cependant, combien l’enseignement de l’évangile est source de libération et de paix. C’est une erreur de penser qu’en cas de détresse, on peut proposer l’avortement. L’avortement est toujours un mal. Un mal ne peut pas être la solution pour retrouver la paix. Saint Jean-Paul II avait été très critiqué lorsqu’il avait pris position au sujet des femmes bosniaques qui avaient été violées et qui étaient devenues enceintes, dans les années 90. Il avait été bien seul pour demander qu’on ne leur inflige pas une deuxième souffrance : l’avortement.

Pour les couples qui attendent un enfant handicapé, la compassion de l’Église doit être aussi très grande, parce que, en notre temps, beaucoup les pressent de recourir à l’avortement dit thérapeutique. Mais l’Église ne doit pas se contenter de rappeler que l’avortement est toujours un crime, elle doit aussi mettre en place des structures pour accueillir et aider les couples ou les mamans en détresse.

La Bienheureuse Mère Térésa est notre grand modèle. Elle disait : ne tuez pas vos enfants. Si vous ne pouvez pas les élever, donnez-les moi, je trouverai des familles qui les adopteront.

Pour accompagner les couples en détresse et les aider, l’Église a besoin de couples généreux, de jeunes généreux et de prêtres courageux, miséricordieux et très compatissants. Il nous faut gagner, avec la Grâce de Dieu, la bataille contre l’avortement afin que la vie soit aimée et protégée de sa conception à son terme naturel. Mettons davantage encore notre confiance en la grâce de Dieu en imitant Sainte Jeanne d’Arc. Dieu donnera la victoire. L’Encyclique de Jean-Paul II Evangelium Vitae se conclut par la victoire du Christ sur Satan. Redisons souvent la belle prière à la Vierge Marie que ce Saint Pape nous a donné en conclusion de Son Encyclique. Aimons la vie et faisons-la aimer. Soyons les témoins courageux du caractère sacré de la vie de sa conception à son terme naturel. La vie humaine, en effet, n’est pas une production humaine mais elle est un don de Dieu !

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